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samedi, 01 mars 2008

La décision que je n'ai pu prendre.

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VINSURVIN EST EN VACANCES. DIEU MERCI, J'AI FINI PAR TROUVER LE SEUL CAFE INTERNET DANS CES MONTAGNES PYRENEENNES. IL FAUT DIRE QU'IL ETAIT BIEN CACHE. INUTLE DE VOUS DIRE QUE VOTRE HUMBLE SERVITEUR SE REGALE AVEC LES VINS DU SUD-OUEST... JE SUIS TOMBE SUR UN PECHARMANT !!! SANS COMPTER CE PETIT COTES DE SAINT-MONT. COMPTE-RENDU A LA RENTREE !

N'OUBLIEZ PAS LE PROCHAIN TUPPERWINE DU 11 MARS 2008 ET LE QUIZ QUI VOUS PERMETTRA DE DECROCHER UNE INVITATION. C'EST LES VACANCES, ALORS JE VOUS PROPOSE UNE REDIFFUSION D'UNE PETITE NOUVELLE FAITE-MAISON. ET PUIS, IL Y A DE QUOI LIRE PAR AILLEURS!  A TRES BIENTOT.

    L'heure était grave. J'en aurais tiré les rideaux, fermé les volets, mis les drapeaux en berne tant un séisme s'apprêtait à bouleverser ma vie. Simple évolution chimique ou vrai désir de changement, j'étais en train de devenir différent. Ou complètement fou. Déraisonnable. Ou psychotique. En tous cas, je m'apprêtais à prendre une terrible décision.

   Voilà longtemps que l'idée germait, que je me disais franchement ce serait mieux comme ça. Réfléchis, la vie ne serait pas pire, tu ne t'en porterais que mieux. Bien sûr, au début tu éprouverais quelques difficultés, mais avec le temps... Et puis tel un Jack the Beanstalk, le projet mûrit, l'objectif germa. Et la sentence tomba, un beau matin, au levé du lit, comme ça, soudainement. Sur le coup cela me surprit  un peu. Je m'étais déjà senti capable de grandes décisions, de prises de position franches et définitives (comme débarrasser la table ou descendre les poubelles une fois par semaine) mais cette attitude radicale ne ressemblait pas aux traits de caractère que l'on m'attribue volontier. Non, c'est vrai, je suis plutôt du style consensuel, diplomate, souple. Empreint d'un caractère certes affirmé, trempé même à bien des égards, je suis d'une tendance vigoureusement nonchalente, voire énergiquement flegmatique- par déformation professionnelle certainement. Peut-être finalement avais-je trop abusé. Peut-être avais-je accumulé un certain nombre de signaux forts qui devaient un jour resurgir, comme ça, un matin, à 6h50, au son de France Info.

   J'essayai de m'interroger sur cet état de fait, sur cette transformation, pour ne pas dire, cette mutation. Vers Dorothée, ma femme, je me tournai.

   "Mais oui, c'est ça, et demain tu y reviendras. Tu en es tout simplement incapable!" me dit-elle, l'air circonspect.

Je consultai un ami passé par cette phase voilà quelque temps et son verdict fut sans appel:

   "Ce n'est pas une décision facile, c'est certain," m'avoua cet ami fidèle," mais si tu sens que c'est le moment, il ne faut pas hésiter. Ceci dit, je suis assez surpris que cela te prenne à l'âge que tu as. Peut-être faudrait-il que tu prennes conseil auprès de ton médecin?"

   L'idée m'avait effleuré l'esprit mais les mots prodigués par un ami (ayant vécu le même syndrome qui plus est) me confirmèrent dans l'idée qu'il fallait effectivement que je me penchât sur la question plus en profondeur.

   "Ecoutez, pour ne rien vous cacher, il est vrai que vous commencez un peu tôt. Je n'y vois pas pour autant de signes avant-coureurs de quelconque traumatisme symptomatique d'un dérèglement psychomatique. Bien au contraire..." analysa le Dr Chardonnet. 

   "Vous me rassurez, docteur!" l'interrompai-je avant qu'il ne poursuive.

   "Cependant, je préférerais que vous fassiez des examens complémentaires." Ces derniers ne donnèrent rien et mon médecin traitant ne vit pas d'inconvénients à ce que j'appliquât mon plan.

   Le premier week-end ne fut pas facile mais je parvins à combler ce léger manque par des substitutions très convaincantes. Je ne remplaçai pas un élément par un autre, loin de là, mais je sus je pense ouvrir les yeux sur des apsects gustatifs de la vie que j'avais négligés, voire méprisés, jusqu'à présent. Ma femme ne me regarda pas d'un si bon oeil et finit par me dire qu'elle se sentait un peu inquiète. Au fil des semaines, elle me trouva différent. Pas mieux, pas pire. Simplement, différent.

   Un mardi soir, après que nous eûmes accompagné nos convives sur le pas de la porte, Dorothée se tourna vers moi et me dit d'un air grave:

   "Il faut qu'on parle. Ca ne peut pas durer comme ça."

   "Mais bien sûr ma chérie, de quoi s'agit-il?" lui demandai-je l'air inquiet mais ayant toute fois une vague idée du sujet qu'elle s'apprêtait à aborder.

   "Ecoute, depuis que tu as pris cette décision, je te l'ai déjà dit, je te trouve..."

   "Différent." l'interrompis-je d'un ton affirmatif.

   "Différent. Je te trouve, je ne sais pas, comme habité par une certaine mélancolie. Les dîners entre amis manquent de cette patte qui était la tiennne lorsque l'avant repas était ponctué de ce rite immuable." confia-t-elle un peu désabusée.

   "Mais, écoute, laisse moi un peu le temps de m'adapter, de m'accoutumer à ces nouveaux usages." rétorquai-je.

   "Je ne suis pas certaine que cela te convienne et que cela soit une bonne chose pour ta santé et pour notre vie sociale." argumenta-t-elle.

   Cette conversation revint sur le tapis à plusieurs reprises non seulement entre moi et ma femme mais également dans la bouche de mes amis les plus proches. Je sentais en effet que Dorothée se faisait de plus en plus vindicative et que mes amis tendaient à décliner mes invitations de plus en plus régulièrement. Je dus donc bien me rendre à l'évidence et revenir sur ma décision. Ce ne fut pas une chose facile. Je me voyais face à un vrai dilemne: m'enferrer dans mon jusqu'au-boutisme au risque de perdre mes amis - voire ma femme - ou m'assouplir et revenir sur un aspect de ma vie sociale qui, il est vrai, avait jusque là suscité bien des polémiques. Ma tête et mes jambes m'en tiendraient certainement rigueur: c'est pour elles que j'avais pris cette décision. Elles qui m'avaient parfois fait tant souffrir les lendemains de "bouffes" entre copains ou de diverses fêtes en famille.  Migraines et crampes, en effet, agrémentaient souvent les petits déjeuners, et les longues heures qui les suivaient. Elles furent de fait les facteurs déclenchant.  Cependant, je dois avouer que  j'étais nostalgique de ces parfums, ces arômes et ces découvertes sans cesse renouvelées que mon ancienne vie me procurait. Ma décision était prise, j'allais revenir sur ma décision!

   Je décidai alors d'organiser un grand dîner pour fêter la nouvelle. Et de remettre à table l'élément qui avait suscité tant de controverses: le vin.   

 

Commentaires

Il est vrai que... Cet étrange état... a bien duré une demie-journée...

Écrit par : Christophe | mercredi, 22 novembre 2006

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