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mercredi, 29 novembre 2006

La Centième!

 

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Cette note a une saveur un peu spéciale. Au moment où je me trouve devant mon écran d'ordinateur, je ne sais pas encore de quoi elle va traiter. Je suis en train de réfléchir. Une saveur un peu spéciale disais-je car c'est tout simplement la centième. Cent notes. Je pourrais la dédier à Dorothée qui ne boit plus de vin (donc plus d'alcool) depuis qu'elle a appris qu'elle était enceinte. Je pourrais très bien me la dédier puisque j'ai un peu l'impression d'être enceinte aussi, ayant considérablement réduit les descentes à la cave depuis la décision toute naturelle de Dorothée. Aucun intérêt d'ouvrir une bouteille seul et de ne pouvoir en parler et l'apprécier en compagnie de mon épouse, elle aussi fine amatrice de bons flacons. Sinon, bonjour les scrupules: "Ca y est, je suis en train de devenir alcolo. Je descends à la cave au radar, je tends le bras, je saisis la première bouteille venue, je remonte avec et je l'ouvre. Fini le temps où je restais des heures à méditer devant les bourgognes, les languedociennes, les américaines ou les espagnoles essayant d'en saisir les secrets sans même les toucher dans le seul but de les partager. En cent notes, t'as bien changé."

Pour cette centième, je pourrais faire dans la nostalgie, me rappeler au bon souvenir lorsque je signais mes premiers posts sur VINSURVIN, ayant pour seule lumière une bougie et cherchant laborieusement les lettres sur mon clavier, et vous conter quelques anecdotes comme la fois où Robert Parker m'appela à 2 heures du matin pour me dire qu'il n'avait pas apprécié mon dernier post remettant en question ses méthodes et me signifier qu'il s'apprêtait à me poursuivre en diffamation en demandant 975OOO$ de dommages et intérêts où j'ai glissé dans l'escalier en descendant à la cave et que je me suis cassé un ongle, tout ça pour vérifier s'il me restait quelques Chablis. Mais je ne suis pas sûr que cela vous intéresserait. J'ai également pensé à une petite rétrospective, un genre de "best off" de mes meilleurs posts, avec un accès à 9,90€... Laisser mon adresse postale afin que vous me fassiez parvenir vos meilleurs flacons, en signe d'amitié et pour m'encourager à en refaire cent autres, m'a aussi traversé l'esprit. Pire, j'ai aussi pensé à une dernière, ni plus, ni moins.: "Après cent longues, fastidieuses et ennuyeuses notes, j'ai décidé de tirer ma révérence." Ou "La France du vin n'a pas jugé utile d'élever ce blog au rang des Incontournables, j'ai décidé de me retirer de la vie teochnologique française." Du haut de mon sixième étage, j'ouvrirais alors ma fenêtre pour n'apercevoir aucun quidam scander le nom de VINSURVIN ou réclamer la poursuite de sa vie malgré les difficultés économiques que connaissent les grands media français. A l'image d'un Libération, me faudrait-il licencier du personnel? Le cas échéant, ce serait la mort assurée de VINSURVIN, ne comptant qu'un seul et unique rédacteur.

J'ai pensé me prendre une grosse cuite aussi réunir quelques amis, voire quelques lectrices, dans un bar à vin du 12ème arrondissement, mais cela pénaliserait la France d'en-bas mes chers et fidèles lectrices (et lecteurs) issus de cette province que l'oin aime tant. Finalement, je me suis dit que peut-être, toi, lectrice, lecteur, aurait certainement une très bonne idée à suggérer, afin que nous puissions, sinon, nous rencontrer, au moins disserter sur le temps qui passe et les oiseaux qui se cachent pour mourir échanger le bout de gras puisqu'il est vrai que vous êtes tous de nature plutôt timide, les commentaires se faisant rares. Ou peut-être sont-ce les lecteur tout simplement. Suis-je bête! Quoi qu'il en soit, cette réflexion, mine de rien, m'aura permis de grifouiller quelques menues lignes, et je l'espère, de vous faire passer un agréable moment, motivation fort humble mais somme toute première de VINSURVIN.

17:00 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 25 novembre 2006

Le "meilleur" vin du monde

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Le viticulteur Giacomo Neri, une bouteille de Brunello de Montalcino 2001 à la main,
élu meilleur vin de l'année par le Wine Spectator. (AFP/Yahoo!.fr)

 

La scène se passe en octobre dernier dans le supermarché Champion de l'avenue de Saint-Ouen, Paris 18. Un jeune couple gay n'est pas d'accord sur quel vin acheter pour le dîner qu'ils donnent demain soir à l'occasion de leur pendasion de crémaillère qui aura lieu samedi soir rue Bridaine, tel qu'ils viennent de l'expliquer au "sommelier" présent sur place (que l'on pouvait voir au rayon poissonnerie en septembre, et à l'outillage l'été dernier) et qui visiblement n'avait pas besoin de tant de détails.

   "Non, mais, dites lui heu, quoi, j'veux dire heu, que heu, que heu, un vin récompensé à Macon heu, c'est quand même un gage de qualité. (Heu)." dit le quadragénaire aux airs d'adolescent retardé.

   "Ben, ouais." éructa l'employé.

   "T'as vu François (zheu), qu'est-ce que je disais? J'avais encore raison!" assèna l'homme-qui-faisait-confiance-aux-vins-étiquettés-médaille-d'or-à-Mâcon.

    "Oh, tu'm'soules, franchement," rétorqua François, manifestement agacé par l'arrogance de son ami, "et moi j'te dis que ce n'est pas parce qu'une bouteille de pif a été primée dans un concours de poivrots refoulés que ça garantit sa qualité. Si ça se trouve les mecs ils sentaient plus rien du goût. Tu parles, à 5 heures, ils sont ronds comme des queues d'pelles!" argumenta le jeune François, parcourant les bouteilles de Julienas et autres Moulin à Vent. 

   "Désolé, mais je crois que là, monsieur se trompe. Si un vin a une médaille à un concours, c'est qu'il est bon, c'est clair. C'est comme ma soeur, elle a un Yorkchir et elle fait des concours de beauté avec dans l'Ile-de-France, bon, ben, elle gagne pas parce qu'on son clepse c'est un bâtard, mais mon frangin lui il a un pur Rottweiler..."

   "Ok, on a compris," l'interrompit François, "bon, ok, on le prend ce Mâconnais récompensé à Mâcon. Presque 17€ pièce quand même."

A ces mots, le jeune quadragénaire-qui-faisait-confiance-aux-vins-étiquettés-médaille-d'or-à-Mâcon adressa un clin d'oeil satisfait au vendeur, qui hocha la tête, un peu gêné par un tel signe de complicité, et empoigna la barre du caddie avec une certaine énergie pour l'éconduire vers d'autres rayons.

Que doit-on penser des concours viticoles, français comme internationaux? Des testeurs qui enchaînent les dégustations? Des vins récompensés? Et, dans quelles conditions les dégustations se font-elles?  Si la vocation de ces foires d'empoigne est d'honorer un vin particulièrement réussi par une somme de connaisseurs en la matière, chacun reste libre de se faire sa propre opinion et donc d'aimer ou de ne pas aimer un vin, quelle que soit son origine, son cépage et son prix. Cependant, l'adage selon lequel "Des goûts et des couleurs, il ne faut pas discuter" m'est toujours apparu comme un peu désuet, pour ne pas dire faux. Je ne sous-entends pas que certains, un groupuscule élitiste de sages intellectuels aux airs supérieurs, détiendraient les rênes du (bon) goût. Et que d'autres, littéralement dénués de la moindre capacité à établir un jugement probant et pertinent lorsque les conversations portent sur le beau et le moche, le bon et le mauvais, l'excellent et l'exécrable, n'auraient qu'à se tourner vers des sujets n'engageant surtout pas leurs responsabilités gustatives, visuelles et sonores. Quoique. Quand on voit les goûts de certains, on se dit qu'ils n'en ont pas! C'est bien là tout le problème. Alors, le goût serait-il inné? Se travaillerait-il? S'obtiendrait-il? Il faut croire que oui. Prenons un exemple concret. Sélectionnons un sommelier et un consommateur de vin lambda (ou un amateur de Bordeaux, ce qui revient au même). Lors d'une dégustation à l'aveugle, pourquoi porterait-on une oreille plus attentive au discours de Robert LIE, ce jeune norvégien meilleur sommelier d'Europe 2006, qu'à celui de René Le Corvisard, plombier-chauffagiste à Saint-Ouen dans le 93, qui profite un an sur deux de la foire aux vins (à moins de 3€) du Carrefour de Saint-Denis?

Je me souviens avoir ouvert (rien qu') un premier cru  Aloxe-Corton 1999 Les Valozières de chez Comte Senard (seul grand cru rouge de la Côte de Beaune) à un collègue m'ayant rendu de fiers services il y a quelques années, et m'ayant assuré s'y connaître super bien en vin. La robe de ce grand Bourgogne arborait des tons rubis-pourpres aux reflets violines. Je crus que j'allai tomber raide lorsque je le portai à mon nez afin d'en humer les différents arômes, d'en saisir les subtilités et de me plonger dans l'atmosphère que dégagent les ballades au coeur de la campagne bouguignonne. Des fruits rouges de cassis très mûrs et de mûres sauvages. Prendre son temps, profiter de l'instant en hédoniste, en épicurien. La bouche était sans pareil: fruitée, grasse, superbement équilibrée entre puissance et élégance. Les tanins suaves et exempts de dureté. Une finale élégante et remarquablement fine. 

Je vous épargne son protocole. Mais je me souviens de son "analyse" après avoir bu presque d'un trait son premier verre alors que je n'en étais qu'à l'observation de la robe. 

   "Ah, il est pas mal, un peu vert, non? Nous, on touche un Bourgeuil, super bon, et puis, attention les yeux, 1,60€ la bouteille. Et su-per-bon! Imbattable, hein, qu'est-ce t'en dis?"

   "Imbattable."

   "Non, enfin, j'veux pas dire, il est bon ce vin, mais, c'est quoi?"

   "Heu, un p'tit Bourgogne."

   "Ouais, c'est le problème des bourgognes, t'es jamais sûr, je trouve ça trop, heu, tu vois, pas assez, heu, et puis bon c'est vrai qu'un p'tit Bourgeuil bon, heu, c'est leur goût que j'aime bien. Y'a rien'd'tel, hein?! Ha! J'touche un Côtes de Bordeaux à 3,20€, bon, ok, plus cher, mais bon, si tu veux d'la bonne camme, faut mettre le prix."

Nous passâmes directement du hors d'oeuvre au dessert. Et ce jour là, je ne sais pas pourquoi, le joint de la cafetière italienne lâcha. Nous fîmes donc un instantané, que notre homme trouva "super bon".

En substance, je me rends compte en effet qu'on ne discute pas des vins et couleurs. Ca vaut mieux comme ça.

mardi, 21 novembre 2006

Salon des Vignerons Indépendants Porte de Versailles du jeudi 23 au lundi 27 novembre 2OO6 (piqûre de rappel)

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Comme chaque année, et du jeudi 23  au lundi 27 novembre, c'est la foire d'empoigne au salon des vignerons indépendants porte de Versailles à Paris. Des centaines d'exposants (1OOO, indique l'invitation), des dizaines de régions viticoles représentées et surtout, l'enfer sur terre avec ces milliers de visiteurs qui vous marcheraient dessus pour gratter un morceau de saucisson avec un verre de pinard. C'est bien comme cela que ça se passe? Et pourtant je n'y suis jamais allé. C'est certainement le dernier endroit sur terre où faire une dégustation. A l'image des journalistes du Wine Spectator qui "dégustent" des vins dont les bouteilles sont enveloppées dans des sacs type Mc Do, à la lumière des néons et à température climatisée, les conditions de dégustations dans les salons sont rédibitoires. Cependant, ces foires n'ont pas que des inconvénients. Surtout les vendredi ou lundi après-midis où l'atmosphère devrait être un peu plus civilisée. Cette biennale du vin français permet de rendre visite à ces vignerons que l'on voit d'habitude chez eux, échanger le bout de gras, rester en contact. Après avoir passé commande par téléphone, il n'y aura plus qu'à aller chercher ses cartons. On n'aura donc pas de mauvaises surprises. On complètera également sa cave auprès de vignerons issus de régions lointaines, comme la Corse par exemple. Et puis, allez, on boira bien un p'tit coup de quelquechose. Même sous les néons!

Je n'ai pas de cave, mais j'irais bien y faire un tour pour me faire plaisir. Comme m'y prends-je et qu'achète-je?

Conseil pratique numéro un: éviter samedi et surtout dimanche, donc. Si en plus le temps devait être maussade ce week-end, votre promenade dominicale aura vite fait de se transformer en crise d'agoraphobie aiguë. Conseil numéro deux: allez rendre visite à ces gens là, vous ne devriez pas être déçu!

LA BOURGOGNE................................................................................................

CHABLIS: Domaine de la Meulière. De superbes  "Chablis" à partir de 9,OO€. Des gens très sympathiques.  Allée  G, stand 55. (G-55). Je m'arrête à Fleys (89) depuis 5 ans.

GEVREY-CHAMBERTIN: Domaine Dupont-Tisserandot. Des grands vins de Bourgogne à partir de 25 €, pour les grandes occasions. Je souffre d'avoir décidé d'attendre quelques années avant d'ouvrir les 1ers Crus. (Petite Chapelle entre autre) (A-21) 

LES COTES-DU-RHONES...................................................................................

GIGONDAS et CROZES-HERMITAGE: DOMAINE GRAND ROMANE. (R-30). On peut faire confiance à la famille Amadieu dont la réputation n'est plus à faire. Dès le mois de novembre et jusqu'en mars, ces vins aromatiques, charpentés, ayant du corps et de la grâce feront merveille avec vos viandes rouges et plats en sauces. 

LE LANGUEDOC..................................................................................................

FAUGERES: Chateau Haut-Fabregues. (N-23). A Cabrerolles, on ne fait que du bon vin. Oui, Monsieur. Voir note sur Faugères par ailleurs.

LE BEAUJOLAIS.................................................................................................

MORGON: Domaine de Leyre-Loup. Corcelette 2OO4: Rouge soutenu, au nez très plaisant de cerise et de canelle. Un vin qui ne joue pas sur la puissance mais se montre très réussi pour le millésime, avec sa bouche ronde et aromatique, élégante et bien équilibrée. Guide Hachette 2007. (L-19)

LE VAL DE LOIRE................................................................................................

Nous entrons dans l'automne et vous prendrez beaucoup de plaisir à boire certains vins avec des omelettes aux champigons, des tourtes ou des quiches aux saveurs automnales. Malheureusement, "mes" producteurs ne seront pas là, je pense notamment à Laurent Gilloire et Sandrine Soudrais de Cravant-les-Coteaux, et aux Drussé de Saint-Nicolas de Bourgueil. A vous donc de dégotter un(e) vigneron(ne) sympa, de Chinon ou Saint-Nicolas de Bourgeuil, qui vous plaise et dont le vin vous parle! Il y en aura forcément un(e)!

CORSE...............................................................................................................

PATRIMONIO: Domaine Leccia. Superbe. Tout simplement! Lire note par ailleurs. (B-59)

vendredi, 17 novembre 2006

Beaujolais bis

 

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Trêve de plaisanterie, y'a (quand même) le beaujo qui débarque, et là, ça rigole plus. Les puristes, les chômeurs, les gars en vacances ou en RTT l'ont goûté hier, ça va de soi: c'est quand même des purs et eux le respect de la tradition, et ben, y savent encore qu'est-ce que c'est. C'est pas comme ces bourgeois qui ne sortent que le week-end dans des salons de thé, et qui, en plus, ne boivent (surtout) pas de bojo, (parce que c'est absolument rédibitoire ou que ça a le goût de lessive) mais du Brouilly. J'ai même vu un type boire du Morgon un coup, alors là, j'ai pas pu m'empêcher de lui dire. Les purs étaient donc du côté du Marché Saint-Honoré parce que en bars à vin célébrant le B.N., affectivement, il y a ce qu'il faut, même sous la pluie comme c'était le cas hier soir. Pour les autres, jetez donc un oeil sur votre droite, dans la colonne "catégories" puis cliquez sur BAR A VIN ou ICI pour les rebels. La préférence va quand même pour le Baron Rouge, place du Marché d'Aligre dans le 12ème, parce que, bon, voilà, quoi. Allez, à la vôtre! (PS: l'abus d'alcool est dangeureux pour la santé. Buvez avec modération. Non, mais, d'accord, mais moi j'conduis pas.)

Beaujolais nouveau à Paris

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Toutes mes excuses à ceux et celles qui se sont précipités sur VINSURVIN pensant dénicher une bonne adresse sur Paris pour fêter l'arrivée du Beaujolais Nouveau. La vérité, c'est que j'ai bien failli le snober. Peu enclin à boire un "coup" en semaine (quand bien même serait-ce du vin) et blasé de boire des liquides rapeux, complétés aux sulfites et garantissant une migraine le lendemain, le beaujolais ne serait pas d'actualité cette année. Problème: si tu ne vas pas au beaujolais, le beaujolais viendra zà toi.

Déboulant à 18h00 et des poussières dans le prodigieux hall de la gare d'Auber - une espèce de cathédrale moderne bleue et orange illuminée de néons faibles et agonisant vous mettant dans un état léthargique oscillant entre cafard automnal et  dépression chronique urbaine, une dame arborant un tablier Nicolas me tend un gobelet de la substantifique potion et me dit "c'est du Village, il est bon!". Trois insultes simultanées en à peine 5 secondes: je ne pouvais donc qu'afficher une moue condescendante, voire un regard dédaigneux, et passer mon chemin. Mais il n'en fut rien! Ces cinq secondes me suffirent en effet pour entendre raisonner au plus profond de moi-même que si ça se trouve tu vas te faire écraser par un bus dans l'avenue de l'Opéra, sans même avoir bu un dernier petit canon, le dernier remontant à... déjà fort longtemps, ce serait vraiment ballot, arrête-toi, goûte-le et rien ne t'empêche de poursuivre ta route les mains vides. Au son de mon moi caverneux - mais lucide -  je m'exécutai tel un robos décérébré. Les yeux sur le fluide puis le nez dans le gobelet, j'avalai ma vénielle dosette et m'apprêtai à délivrer ma sentence quand la dame au tablier m'interrompit: 

     "Je vous sers du Nouveau, mais vous verrez, il est moins bon. Goûtez".

Coupé dans mon élan, je n'avais semble-t-il pas d'autre choix que d'obtempérer. Je me trouvai bien docile soudainement et allai jusqu'à lui répondre, fébrilement:

     "En effet, il est nettement moins bon". "Vous voyez, je vous avais dit."

Je l'aurais servi en premier me dis-je mais ne voulant me lancer dans un combat perdu d'avance ajouté à l'incapatité intellectuelle d'argumenter sur quoi ce fut, molusque de fin de journée que j'étais, je me tus. Quelle culture oenologique, réussis-je à me formuler, quelle culture du produit et surtout, quel bouquet lexical. 

     "Je vous en mets un Village alors? Voilà, 5,60€... merci, et voilà 40 qui font 6. Bonne soirée!"

Affublé de mon sac jaune et de mon cartable, je me retrouvai à marcher le long de cet interminable couloir, dans lequel s'entremêlaient les bruits de pas et la voix de ce personnage ayant vraisemblablement capté l'attention d'un autre molusque, encore plus écervelé cependant, puisque je n'entendis que "je vous en mets trois Nouveau alors? Voilà..."

dimanche, 12 novembre 2006

Viva Espana!

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Après un détour par les Etats-Unis, le Chili et l'Argentine, une halte aujourd'hui en Espagne afin de découvrir ce que ce pays à la tradition viticole millénaire a de beau (et de bon) à nous offrir. Si la Rioja reste la région phare du pays de la paëlla (à l'image du bordelais en France), l'Espagne propose aujourd'hui une gamme riche et variée de vins, notamment grâce à un terroir et des régions dont les personnalités s'affirment bien distinctement, comme c'est le cas en France ou en Italie. Cruelle différence avec les marques bordelaises ou californiennes, dépourvues, elles, de toutes subtilités liées au sol. En même temps, s'il ne fallait retenir que deux appellations espagnoles en rouge, ce serait certainement Rioja et Ribera del Duero.  Ces vins rouges sont puissants, concentrés mais restent sur le fruit. la Rioja développe souvent des notes de fraise alors que le Ribera del Ruedo est assez boisé et développe des notes de prune et de mûre. A noter que les Priorato sont des vins élaborés dans la plus pure tradition locale, le résultat donne des vins extrêmement concentrés et épicés. VINSURVIN n'aura pas la prétention ici de faire le tour du vignoble espagnol (comme le firent les "journalistes" de la Revue des Vins de France en juillet-août 2005) mais s'essaiera volontier, par ses diverses et récentes expériences, de vous guider vers une première approche des bodegas espagnols. Pour ce faire, petit détour par une épicerie fine espagnole de la rue Legendre, dans le quartier Guy Môquet du 17ème arrondissement de Paris.

La boutique répondant au joli nom de Sol & Vino est située au 164, passé le cabinet d'un médecin, et en amont d'une délicieuse pâtisserie algérienne implantée dans le quartier depuis cet été. En face, un hôtel. Non loin de là, une coopérative bio. La rue est calme et se caractérise par sa longueur puisqu'elle finit sa course est-ouest après la rue Levis pour se fondre dans l'Avenue de Villiers. Cela faisait un moment que je lorgnais sur Sol & Vino: il fallait juste se décider à entrer. Ce fut chose faite lors du promenade de fin de journée avec Hippolyte, le petit homme âgé de deux ans qui prend le tire-bouchons, encore munis de son apparat de liège et tout suintant de vin, pour le porter à son nez et en sentir les différents arômes. Mais qui imite-t-il donc?

Je suis tout de suite attiré par le choix de vin, assez important (disons, pour la taille de la boutique), et par la variété. Espagne, donc, et Corse sont représentées. Et oui, il y a même un joli choix de Patrimonio auxquels on fera confiance à l'avenir, même s'ils ne sont pas issus du Domaine Leccia. Moi qui ne suis entré que pour jeter un oeil, mon choix se porte sur deux flacons! On ne sait jamais, me dis-je, si un voisin - ou une voisine - espagnol venait à s'installer dans l'immeuble, ou si Anna-Maria, la collègue professeur d'espagnol devait partir en retraite anticipée... Encore faudra-t-il qu'elle se dépêche car il me tarde de les goûter. Ah, trop tard! Pas que Anna-Maria soit morte ou ne soit partie en retraite. Le vin a été bu. Un copain dont les grand-parents avaient des amis dont les voisins avaient des ancêtres catalans. Quel hasard! Et surtout, belle occasion donc de déboucher une bouteille de vino rojo! Mais rien ne m'empêche de repasser le pas de la porte de ma nouvelle épicerie, à deux pas de la maison. En espérant qu'Anna-Maria tienne le coup. Je la trouve fatiguée en ce moment.

Le vin. La première sélection se fait sur un Mayor de Castilla issu de la région Ribera del Duero, située en plein centre- nord de l'Espagne, à deux cent kilomètres au sud de Bilbao et cent au nord de Madrid, pour être précis. Considérée comme un véritable eldorado des vins d'Espagne, la Ribera del Duero a été, selon mes religieuses lectures, la première appellation à faire concurrence à une Rioja longtemps souveraine. 100% issu d'un cépage Tinto (parfois assemblé à du cabernet-sauvignon), le Mayor de Castilla me rappelle un Minervois de par son nez corsé, puissant, poivré. Une robe grenat aux reflets violines. Un nez ouvert, agréable et assez "typé". Il dévoile des arômes de fruits rouges très mûrs, presque macérés dans l'alcool. Epices et réglisse réhaussées par des notes boisées sont significatives. La bouche est riche, pleine, pas d'une grande complexité mais extrêmement généreuse. Bémol: elle n'est pas tout à fait à la hauteur des promesses émises par le nez. Mais on est vite séduit par les notes de fruits rouges mais aussi de maquis, de cigare. Assurément un très joli vin, qui se mariera avec un plat en sauce.

medium_Gran_Sangre_del_Toro.jpgQuittons le centre-nord de l'Espagne pour nous rendre sur la côte est, en Catalogne, au coeur de Penedès, à deux pas de la mythique ville de Barcelone. Nous y découvrons notamment un subtil (et très connu chez les amateurs) Gran Sangre del Toro, produit par la grande famille Torres. Né d'un assemblage de cépages typiquement espagnols (Garnacha, Cariñena et Syrah), ce vin est, selon les millésimes, notamment marqué par d’affriolants arômes de cerises confites, d'exhubérantes notes de mûre, de cassis bien mûr. Notre Gran Sangre 2001 (donc, Reserva) a révélé des notes appuyées de mûre effectivement. Le vin nous a conquis par sa subtilité, sa finesse, pour ne pas dire son raffinement. Remarquablement équilibré, il présente des tannins soyeux, fondus, discrets. Après ouverture, les fruits s'effacent pour laisser place à des notes de bois noble et de cigare, mais de façon très homogène et réservée. Ce vin laisse également l'image d'un vin somme toute discret, humble et élégant. Je précise que j'ai servi ce vin à l'apéritif avec des carottes fraîches et des petits fours. Il a conquis mon hôte, grand amateur certes, mais fin critique. On ne peut, en substance, qu'être charmé par cet espagnol. Il fut intéressant de le comparer avec le Cabernet-Sauvignon de Mendoza (Argentine) qui fut ensuite présenté. Deux écoles radicalement différentes. Le Mendoza apparut comme un produit figé, mais finalement peut-être un peu plus complexe. L'association n'était pas franchement judicieuse je dois l'avouer mais il me tenait à coeur de les mettre en parallèle.

Pour compléter notre approche des vins espagnols, et pour les plus fortunés ou les gens à cours d'idées pour Noël, il est possible de se tourner vers des vins que l'on peut sans problème comparer avec certains très grands vins français, élaborés en Bourgogne, comme chacun sait! Ainsi, les Faustino ou Siglo de Rioja, ne serait-ce que Crianza (moins de trois ans d'âge), en épateront plus d'un. Mais avant de monter dans les hautes sphères du savoir-faire espagnol, je vous invite donc à vous pencher sur nos deux sélections: Mayor de Castilla (Cosecha 2004 sera parfait) de la Ribera del Duero et Gran Sangre del Toro (Reserva 2001), de chez Torres devraient faire bien des émules parmis vos invités! "Allo, Anna-Maria? Dis-moi, je me disais, vendredi soir prochain..."

Sol & Vino, 164 rue Legendre, 75017 Paris. Tél: 01.42.63.93.80

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carte des principales régions de production espagnole.
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carte des principales appellations espagnoles.

  Appellations

L'Espagne a défini une quarantaine d'appellations ayant droit à l'appellation D.O. et D.O.C. qui se répartissent sur les différentes régions viticoles indiquées sur la carte en figure 2.

Cataluña C. Valenciana Aragón Murcia Castilla La Mancha Navarra
Alella
Penedés
Tarragona
Terra Alta
Cava
Ampurdan Costa Brava
Costers del Segre
Priorato
Alicante
Utiel-Requena
Valencia
< Calatayud
Campo de Borja
Cariñena
Somontano
Jumilla
Yecla
Almansa
Méntrida
La Mancha,
Valdepeñas
Mondejar
Manchuela 
Vinos de Madrid
 Navarra 
Rioja País Vascos Castilla y León Extremadura Galicia Andaloucía
Rioja (D.O)
Rioja (D.O.C)
< Chacolí Cigales
Toro
Bierzo
Rueda
Ribera del Duero
Pas de D.O. Ribeiro
Valdeorras
Rías Baixas
Monterrei
Ribeira Sacra 
Condado de Huelva
Montilla-Moriles
Málaga
Jerez-Xérès-Sherry

L'Espagne possède aussi des estampilles pour définir et garantir le degré de vieillissement du vin. On distingue :

  • Vino de crianza : vin qui a 3 ans dont au moins une année passée en barrique
  • Vino de reserva : 3 ans de fûts ou bouteilles, au moins 1 an de fût
  • Vino de gran reserva : 2 ans de fûts et 3 ans de bouteille

Merci à http://technoresto.org/vdf/europe/espagne/index.html.

dimanche, 05 novembre 2006

22 v'là CHAI PIERRE!

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Question: dans quelle ville trouve-t-on les briochains et les briochinnes ? A Brioche? A Saint-Brioch'? A Brie en Vendée? Quelques indices. Région: Bretagne. Non, pas Saint-Briac! Préfecture des Côtes d'Armor (22). Pas Bréhec non plus! Plus connue pour sa baie et ses coquilles saint-jacques... Pas trouvé? Alors, j'ai nommé: Saint-Brieuc. Point de vignes dans cette ville aux accents gallos mais de bonnes caves où trouver du bon vin.

medium_chez-rollais_.jpgAu sortir du bar à vin Chez Rollais (voir photo ci-contre) - un endroit ô combien chaleureux où j'ai pu déguster un excellent Mâcon-Solutré (merci Bernard pour tes bons conseils) - et avant de passer à table chez le non moins sublime Al Manara (cuisine traditionnelle et gastronomique libanaise), mon ami Fred m'apprend qu'il est possible de boire un verre dans une des deux caves briochinnes, en l'occurence les Caves Bretonnes, CHAI PIERRE. "Lapéro" comme il l'appelle y est servi les jeudi, vendredi et samedi soirs. Je connais l'endroit pour y avoir acheté un excellent Ménetou-Salon il y a quelques temps et être tombé sur quelqu'un de très compétent . Ni une, ni deux, CHAI PIERRE est à deux pas de Chez Rollais, one again! (Oui, en effet, les séjours en Bretagne sont l'occasion de sympathiques découvertes et de moments fort festifs...).

CHAI PIERRE se caractérise par sa très jolie devanture style vieux bouclards d'avant-guerre où l'on entendrait presque la cloche sonner lorsque l'on passe le pas de la porte vitrée. Les murs de droite et de gauche sont tapissés d'une variété de bouteilles assez impressionnantes. Il y en a pour tous les goûts, tous les prix. Les murs sont en espèce de brique rouge et confèrent au lieu une atmosphère chaleureuse. Au fond à droite, sous cadres, deux immenses plans des vignobles de Côtes de Beaune et de Nuits, avec le détail des différents climats. L'homme à la chevelure longue et brune qui nous acceuille a dans les 35 ans et affiche un goût certain pour l'élégance, les choses raffinées. Il est très avenant. Et très pris au téléphone! Pas le temps de réfléchir longtemps sur ce que l'on va déguster: "Je vais vous faire goûter quelquechose." Il s'agit d'un blanc de Savigny-lès-Beaune, tout simplement remarquable. Nous allons longuement discuter vin et notre interlocuteur s'avère très à l'écoute et friand d'anecdotes autour du vin. Séjour de quelques années en Bourgogne, expériences riches et variées dans le monde du vin, diplôme d'oenologue en poche, Pierre Daniel a ouvert sa boutique il y a de cela un an dans le coeur de Saint-Brieuc. Fin gourmet également, il sait aiguiller ses clients sur les bons accords mets et vin. Au détour d'une conversation sur le Domaine des Estanilles à Faugères, il n'a pas manqué de nous montrer un blanc de chez Michel Louison. Avant de partir, lui indiquant que nous allions manger libannais, il a trouvé le moyen de nous sortir un Côteau du Languedoc (à dominance Syrah, parfumé, robuste et généreux) qui nous mit grandement en appétit. Comme vous n'aurez pas manqué de le constater, il n'y a pas qu'à Paris que l'on peut dénicher de bons bars à vin et passer de très bons moments.

CHAI PIERRE, Cave, dégustation, Lapéro - 8, rue Michelet, 22OOO Saint-Brieuc. Tél: 02.96.33.40.82

15:30 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 03 novembre 2006

Promenons-nous dans les bois, voir si...

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Si Bretagne ne rime pas forcément avec Champagne ou Chassagne, Breton rime belle et bien avec Chinon, Menetou-Salon ou encore Morgon. Mercredi matin, munis de paniers en osier, de couteaux affûtés et de bonnes paire de bottes, direction la forêt de l'Hermitage Lorge, en Côtes d'Armor. A peine sortis de la voiture, nous sommes saisis par les odeurs de sous-bois, d'écorce et de terreau. L'air est d'une telle fraîcheur et d'une telle pûreté qu'il vous traverse le corps par tous les pores. Chaque bouffée de CO2 et de chlorophile inhalée envahit votre personne pour vous signifier combien vous êtes vivant et combien faites partie des lieus à part entière. Même le sol ondule d'énergie sous vos pieds.

Il va maintenant falloir éviter la chevrotine des chasseurs (ce serait fâcheux) et ratisser la forêt à l'affût de ce qu'elle offre de plus subtile: les champignons. Accompagnés de deux connoiseurs, l'objectif est de trouver 4, 5 types de champignons: chanterelles, cèpes de Bordeaux, coulemelles, bolets, clavaires crépues (plus connus sous le nom d'éponges) et pieds de mouton. En l'espace de deux heures, nous cueillons quelque 5 à 6 kilos de champignon. Les chanterelles sont les plus faciles à trouver: elle tapissent certains coins de la forêt. Nous trouverons également quelques magnifiques cèpes de Bordeaux, bolets et pieds de mouton. Le midi, en fricassée, assortis avec des pommes de terre et des haricots, ils accompagneront des cotes de  porcs. Quel bonheur, quelle fierté, quel pied de manger ce que l'on a soi-même ceuilli!

Et le vin dans tout ça? Le Cabernet se marie à merveille avec des champignons. Des vins relativement rustiques tel que certains Chinon ou Saint-Nicolas de Bourgueil conviennent parfaitement dans le sens ou ils sont produits dans des régions qui offrent, elles aussi, des atmosphères comme celle décrite ci-dessus. Bien sûr, bourguignons, blanquettes, tartes salées apprécieront des produits fraîchement cueillis dans nos forêts. Et les vins qui vont avec. J'oubliais, si l'alcool est dangeureux pour la santé, attention à ne pas ceuillir n'importe quoi! Un passage dans votre pharmacie avec votre ceuillette risque de vous éviter bien des déconvenues... 

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Chanterelles fraîchement ceuillies!

 

 

 
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