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mercredi, 31 janvier 2007

LE SAVIEZ-VOUS?

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 Saison 1, Episode 6. Astuces pour refroidir un vin rapidement. 

Des amis débarquent à l'improviste, le vin (blanc) ou le crémant ne seront jamais frais pour l'apéro! Mais comment faire? Pour faire refroidir une bouteille de vin au réfrigérateur, il faut compter de deux à quatre heures. Solution numéro un: mettre la bouteille dans le freezer. Attention à ne pas l'oublier! Trente minutes la refroidiront considérablement.  La façon la plus rapide consiste à immerger la bouteille dans un seau rempli de glaçons et d’eau. Mais, les glaçons seuls sont moins efficaces. Il suffit alors d'ajouter du sel à l’eau pour obtenir des résultats encore plus rapides. Détails.

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Saison 1, Episode 5. Le goût de bouchon.

Le goût de bouchon est un terme assez large décrivant un groupe d'odeurs et de goûts indésirables trouvés dans une bouteille de vin. Bien que des études récentes aient prouvé que d'autres facteurs pouvaient être responsables de ces défauts (tonneaux de bois, conditions de stockage et de transport des bouchons et du vin), la responsabilité est imputée généralement et uniquement au liège. Souvent, il n'est même pas besoin de goûter le vin pour repérer ce goût de "moisi": il se repère instantanément au nez. Il est donc important de sentir et de goûter son vin avant de le servir aux convives. Ne pas hésiter à le mentionner au restaurant: la plupart des serveurs ne connaissant rien au vin, il ne serait pas de bon goût (de bouchon) de remettre la parole du client en doute. Rien ne peut être fait avant ouverture pour s'assurer de l'absence de goût de bouchon. Par contre, certains conditions sont à proscrire si vous gardez du vin (vibration, lumière, température inadaptée, produits chimiques, peinture...).  

Ce problème touche environ 10 % de la production vinicole mondiale et entraîne des pertes annuelles estimées à 540 millions d'euros pour 2004. Cette écart entre une qualité attendue et une qualité obtenue laisse la place à l'innovation et aux nouveaux systèmes de bouchage: bouchons synthétiques (oranges: la classe...), capsules à vis... dont on est en droit d'attendre une performance technique supérieure. Problème: si les capsules garantissent l'absence de goût de bouchon, elles sont esthétiquement rédibitoires et privent l'amateur de vin de bonheurs fondamentaux. Ôter à ce dernier le rituel du tire-bouchon, le bruit inimitable à l'ouverture et le plaisir de porter le bouchon au nez pour en saisir quelques arômes (de bouchon!) c'est l'emputer de rites immuables plus indissociables les uns que les autres. 

La semaine prochaine: quelle température pour quel vin? Qu'est-ce que la robe d'un vin?

mardi, 30 janvier 2007

Nouvelle rubrique!

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Vénus et Bacchus.

Pour 2007, VINSURVIN ne vous avait promis aucune résolution, aucune surprise, aucune nouveauté. Promesse non tenue puisqu'un mois plus tard et après concertation auprès de la rédaction (composée de moi-même), tout le monde a été d'accord sur le fait que les femmes devaient avoir une place particulière sur VINSURVIN. D'ailleurs, elles l'ont déjà un peu, à travers notamment les références à ces vigneronnes de Bourgueil à Montpeyroux.    

Rappel historique. Les femmes et le vin, ce n'est pas une nouveauté! Dans la Grèce Antique, des femmes appelées Bacchantes étaient les prêtresses de Dionysos. Les pères fondateurs de Rome, eux, interdisaient aux femmes de boire du vin sous peine de châtiments sévères pouvant aller jusqu’à la peine de mort. Dès l’Antiquité les femmes aimaient et buvaient du vin même si le sexe fort a émis des interdictions et des réserves quand à la consommation de vin par les femmes au prétexte que leur nature même devait leur interdire les boissons alcoolisées. Dans “L’Art d’Aimer” (livre III, 761-766), Ovide prodiguait ses conseils à une jeune femme sur la manière de se comporter dans des festins : “Boire est plus à propos et siérait mieux aux femmes. Encore faut-il que ta tête puisse le supporter, que ton intelligence et ta démarche n’en soient pas troublées, que tes yeux ne voient pas double. Quel spectacle honteux qu’une femme étendue par terre, gorgée de vin?!”

Franchir les obstacles. Dans les sociétés où le vin était abondant les femmes ont bu et boivent encore, et boiront certainement si l’on tient pour justes les études publiées dans la presse. Maintenant les femmes ne choquent plus personne lorsqu’elles boivent du vin en public. Elles ont étonné tout le monde en se faisant reconnaître tardivement mais rapidement dans ce monde du vin, réservé il y a encore peu de temps aux hommes, où elles ont su franchir les obstacles qui se dressaient devant elles.

Une consommation de vin en hausse chez les femmes. Comme les hommes, elles sont vigneronnes (d’après des statistiques du Ministère de l’Agriculture, 1/4 des exploitations viticoles sont entre des mains féminines), œnologues, sommelières, cavistes, directrices commerciales de maisons de vins, journalistes, dégustatrices. Des communiqués de presse annoncent la création de clubs et de concours de dégustation spécifiquement féminins, ainsi qu’une consommation en hausse de vin chez les femmes. On assiste donc maintenant à une égalité des sexes dans les comportements vis-à-vis de la boisson vineuse. Pour toutes ces raisons, vinsurvin se devaient donc d'honorer ces dames! A suivre sur vinsurvin: quel vin la première fois? (merci à vin-et-sante.com)

jeudi, 25 janvier 2007

Quel vin à l'apéro (avec - 4° dehors)?

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Ca faisait un moment que vous en parliez.  Ca faisait longtemps que vous deviez le faire. Ca y est vous vous êtes enfin lancée. La fenêtre était ouverte.  Vous vous êtes dit: "Si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferai jamais. Autant en profiter." Bon ça n'a pas été facile parce que malgré votre côté bout-en-train, larron-en-foire, joyeux drille, faire le grand saut n'est pas permis à tout le monde. Mais qui prévenir? Beaucoup de monde tenait la corde: les copains des deux associations dont vous êtes membre (Les Amis de la Vallée de L'Eure) et secrétaire adjointe (Un Toit pour les Campagnoles des Villes), les copines du Club Point Compté, et les collègues de boulot (enfin, un, Virgil, mais pas tout à fait remis de sa dépression suite au décès de son serin d'appartement il y a sept ans). Bravo! Vous avez finalement opté pour les vétérans du club du Brâme du Cerf, basé à Fontainebleau. Des gens charmants. Très nature, très terre-à-terre, très concernés. "Non mais, attends, si on ne fait rien, dans 10 000 ans, y'a plus de ceps de Bordeaux." "C'est clair." Ils viendront donc pendre la crémaillère à vos côtés ce week-end! Problème, que boire pour ce grand apéritif dinatoire? Déjà, le kir, tu banniras.  

Un vin blanc frais et fruité, c'est bon ça? Très bonne idée Marie-Clarisse! Cependant, il fait déjà très froid dehors, est-ce l'appel de le rappeler à tes convives? Tu insites? D'accord! C'est toi qui décides! Les blancs secs, tel que le muscadet-de-base, sont des vins à forte teneur en souffre et, même coupés pour en faire des kirs, ils restent relativement indigestes, s'ils n'ont pas été dégottés chez un excellent producteur ayant à coeur de tordre le coup aux clichés que je viens de véhiculer. Et il existe! Mais faut le trouver... Optez alors pour des cépages (type de vigne) comme les sauvignon ou chardonnay. Et le chenin? Personnellement (mais ça ne regarde que moi!), je n'ai pas encore trouvé de chenin qui m'ait fait brâmer (enfin, je dis ça, je ne suis pas oenologue -ni garde forestier- mais en même temps, je me trompe rarement... mais c'est comme vous voulez, je respecte les goûts de chacun, c'est normal... enfin, quand même, en gros, c'est pas génial. Mais, après...).

J'achète quoi alors?

1. Du blanc. De la vallée de la Loire. D'abord le terme "récoltant" apparaitra sur la capsule verte qui recouvre le bouchon. Petite assurance sur la qualité! A partir de 5€, tu te régaleras avec un sauvignon de Touraine (notes de pommes ou d'agrumes selon les millésimes). Un peu plus onéreux (7, 8, 9€), Pouilly Fumé (agrumes, acacias...) et Ménetou Salon feront des heureux. Gamme au-dessus (12€): un Sancerre (des vins minéraux dotés de leurs fameuses notes de "pierre à fusil"). Pas forcément évident à l'apéro. Quincy et Reuilly, moins connus, sont plus abordables, financièrement et gustativement peut-être.

2. Chablis / Petit Chablis (fleuri, minéral, frais en bouche, rafraîchissant...). 9€.

3. Blancs du Languedoc (type Picpoul de Pinet, Coteaux du Languedoc... Cépages sauvignon à essayer absolument!)
 

4. Chardonnay Californien, Chilien, Australien ou Sud-Africain: des vins portés sur le fruit mais parfois très (trop) acidulés, voire sucrés. Agréables si vous êtes bien conseillés. Ceux à 5€ de Chez Nicolas laissent vraiement à désirer.

ET POURQUOI PAS UN VERRE DE VIN ROUGE? Effectivement, vu  le froid de canard, l'option vin à température ambiante n'est pas à négliger.

Languedoc: Faugères, Saint-Chinian, Corbières, Minervois.  Sud-Ouest: Cahors, Madiran, Buzet.

Vous avez désormais l'embarras du choix! Revenez me voir pour me dire quelle option vous avez choisie! Et me raconter si tout le monde s'est bien amusé! Et ne me dites pas Marie-Clarisse que vous envisagez de jouer au "pendu"!

20:44 Publié dans VIN & METS | Lien permanent | Commentaires (6)

mercredi, 24 janvier 2007

La crise: c'est tendance!

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Comment vous expliquez ça, vous? La France viticole est en crise mais le vin n'a jamais été aussi tendance! Voyez les bistrots à vin: ils poussent comme des petits pains dans Paris et même en province! On va commencer par se demander si cette crise existe vraiment ou si le phénomène "crise" n'est pas tout simplement franco-français. Non parce que, à bien y regarder, nombreux sont les secteurs en crise dans ce pays! Crise de confiance dans les politiques, crise du logement, crise du disque, crise au PSG, crise des banlieues, crise d'adolescence, j'en passe et des meilleures.

Phénomène national. Voilà, j'étais parti pour parler de la Cave à Jojo ce génial bar à vin dans une rue Abbessienne où les immeubles sont sur le point de s'écrouler et me voilà entrain de disserter sur la dépression chronique qui berce notre beau pays. Effectivement, si le paradoxe sied si bien à ce pays, force est de constater que, à 1km à la ronde de mon quartier, je dénombre déjà l'ouverture de trois bars à vins en l'espace d'un an. Phénomène purement parisien? Pas sûr. Tenez, n'ai-je pas parlé de Chai Pierre récemment?

Ma petite entreprise... Revenons à nos moutons. Afin donc d'éviter la crise ce week-end, je ne saurais plus vous conseiller d'aller faire un tour chez l'ami Jojo. Ben oui. Parce que Jojo, c'est le type de type type avec qui t'es pote en deux tchins. Jojo, c'est la bonne franquette, c'est l'assiette de charcuterie avec un Brouilly qui vous ferait allumer un cierge pour la survie des grands vins français en haut du mont du même nom. Parce que, oui Monsieur, le Brouilly est un grand vin français au même titre qu'un Pauillac. Qu'on se le dise. N'est-ce pas mon Jojo? T'as un Morgon à me faire goûter? Alors, bouge pas, je lève mon verre! Chez Jojo, la crise, connait pas! Ou alors, si, la crise de rire!

Chez Jojo, 26 rue des Trois Frères, Paris XVIII.

   

 

dimanche, 21 janvier 2007

Gigondas c'est gigontesque!

 

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Carte des vignobles des Côtes du Rhône Septentrionales et Méridionales.

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La Frustration sur la Nationale 7. Aujourd'hui, direction Gigondas! Avant toute chose, prendre une carte de France. Se concentrer sur le quart sud-est. Repérer la N7 entre Vienne et Orange. Je vous épargne la chanson de Trénet. Nous commençons par les Côtes-du-Rhône Septentrionales, c'est à dire dans la moitié nord de cette grande région viticole française. Bifurquer à l'ouest sur la N86 afin de traverser Condrieu et les Roches de Condrieu.  Un petit bonjour personnel à la capitainerie et à l'oncle Claude qui rénove sa péniche. Direction Saint-Joseph. Les vignes se trouvent sur ces versants escarpés. De grands panneaux indiquent le nom du maître des lieus: Guigal. Tout au long de la route, les vignerons vous convient à des dégustations. Pas le temps de s'y arrêter aujourd'hui! Les vignerons de France et de Navarre connaissent-ils la frustration de l'amateur de vin? Celui qui passe dans leur région mais ne puit leur rendre visite, faute de temps, d'argent et de place, guidé aussi par des choix subjectifs et pas forcément des meilleurs! Mais c'est le jeu. Nous arrivons sur Tain-l'Hermitage, c'est écrit en grand sur ce mur qui longe le Rhône. Hermitage, Croze-Hermitage: tout un programme pour l'amateur. A condition de trouver les vignerons, chose pas évidente la première fois. Je pense au domaine Collonge à Mercurol, bien caché dans les vignes! Il m'en reste d'ailleurs quelques 2003, bien cachés sous les fagots!

Blind test. Bientôt apparaîtront les panneaux indiquant la direction de Cornas. Le souvenir de cet excellent vin découvert un soir de réveillon de Noël ne s'effacera pas de si tôt. Merci papa! Les chats ne font pas des chiens. D'ailleurs, Gigondas est sûrement son vin préféré. Le passage de témoin a dû se faire le jour où il me fit un blind test un dimanche, à table, en famille: "On va voir si tu es si fort que ça, Monsieur-je-m'y-connais-en vin!" Personnellement, j'ai un peu horreur des blind tests. Vous savez, on vous fait goûter un vin sans vous montrer la bouteille. A vous deviner de quoi il s'agit. En présence d'amateurs, si on se trompe, on pourra toujours argumenter: la couleur me rappelle la Languedoc, Faugères, ce nez de fruits mûrs, un peu confituré, épicé en finale... Votre interlocuteur vous suit et comprend pourquoi vous vous êtes trompé. C'était un Patrimonio. En famille? Rien de tout cela. Tu trouves ou tu trouves pas! Tu t'es trompé: t'y connais rien. Votre égo en prend un sacré coup. Vous essayez de vous justifier mais personne ne veut rien entendre. Non, c'est bon. T'as pas trouvé. C'est tout. Papa me présente un très beau verre. La quantité de vin est parfaite. Elle atteint le niveau le plus évasé du contenant. Il ne m'a pas servi un "sceau". Ni un digestif. La robe est noire, très profonde. J'élimine la Loire, la Bourgogne. Le nez est de fruit noir, macéré et de fruits mûrs avec des notes de balsamique: typique de Gigondas? Non, typique du tout premier Gigondas que papa m'avait fait goûté alors que j'avais à peine 20 ans. Comment a-t-il fait? Mais je m'en suis toujours souvenu. Et je m'en souviendrai toute ma vie. Je ne prends pas le temps de le goûter. Quitte ou double, me dis-je. J'exulte: "Gigondas. 2003." Mon père explose de rire. Ma mère me regarde, admirative. Oncles et tantes sont soufflés. Attends, tu ne le goûtes pas? Pas la peine, je te dis que c'est un Gigondas de 2003. Et là, Dorothée me regarde et sort: "C'est bon, t'avais vu la bouteille dans la cuisine."

medium_vignoble_Rhone_Sud.2.gif Tribu guerrière. Nous arrivons désormais dans la partie sud de la région: les Côtes-du-Rhône Méridionales. Dans les coteaux du Tricastin, pays de la truffe, à l'est de Montélimar, on trouvera de très bonnes choses à des prix raisonnables. Cette région tient son nom d'une tribu guerrière jadis implantée là: les tricastini, une peuplade gauloise préromaine vaincue par les Romains. Cépage syrah oblige, les Coteaux du Tricastin offrent des nez puissants, à dominante d'épices. En bouche: concentration de tanins bien fondus, fruits noirs, notes de vanille et de cuir. Pour ne citer qu'un example. A l'extrême sud-est les excellentes Côtes du Lubéron. A goûter impérativement après une halte à Vacqueyras!

Calmer ses ardeurs. Ca roule bien jusque Gigondas, but de notre tournée des grands ducs d'aujourd'hui. Nous descendons chez la famille Chauvet. C'est ce domaine du Grapillon d'Or 2004, avec sa très jolie étiquette, il faut le dire (voir photo ci-dessous) qui m'a mis sur la voix. J'avais envie d'un vin puissant ce week-end. Nous étions partis sur ce magnifique Saint-Nicolas de Bourgeuil de chez David Drussé le week-end dernier et, allez savoir pourquoi, je voulais quelquechose qui dénoterait complètement cette fois-ci. Rien de tel me dis-je alors que de passer du Nord-Ouest, au Sud-Est. J'ai eu la très agréable surprise à la rentrée de septembre d'entendre Sylvain, un collègue, me dire: "Au fait, j'étais à Gigondas cet été, je t'ai ramené un carton de 2004. Tu n'as plus qu'à venir le chercher." Un peu jeune à son goût, il me conseilla de le garder un peu. Avisé le Sylvain! Effectivement ce vin devrait atteindre sa pléninude dans une petite dizaine d'années, au bas mot. Caraffé une bonne heure avant le service, il a somme toute su m'épater par les qualités qui font déjà sa force. Puissant, charpenté mais empreint d'une certaine rondeur: le passage en fût aura calmé certaines de ses ardeurs. Nous le bûmes avec un cake au lard et au fromage et l'accord fut parfait. Une robe profonde aux reflets rubis, un nez agréable aux arôme de fruits macérés, mêlés de notes plus douces (vanille) et une finale épicée. Un très bel example d'expression de l'assemblage grenache (80%) / syrah (20%). Un vin élégant, subtilement équilibré et qui promet de très bons moments dans le futur. Les Gigondas ont une place particulière dans mon coeur, et je suis certains qu'ils ne laisseront pas insensibles les amateurs que vous êtes! 

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vendredi, 19 janvier 2007

LES GAY LURONS

 

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Coming out? Non, Going Out! J'ai toujours eu un faible pour les gays. (Les restaurants gays, s'entend.) Et c'est réciproque. Pourquoi? Accueil, décors, finesse, gentillesse, délicatesse... n'en jetez plus. Ne nous méprenons pas: ce n'est pas parce que le travail des Vignerons Indépendants est à mes yeux de qualité, que celui des autres ne l'est pas! Ce serait tellement réducteur! Et absurde! A la lumière de cet état de fait viticole, un restaurant dit gay n'est pas de facto un bon restaurant. Il suffit de se rendre dans le Marais pour s'en rendre compte.

Désolé, c'est la folie. Dans le 9ème, il n'en est rien, et je me trouve tout penaud d'évoquer ce critère (bassement sex-mantique) pour mettre en avant la qualité des établissements qui se trouvent au sud d'Anvers. En même temps, passez une mauvaise journée (type) à Paris: ratez le 7h20, risquez votre vie sur les passages piétons, marchez dans les déjections canines, faites-vous bousculer dans les transports sans un moindre "pardon", puis arrivez à Radis Roses: fin du calvaire assurée. Oubliés les défauts de votre ville. En un coup de fourchette, elle redevient celle qui vous séduit et vous enchante à chaque coin de rue. A condition de l'observer. Et que le charmant patron de Radis Roses ne vous dise pas, comme samedi dernier, "désolé, ce soir, c'est la folie...".

On va où?

- 48, Condorcet (dans la rue du même nom, Paris 9)  Tel: 01 45 26 98 19

Bon enfant, ouvert à tous les genres mais refusant les étiquettes, ce restaurant charmant et décalé du quartier propose une cuisine variée avec confits et cassoulets et quelques spécialités lyonnaises comme les omelettes "mate-faim". Une carte des vins taille de mouche mais suffisante pour y trouver son bonheur.

La collection de sorcières voletantes, les rideaux colorés, la bibliothèque et le buffet ancien dessinent un décor original que Pascal Desrosiers anime avec humour.

Le soir, la réservation est recommandée.

- Le Spring (28 rue de la Tour d'Auvergne, Paris 9) Tel: 01.45.96.05.72

I wouldn’t exactly call my restaurant a bistrot branché...

The food is more elaborate than a bistro (poulpe, foie gras, perdreau, agneau fermier, canette ’Dombes’), but toujours at near Bistro prices... The fixed menu (36€) is four courses and changes daily depending on what’s available at the market. Wines start at 19 and 4 (for a glass). As we work only with fresh ingredients, reservations are essential...

You can read more about Spring at www.springparis.blogspot.com

Thanks for noticing us...

* Daniel Rose Chef/Propriétaire du Spring.medium_radis_180.jpg

- Radis Roses (68, rue Rodier, Paris 9)

Un accueil extrêmement chaleureux pour commencer avant de jeter un oeil plus averti sur la déco type Habitat (les boites en métal, les bougeoirs, les lustres...). Une toute petite salle non fumeur aux murs blancs, au mobilier épuré (tables carrées en rangs d'oignons, petit espace plus intime pour 4 personnes - ou pour deux côté rue), la lumière se fait tamisée à un moment ("Ah, enfin...").
Et dans l'assiette? Ce couple de très jeunes quadras importe un grand nombre de produits de leur région natale: la Drôme (Valence, le Rhône, les terres arides, la syrah...). Résultat, avec des produits très simples mais beaucoup d'originalité dans les assortiments et la présentation, bonjour le régal. En entrée: velouté de fanes de radis poivré, dans lequel reposent de fines tranches de parmesan, accompagné de mouillettes grillées et beurrées au parmesan. Je ne vous dis que ça. Petite terrine locale à la syrah. Ravioles d'escargots et ses arômes du sud. Puis l'agneau dans son jus-que-jaurais-bu-à-genou servi avec des carottes accompagnées d'une sauce à la menthe... Et les desserts. Les desserts. Les desserts !!! Côté vin, tout cela fut accompagné d'un flacon de Gigondas (2002 malheureusement, mais attendez que les 2003 et 2004 ne débarquent). Côté vin effectivement, si le sommelier doit encore s'aguérir, ils offrent une très belle carte axée uniquement sur le Rhône. Tentez les Syrah de pays. Ils doivent être très bons et il ne coûtent "que" 20€. Sinon, Vaqueyras (attention, charpenté et puissant!), Crozes-Hermitage (2003 : à tenter) puis les must Saint-Joseph et Condrieu. Voilà, vous n'avez plus qu'à vous radiner!

Pour les gagas des gays: http://manstouch.com/travel/gay-restaurants.html

* http://paris.9.evous.fr/paris.php?article875                               

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jeudi, 18 janvier 2007

"News" de ma "winery".

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"Je tiens à remercier mon père, ma mère et mon caviste."

 

Bon, alors je les entends déjà les protestataires se demandant ce qui se passe sur vinsurvin  en ce moment, enfin, ce qui ne se passe pas puisque depuis quelques jours: plus rien. Alors, j'aimerais faire taire les rumeurs.

     "Il paraît qu'il arrêterait, ça le soule."

     "Il serait devenu buveur passif."

     "Il s'est barré avec la blonde de CityZen."

     "Il a signé un contrat chez Wine Spectator et goûte du vin dans son bureau."

     "Il vit à Bordeaux."

Que nenni, malfrat de contrées inconnues! Descends de ta monture que je fasse couler le vin de ta besace. 

Pas que l'actualité oenophilo-vinico-viticole soit d'huile telle ma Manche natale un matin d'avril. Bien au contraire, mais pas comme vous le croyez.

Cette semaine fut riche en événements.

Tout a basculé lundi matin. Très tôt. Au son de la voix de Jean-Pierre Laborde dans A La Une de la Presse ou de celle d'Olivier De Lagarde dans Question d'Info (quoique Joël Collado soit sur le point de détrôner le mythique Albert Simon). Devant mon bol de café (équatorien et équitable, ce qui me permet d'avoir une pensée, moi, le nanti méchant capitaliste occidental parisien, pour ce paysan (et sa famille) qui me regarde tous les matins sur le paquet avec ce grand sourire et avec qui par la force des choses et au fil du temps j'ai dû sympathiser).

Qu'entends-je alors à la radio? Que le Salon des Vins de Loire se déroulant les 5, 6 et 7 février prochains remettra les Wine Blog Trophies. Les Wine Blog Trophies, COME ON! me dis-je alors. Qu'est-ce que c'est encore que cette connerie? Je m'interroge dans mon style bien franco-français. Ils ne peuvent pas appeler ça "Les Trophées des Blogs dédiés au Vin"? Après Loft Story, Camel Trophy et Super Nanny: les Wine Blog Trophies! Enfin, bon, c'est vrai quoi? Pourquoi faut-il, dans un pays où à peine 1 français sur 100 est capable de donner son nom et son adresse dans un anglais plus qu'approximatif au premier Gallois venu, que l'on abuse de la langue de Shakespeare à tous les coins de rue? Peut-être les organisateurs des WBT (ce qui fait, d'ailleurs, penser à la WBA, la ligue de boxe américaine) ont-ils voulu donner une dimension américaine (californienne?!) à cet événement? Va savoir. Sont-ce les élections qui leur montent à la tête et le show libéralo-capitalo-atlantisto-Jaurèso sarkozien qui iradie même le monde du vin? Enfin, bon, génial, il n'est pas 7h00 du matin et je suis déjà énervé. J'ai qui en première heure? Terminale G? OK, interro. Ils vont morfler. Fallait pas'm'chercher de si bon matin.

Le site des WBT nous informe qu'aujourd'hui, les blogs sont un véritable phénomène de société. Un nouvel espace d'expression où journalistes spécialisés, oenologues et amateurs éclairés échangent des informations complémentaires aux magazines et sites consacrés aux vins. Le SALON DES VINS DE LOIRE se devait de comprendre et d'analyser ce phénomène touchant plus de 3,2 millions de personnes et dont la présence dans l'univers du vin est de plus en plus perceptible.

En fin d'après-midi, de retour du lycée (et après avoir essuyé une émeute dans la classe de terminale en question, évité une chaise et esquivé quelques crachats), je me connecte sur le site des WBT et leur envoie un mail pour informer ces wine blog trophy makers que je connais un blog, pas mal, enfin bon, pas génial non plus, un parisien, un de plus, qui aime le vin et le fait savoir. Le blog s'appelle vinsurvin et, bon, il pourrait s'avérer intéressant d'y jeter un oeil, enfin, si vous avez le temps.

Quelques minutes plus tard, le son de la voix de Jennifer (ma boîte vocale) retentit (dans tout le quartier): "You've got an e-mail, honey!" Ok, Jen, let's check it out! Le mail vient de OPHA, une boîte de com parisienne qui dit, mot pour mot, 

Bonjour,

La bonne nouvelle, c’est que vous êtes dans la liste de blogs présélectionnés qu’analyse le jury en ce moment.

Verdict le 5 février !

Bonne chance,

David Leprince.

Vous l’avez donc compris, vinsurvin, pourrait se voir remettre le Wine Blog Trophy ! N’est-ce pas génial ? Et puis, ce nom, "Wine Blog Trophy". Superbe. Enfin des gens à l’esprit international! Un nom sortant des sentiers battus, anti-conformiste, anti-politically correct. Un nom qui voit loin. Atlantiste. Libéral. Sarkoziste. Génial, quoi!  Des anglophiles, enfin! Où dois-je signer ?

22:00 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (1)

dimanche, 14 janvier 2007

Nouveau Bar à Vin aux Abbesses!

 

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(photo prise au portable...)

Oyé, oyé, oyé! Un  nouveau bar à vin vient voir le jour dans le 18ème! Pardon? Cave Café? rue Marcadet? Ah, non, je ne parle pas de "Cave Café". Effectivement, j'y ai mis les pieds hier soir avec un merlus de passage à Paris, mais je n'y suis pas resté longtemps. Vin filtré, sans sulfite, pourtant? Oui, je sais, c'est un argument. Mais le vin dans lequel on injecte de l'azote pour le faire remonter de la cave, non merci. Le vin que l'on sert avec des pistolets tel du Coca-Cola dans les boîtes de nuit, pas mon truc. Le vin qui arrive avec de la mousse et des bulles, trop peu pour moi. Le vin dont je ne puis voir la bouteille et lire quelques informations tels que le nom de son producteur et le lieu de conception, bonjour la frustration.

J'ai observé les verres sur le comptoir et j'ai vu la mousse se consummer. Le Muscadet nous est servi par une charmante demoiselle. Mais la pauvre n'a aucune idée du vin qu'elle vient de nous servir. Le vin est trouble dans le verre. Sa couleur est trouble. Elle a un côté jaune pisse. Au nez, rien d'extraordinaire. En bouche... La première réflexion que je me fais est "j'aime pas." Le vin est rustique, terreux, poussiéreux. Aucun plaisir. J'appelle la serveuse et lui demande de bien vouloir me servir un Sancerre à la place de ce vin que je n'aime pas. Le Sancerre n'est pas bon non plus. "Bon, OK, on's'casse."

Un  nouveau bar à vin vient d'ouvrir rue Tholozé. Je l'ai remarqué il y a quelques dimanches de cela, en ballade dans le coin. J'avais d'ailleurs été ravi de voir que le Pouilly Fumé venait de chez Jean-Pierre Bailly, un producteur dont j'apprécie particulièrement le travail. D'où nous sommes, nous allons rejoindre la rue Caulaincourt par les marches de la Butte, puis traverser la rue Lepic et arriver dans la rue en question. Cela nous prend à peine 15 minutes et quelle agréable ballade dans un Paris désert et aux températures printannières. On passe même devant ce petit caviste rue Caulaincourt: le patron est à la porte, un petit "bonjour". Très bonne adresse.

La rue Tholozé, parallèle à la fameuse rue Burq, plonge vers les Abbesses. Nous arrivons au 16 Tholozé. L'intérieur est tout rouge. Quoi de plus normal? Nous traversons une première salle étroite et petite et chaleureuse, et accédons au "bar". Nous échangeons quelques mots avec ce couple de patrons, qui possèdent une affaire Square Carpeaux: l'acceuil est super sympa. Deux mois que ce petit lieu convivial et intimiste a ouvert. Va pour un Côteau du Languedoc. Puis, va pour un Marcillac: excellent! Avec une planche de coppa. Somptueux. Nous engageons la conversation avec le patron, la jeune quarantaine, mais il est "dans le jus". Une heure a dû passer et nous demandons l'addition. "Vous ne restez pas manger ici?" Les planches qui défilent sous nos yeux nous font envie: pavé/frites/salade, entrecôte/gratin/salade... Mais j'ai parlé de Radis Roses à Fred et il veut absolument aller manger là-bas. 

Le patron remet ça. Je lui parle de VINSURVIN, il me dit qu'il connaît! Un coup de tampon sur un fiche et demain vous aurez une note sur mon blog. Le vin est excellent, les patrons vraiment cool. La vie est belle!

16 THOLOZE, 16, rue de Tholozé, 75018 PARIS. 01.42.64.17.86

samedi, 13 janvier 2007

CityZens: c'est ici!

medium_logo.2.jpgThéâtre du Chatelet. Un soir d'hiver estival. 19h20. Elle arrive dans la nuit, sa longue chevelure dans le vent, son long manteau couvrant sa silhouette longiligne et sculpturale. Elle a vingt minutes de retard, telle une star, avec son toutou dans les bras. "Salut, désolée, j'arrive d'Alésia après un crochet par Saint-Michel, après je retourne dans le 14ème via New York... la folie, quoi!" Elle, c'est Julie, la conceptrice de CityZens, un nouveau site dédié aux bons plans, loisirs et sorties à Paris. "A terme, le but serait de faire de la concurrence à CityVox." Ambitieuse la Julie! Nous ne nous sommes pas donnés rendez-vous pour une interview, quoiqu'elle se débrouillerait très bien dans ce domaine, ni pour faire plus ample connaissance, quoi que je me débrouillerais très bien dans ce domaine (oh, ça va, on peut plus plaisanter?), non, la raison est que Julie est tombée  sur VINSURVIN et que si son rédacteur pouvait balancer une ou deux critiques sur CityZens, voire des chroniques dans son style incomparable, ce serait bien.

Coca-Clope. Je convie la working girl dans un petit bar à vin au coin de la rue de Rivoli, le Béarn Bar. Quoi de tel qu'un bar à vin chaleureux, charmant et pas cher pour parler de bars à vin chaleureux, charmants et pas chers? Julie m'a prévenu par mail: elle fume. Après avoir lu Enfin Vendredi, cette note dans laquelle je raconte la bravitude dont j'ai fait preuve pour me débarrasser du tabac il y a trois ans et des mégots, la miss sait la réticence que j'éprouve face aux fumeurs qui, en toute impunité et dans le j'm'en foutisme le plus total, m'empêchent d'apprécier les arômes et les subtilités de mon plat et de mon vin. Julie n'a pas ce problème, elle prend un coca!

Gentil toutou. Je m'attends à ce que Julie me propose de me payer pour pousser la porte de restaurants parisiens, me mettre à table puis derrière mon portable pour dire tout le mal que je pense d'eux. Mais il n'en est rien. Afin d'étoffer sa liste de commmentaires sur les restaurants qui apparaissent sur son site, elle me propose de laisser quelques critiques sur celui-ci en échange de quoi elle créera un lien de ce dernier vers VINSURVIN. Ca ne me coûte rien, ça me fait de la pub et ça ne mange pas de pain. Deal! Pendant ce temps, là, celui que je voyais au départ comme un ennemi potentiel ne se fait pas entendre (j'ai toujours peur qu'ils me mordent où de marcher dans leurs excréments).

Et CityZens dans tout ça? Le nouveau-né des sites proposant des bons plans sur Paris (mais pas que) vient se positionner sur un marché hyper concurrentiel. Entre le Pariscope, CityVox et VINSURVIN, pour ne citer que les plus connus, CityZens pourra parier sur sa fraîcheur, son esthétique et ses mises à jour quotidiennes pour tirer son épingle du jeu. "L'addition s'il vous plaît!" je demande alors. "Laissez, je vous invite," m'interrompt Julie. Et bien, merci, mademoiselle, c'est très gentil.

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vendredi, 12 janvier 2007

LE SAVIEZ-VOUS?

 Saison 1, Episode 4. Les vins dits vieux sont-ils meilleurs?

Le vin est un produit vivant donc fragile. Certains vins ne supportent pas de vieillir. Seuls les vins dits de garde nécessitent d'être conservés en cave avant d'être consommés.

La longévité d'un vin est fonction :

- du type de vin, c'est à dire son "cépage". Un gamay par exemple (très fréquent en Loire et en Beaujolias) n'a pas vocation à vieillir. Aussi, ne comptez pas garder un Chinon ou un Saint-Nicolas de Bourgeuil 20 ans. Un pinot noir a vocation à vieillir. Mais un "bourgogne" ou un "bordeaux" de base ne se garderont pas 20 ans car ils ne répondent pas positivement à tous les critères cités ci-dessous. De même que non seulement tous les "Saint-Emilion" ne pas "excellents" (Saint-Emilion n'est pas une marque), il ne faut pas croire qu'un saint-émilion 1986, par exemple, est forcément excellent. Il peut tout simplement ne pas être buvable.
- du millésime, car certaines années ont été extrêmement propices à la fabrication de vin (ensoleillement, précipitations, conditions atmosphériques juste avant les vendanges...)
- de l'appellation, et surtout du terroir dont le vin est issu. On qualifie des vins de "Grand Cru Classé", "Grands Cru", "Cru Bourgeois", "1er Cru" car ils se trouvent sur des parcelles de terre (appelés climats en Bourgogne) d'une nature et d'une qualité exceptionnelle. Dans certains cas, un 1er cru se retrouve acollés ou au beau milieu d'un terroir de grands crus! Plantez de la vigne dans votre jardin, vous n'obtiendrez jamais un grand cru!
- des modes de vinification et d'élevage (vin filtré ou non, bio-dynamie, culture raisonnée, rendements limités ou gigantesque, vendange manuelle...)
- des conditions de conservation: cave naturelle, euro-cave, garage, cuisine..., température constante et/ou sans grands écarts sur l'année, hygrométire maîtrisée, présence ou non à proximité du vin de produit chimiques (peinture, essence...), absence de vibrations (métro...) et de lumière...
- de la qualité des bouchons, d'où l'arrivée des bouchons synthétiques et à vis.

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La carte des CLIMATS de Gevrey-Chambertin, Côtes de Nuit, Bourgogne.

 

Saison 1, Episode 3. Les vins blancs donnent-ils mal à la tête?

Mais non! Seul un excès de soufre contenu dans le vin peut être responsable d’un mal de tête. La mention «Contient des sulfites» qui apparaît sur les bouteilles de vin européen, n'a, sous cette forme, aucune signification, car tout dépend de la teneur en souffre. Le soufre est, pour le vin, la meilleure et la pire des choses: tout est question de mesure. Or la présence de SO2 doit être mentionnée à partir de 10 mg/l, teneur très faible quand on sait que les maxima autorisés sont de 160 mg/l pour les rouges, de 210 mg/l pour les blancs et rosés et de 400 mg/l pour les liquoreux... Le consommateur ne dispose donc pas de la seule information qui l'intéresse: pouvoir faire la différence entre la bouteille de sauvignon qui contient 15 mg/l, dose imperceptible, digne d'un vigneron rigoureux et talentueux, et celle de son collègue approximatif, qui en contient dix fois plus!
A noter également que les rouges sont moins vulnérables grâce à leurs tanins. Les blancs, rosés et liquoreux étant, eux, plus compliqués à vinifier, ils subissent les plus fortes concentrations de soufre qui, à haute dose, ne «pique» pas seulement le nez avec des relents d'allumette brûlée, mais provoque, par la dilatation des vaisseaux cérébraux, ces fameux maux de crâne qui font croire à beaucoup qu'ils ne supportent pas les vins blancs ou rosés.
De plus amples renseignements, ici.

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Cristaux de soufre naturels

La semaine prochaine: Le goût de bouchon. Astuces pour refroidir un vin rapidement.

VINSURVIN, C'EST PEUT-ETRE PAS LE PARISCOPE, MAIS C'EST BIEN PRATIQUE!

jeudi, 11 janvier 2007

Le Miraculé.

CET HOMME EST UN MIRACULE !

Coincé 24 heures dans son ascenseur, un parisien doit son salut à deux bouteilles de vin.

Il est 19hOO, mercredi soir dernier, lorsque Fanch Le Gwin-Ru, originaire des Côtes d’Armor, et demeurant dans le 17ème arrondissement de Paris, descend dans sa cave pour y chercher du vin. Grand amateur de bonnes choses, il reçoit des amis ce soir là, et il est «hors de question de ne boire que de l’eau, car comme dit le proverbe breton al lind zo mad evid am tremen gwad, les orties, c’est bon pour la circulation sanguine !» Devant ses nombreux Grands Crus (Grand Vin de Bordeaux 2002, Cuvée des Chasseurs 2005, Château Margot 2012…), le choix n’est pas facile d’autant plus qu'un de ses invités s’y connaît en vin car «il va au camping de Saint-Emilion tous les ans depuis vingt cinq ans.» Après mûre réflexion, M. Le Gwin-Ru remonte de sa cave vers le rez-de-chaussée, se léchant déjà les babines et espérant que son "Vin des Celliers du Caveau de la Tonnelle" fera des heureux.

Une terrible épreuve. Alors qu’il referme la porte de l’escalier donnant sur la cave, Fanch croise Madame Wang qui lui adresse ses meilleurs vœux en chinois : «Enfin, je pense,» avoue le néo-francilien. Bien décidé à retrouver ses convives, il appelle l’ascenseur et patiente trois, quatre minutes. Il est 19h22 et M. Gwin-Ru ne sait pas encore que dans quelques minutes il va vivre une terrible épreuve. Que sa vie va basculer. Il ignore que derrière cette porte rouge, c’est à la rencontre de l’enfer qu’il s’en va. L’ascenseur arrive : il monte dedans. La porte rouge grince et se referme derrière lui. Le rideau de fer patine, ripe et replie ses deux battants.

De très bons amis. A présent, M. Gwin-Ru est seul dans cette cage de 1 m2, seul dans l’ascenseur fou, seul face à son destin. Acte banal et quotidien, il presse le bouton « 6 ». Mais ce n’est pas vers le 6ème étage que monte l’hôte. Non. C’est vers l’inconnu. Passé le 2ème étage, l’ascenseur fait des soubresauts et s’arrête. « A ce moment-là, je me suis dit qu’il faisait encore son capricieux et qu’il allait repartir, comme à l’accoutumée. Sauf que là, il est resté en plan.» Monsieur Gwin-Ru rappuie sur le « 6 ». Rien. De nature calme, il appuie sur le « 0 », puis le « 6 » de nouveau, puis le « 2 », le « 3 »… « Je ne me souviens plus si j’ai pressé le « 4 » ou le « 5 » après ». L’ascenseur refuse de bouger. M. Gwi-Ru décide alors d’appeler au secours : « Même avec mon Suisse sur moi, je n’ai pas réussi à trafiquer le boîtier. Alors j’ai appelé. Enfin, j’ai vite hurlé. » Du sang-froid, du courage, un calme rare, notre héros va patienter. « Je me suis dit, mes invités vont bien se douter que quelque chose ne tourne pas rond et ils viendront à ma rescousse. Ce sont de très bons amis. » Mais personne ne vient. Tout le monde s’en fout. 

Une vraie lessiveuse. Prisonnier dans sa boîte, le brave homme va voir les heures défiler et personne ne venir. Il est maintenant 2 heures du matin. Il a faim. Il a (surtout) soif et il est toujours seul entre les mains d’un ascenseur qui menace de ne pas s’ouvrir bientôt. Grâce à son Suisse, il décide d’ouvrir une bouteille de vin. Puis la deuxième. « J’avais vu dans une émission que le vin est très nourrissant. Mais plus le temps avançait, plus je sentais l’ascenseur bouger, puis monter, descendre, tourner, pivoter : une vraie lessiveuse.»

On peut toujours compter sur ses amis. 24 heures se sont écoulées et enfin le calvaire de M. Gin-Ru va prendre fin lorsqu’un livreur de sushi va littéralement tomber sur le prisonnier, ivre mort, mais vivant! « Je ne remercierai jamais assez Monsieur Yamaha pour m’avoir sauvé la vie. Et cet excellent "Vin des Caveaux de la Tonnelle du Cellier".» Et vos amis dans tout ça ? « Ils ont dîné sans moi (et ils ont bien fait) et puis ils sont redescendus par l’escalier de service, i-pod sur les oreilles, c’est pour ça qu’ils ne m’ont pas entendu ! Mais ils m’ont appelé trois mois plus tard pour prendre de mes nouvelles. On refait une bouffe la semaine prochaine. Mais dans la cave cette fois-ci, je n’ai pas envie de me faire avoir une deuxième fois! »

 

mercredi, 10 janvier 2007

And the winner is...

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Confluence Vienne-Loire

VINSURVIN a déjà parlé d'eux. Comme dans ce post du 03 mai 2006. Eux ne font pas parler d'eux. Mais leur vin à eux a l'art et la manière (e) de le faire pour eux. Je veux parler des Drussé à Saint-Nicolas de Bourgeuil. (Rien que Saint-Nicolas de Bourgeuil, c'est tout un programme...)

L'autre soir (ça c'est pour ne pas dire "Hier soir"), pour des raisons d'ordre oenologique, je dois descendre à la cave et en ramener un flacon. C'est la mission qui m'a été attribuée. Oui, enfin, je me la suis attribué tout seul. J'ai bien une petite idée sur quoi remonter (une bouteille déjà, ça c'est sûr) mais je ne verrai aucun inconvénient à ce qu'elle évolue en cours de parcours (c'est mon côté mec super ouvert, pas borné, breton quoi.) La descente en ascenceur n'est pas très rapide (je reste bloqué dedans où j'enchaîne? Pour la narration ça peut être drôle... je vois déjà le tableau dans le Parisien ou 20minutes... En remontant de  sa cave,  cet homme est resté bloqué 24heures - chrono - dans l'ascenceur de son immeuble, avec deux bouteilles de vin comme seules vivres. Il a survécu mais a été retrouvé complètement bourré. "Monsieur, vos sentiments sur cette terrible aventure?" "Il est des nô-ôtre EU, nanana!!!"). J'ai (quand même) le temps d'examiner ma mine dans le miroir et de me trouver toujours aussi beau, ça va sans dire et de me réjouir de ce petit périple au "moins un". Une fois la grosse porte du cellier ouverte (une tonne), une odeur très agréable de pierre, de bois mais aussi de fraîcheur me saisit les narines. D'un coup d'allumette, j'allume la lampe à gaz. Une lumière faible mais diffuse vient alors se poser sur le culot des bouteilles de la rangée de gauche (12OOO bouteilles, ça s'organnise... 120? Ah, bon, alors, 120. Heu, 1200? Non 120? Alors 120). C'est celle des vins à ne pas toucher (tu touches, t'es mort, c'est bien simple. Je suis ouvert mais faut pas'm'chercher non plus). Ils vieillissent tranquillement. D'ailleurs, Hippolyte, 2 ans 1/4 dit qu'elles "font dodo". Je me tourne ensuite vers quelques flacons espagnols. Comme ce Bodegas Arrocal, de la Ribeira del Duero, mais: millésime 2005, et 14°. Un Bodegas Valdelosfrailes 2001 aussi. Pas pour ce soir. Mes yeux se tournent vers un joli Corbières, mais il ne fera pas l'affaire non plus. Finalement (and the winner is...), ce sera un Saint-Nicolas de Bourgueil 2004 de chez David et Nicolas Drussé, donc.

Je me souviens de notre dernière visite dans les caves troglodytes de David et Nathalie. Pendant la dégustation à la pipette, j'avais été frappé par la variété de parfums et d'arômes et de goûts d'une barrique à l'autre. Par les nuances de structure, de corps et d'équilibre. Le pire, c'est que cette incroyable richesse se retrouve également chaque fois que je débouche une nouvelle bouteille. Il ne s'agit donc pas d'un vin figé, au goût standard et uniforme. Il ne s'agit pas d'un ersatz, d'un clone, d'un plagiat. Il s'agit de cette liqueur issue des profondeurs de la terre que ces vignerons ont su conquérir, concevoir et ciseler pour en faire un bonheur simple et ô combien onirique. Sa couleur est cerise foncée. Vraiment très sombre. Son nez est frais et fruité, sa bouche souple mais pas ronde non plus de par les tannins discrets. Le nez évolue vers des notes plus épicées qu'à l'acoûtumée. En bouche... Le vin développe des notes de cerise comme celles qu'on aime croquer à pleines dents l'été et dont du jus nous nous délectons. Le vin est gourmand, riche, juvénile par sa générosité fleurie et fruitée, mais pas vert. C'est un vin de fête, à partager entre amis, à boire autour d'un simple plat de pâtes par exemple. J'ai été comblé par cette bouteille. C'est ça aussi la force des grands viticulteurs: faire des vins fidèles à leur esprit, jamais figés et ayant le dont de réserver de sacrés surprises. David et Nathalie reçoivent le public avec beaucoup de gentillesse. Un petit coup de fil pour s'annoncer n'est jamais de trop!

"Y'a quelqu'un? Hé, ho! Je suis coincé dans l'ascenceur! Il y a quelqu'un?"

Nathalie et David Drussé, 1 Impasse de la Villatte, 37140 Saint Nicolas de Bourgueil. 02.47.97.98.24 / 06.88.88.77.75 - drusse@wanadoo.fr / http://www.drusse-vindeloire.com/page.php?lang=fr&pag... 

 
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