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mercredi, 28 mars 2007

Sans sens, pas de sens.

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Pas que votre humble serviteur soit expert en vin et ait la prétention de vous apprendre à déguster un vin: il est des gens très compétents en la matière qui sauront le faire bien mieux que moi. Cependant, en amateur de vin, je me rends compte au bout de ces presque vingt ans de passion pour le roi des élixirs que ma façon d'appréhender un vin a considérablement évolué. Entre les sens, l'attention, la mémoire et les souvenirs, le vin fait appel à moult aspects de notre vie.

Si une dégustation est une rencontre avec l'embassadeur d'une région, d'une terre et d'un vigneron c'est aussi et avant tout une rencontre avec ses propres sens. Car quoi que de plus sollicités que nos sens lorsqu'il s'agit d'approcher un verre de vin à nos yeux, en humer le contenu puis le laisser pénétrer les tissus de notre bouche? Malheureusement, nous ne sommes pas tout égaux devant nos sens. Nous avons même tendance à les négliger voire à les malmener, notamment lorsqu'on habite en ville. La ville est un enfer pour les sens: entre l'asphalte qui recouvre le moindre coin de verdure, la vie en transports souterrains et l'automobile qui rejette ses déchets, sens et urbanisme sont incompatibles, pour ne pas dire antagonistes. Il convient donc de les entrenir en gardant un contact régulier avec mère nature mais aussi de faire preuve de curiosité, d'attention et de concentration, surtout en pleine dégustation. Comme en dehors.

Déguster un vin, c'est revenir dans le passé, jusque son enfance, et même sa petite enfance. Né en campagne à deux pas d'une forêt et à trois de la mer, cette proximité avec Dame Nature de me composer une banque de sens. Parfois même sans le savoir. Le bois, la mousse, le pin, la fougère, le chêne, le terreau, la rosée; le matin, l'après-midi, le soir; à toutes les saisons de l'année, ne m'ont jamais laissé insensibles. De sorte que lorsque j'y retourne, je ne puis m'empêcher de me dire "Ah oui, quand on allait faire des cabanes l'été ici, c'est cette odeur que l'on respirait". Nous allions à la montagne l'été où les randonnées étaient aussi des invitations avec nos sens. Sans compter une maman passionnée de fleurs qui ne manquait pas d'attirer notre attention sur les odeurs qu'elles dégageaient. Je n'ai par la suite cessé d'aiguiser mes sens, notamment mon odorat, en humant bien sûr mais aussi en m'arrêtant, en prenant mon temps, en regardant, en comparant lors de mes promendes en campagne, à la mer où la montagne. C'est donc toute cette culture qui m'est revenue et me revient lorsque je goûte un vin. Cela ne me qualifie pas oenologe! Cela ne me garantit pas la vérité mais m'en approche, me permettant de repérer de façon assez précise les différents aspects que je privilégie lors de mes dégustations et de retirer un maximum de plaisir.

Par ailleurs, la dégustation se distingue de nos habitudes alimentaires de tous les jours parce qu’elle demande de l’attention et de la concentration afin de pouvoir analyser nos différentes sensations. Il va de soi que l'on devient un "bon" dégustateur le plus souvent en s’entraînant, en dégustant. Mais ce n’est pas suffisant. Pour devenir un bon dégustateur, il paraît indispensable d’avoir une bonne perception et une bonne connaissance des odeurs et du goût. Il est également important d'être curieux et vigilent sur l'environnement qui nous entoure, surtout lorsqu'en dehors de la ville. Car "déguster", c'est goûter, essayer, tester, vérifier, analyser ou encore apprécier, savourer, se délecter, se régaler. Mais on aura beau dire, ce qui fait un bon dégustateur, c’est avant tout sa passion et son intérêt pour le vin.

28.03.2007

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