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jeudi, 22 mars 2007

Tautou foiré, normal ch'uis canet.

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Audrey Tautou et Guillaume Canet, dans Ensemble, c'est tout, actuellement sur les écrans.

En me rendant Cour Saint-Emilion ce matin, j'ai saisi le Matin Plus abandonné à sa propre cause sur une banquette de la ligne 14. Pas que j'allais déjeuner au Chai 33 (ce restaurant où l'on va choisir tout seul sa bouteille à la cave), ni aux Elles (cuisine entre France et Vietnam, ou peut-être l'inverse) et encore moins au bar à vin Nicolas (temple des vins de négociants). Juste une course à faire à deux pas de chez Noos ou un millier de personnes poirotteraient sous la pluie munis de décodeurs, factures et autres têtes pas franchement ravies d'être là.

Pas mes idoles. J'ouvris donc ce "journal" gratuit et tombai sur la photo (ci-dessus) illustrant un maigre article non signé et intitulé L'union fait la force. Je ne puis m'empêcher de me dire qu'il ne donnait vraiment pas envie d'aller voir ce fim. Pas que je n'aime pas Tautou dont la filmographie est encore maigre et très variée donc difficile à  juger (son meilleur rôle étant pour moi dans Vénus Beauté de Toni Mashall, pour le reste...). Pas que je n'aime pas Canet qui en tant qu'acteur n'est ni transcendant ni mauvais (va pour Mon Idole et Joyeux Noël, mais bon...). Il se révèle davantage derrière la caméra avec Mon Idole (avec l'excellent François Berléand) et bien sûr le grand Ne le dis à personne.

Faillance de piscine municipale. Au premier coup d'oeil, c'est la photo en elle-même que je trouve rédhibitoire. Une impression de tristesse et d'ennui s'en dégage. Regardez-le, lui, à droite, ce paltoquet: il ne ressemble à rien! Il ferait presque pitié. Il trinque sans regarder sa partenaire, pas rasé ni coiffé. Et puis enlève tes mains de tes poches, c'est pas poli. Il a l'air de s'emmerder, blasé et presque réticent à l'idée de boire un verre avec mademoiselle. Habillé de noir, au bord de la dépression, comme elle. Le noir: symbole de tristesse et de deuil. Elle s'efforce de le regarder, d'esquisser peiniblement un rictus, par politesse ou par convention. Et ce décors! Une vulgaire gazinière, un frigo, de la faillance de piscine municipale au mur: on se croirait en 1973. Remarquez cette lumière en arrière plan, entre les deux personnages, normallement symbole de vie, de joie, d'amour. Ici, elle est fade, prête à lâcher et n'a pour fonction que d'éclairer la casserole de ravioli qui cuit sur un feu agonisant. 

Tue-l'amour. Cependant, à bien y regarder, l'expression de l'acteur traduit, ou trahit, parfaitement l'état d'esprit dans lequel il se trouve à ce moment précis et notamment ce qui le chagrine. Car, effectivement, quelquechose le chagrine profondément. Si ce n'est le fait que son amie vient certainement de lui servir un banal verre de Bordeaux (moi aussi je ferais la gueule à sa place), le comédien est en fait très mal à l'aise à l'idée de boire dans un verre à ballon: le tue-l'amour par excellence. Laid, has-been, impossible à tenir, faisant baver au contact de la bouche, démolissant les arômes, conservant la chaleur voire la démultipliant, ce récipient doit impérativement sortir du paysage oenologique français. Par ailleurs, si l'on imagine que le jeune homme s'est pointé chez la fille avec un magnifque Vosne-Romanée de son année de naissance à elle (quoi qu'un peu foncé dans le verre pour en être un) où un superbe Chateauneuf du Pape (à 3 chiffres avant le €), on ne peut que compatir face à l'abattement, l'affliction et la consternation de notre acolyte. Notre personnage ne fuit donc pas le joli minois de sa partenaire: il se trouve simplement en état de liquéfaction du fait du drame qui se joue devant lui et dont il est la victime. Adieu arômes, fruits et parfums des bords du Rhône. Bonjour le vin chaud, fade et insipide que l'on n'utiliserait même pas pour un bourguignon. Doit-on y voir en plus et par extension métaphorique que cette fille s'avèrera d'un ennui profond pendant et après le repas? 

Un talent incomparable. Rédhibitoire est donc la photo car navrante est la situation dans laquelle se trouve notre personnage. Bravo donc au metteur en scène et aux acteurs qui à travers un simple verre à ballon apportent une dimension et une dramaturgie shakespearienne à cette scène (la scène du ballon), nous déployant au passage un talent absolument incomparable. Rien que pour cette scène, j'irai voir ce film. Si elle n'a pas été coupée au montage.

Commentaires

Vincent van Gogh self portrait found at Geneva flea market by Jules Petroz
watch the video on

http://www.youtube.com/watch?v=JqQDtEizSt0

Écrit par : petroz | jeudi, 22 mars 2007

Salut gros blédard 75, merci pour mon anniversaire !

Écrit par : BLEDARD 22 | jeudi, 22 mars 2007

Il faudrait peut-être aller voir le film... où tout est décallé, donc les verres aussi...

Écrit par : emilie | vendredi, 23 mars 2007

Le problème avec les verres "décallés", c'est qu'on verse le vin sur la table.

Écrit par : vinsurvin (la rédaction) | samedi, 24 mars 2007

Les commentaires sont fermés.

 
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