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vendredi, 17 novembre 2006

Beaujolais nouveau à Paris

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Toutes mes excuses à ceux et celles qui se sont précipités sur VINSURVIN pensant dénicher une bonne adresse sur Paris pour fêter l'arrivée du Beaujolais Nouveau. La vérité, c'est que j'ai bien failli le snober. Peu enclin à boire un "coup" en semaine (quand bien même serait-ce du vin) et blasé de boire des liquides rapeux, complétés aux sulfites et garantissant une migraine le lendemain, le beaujolais ne serait pas d'actualité cette année. Problème: si tu ne vas pas au beaujolais, le beaujolais viendra zà toi.

Déboulant à 18h00 et des poussières dans le prodigieux hall de la gare d'Auber - une espèce de cathédrale moderne bleue et orange illuminée de néons faibles et agonisant vous mettant dans un état léthargique oscillant entre cafard automnal et  dépression chronique urbaine, une dame arborant un tablier Nicolas me tend un gobelet de la substantifique potion et me dit "c'est du Village, il est bon!". Trois insultes simultanées en à peine 5 secondes: je ne pouvais donc qu'afficher une moue condescendante, voire un regard dédaigneux, et passer mon chemin. Mais il n'en fut rien! Ces cinq secondes me suffirent en effet pour entendre raisonner au plus profond de moi-même que si ça se trouve tu vas te faire écraser par un bus dans l'avenue de l'Opéra, sans même avoir bu un dernier petit canon, le dernier remontant à... déjà fort longtemps, ce serait vraiment ballot, arrête-toi, goûte-le et rien ne t'empêche de poursuivre ta route les mains vides. Au son de mon moi caverneux - mais lucide -  je m'exécutai tel un robos décérébré. Les yeux sur le fluide puis le nez dans le gobelet, j'avalai ma vénielle dosette et m'apprêtai à délivrer ma sentence quand la dame au tablier m'interrompit: 

     "Je vous sers du Nouveau, mais vous verrez, il est moins bon. Goûtez".

Coupé dans mon élan, je n'avais semble-t-il pas d'autre choix que d'obtempérer. Je me trouvai bien docile soudainement et allai jusqu'à lui répondre, fébrilement:

     "En effet, il est nettement moins bon". "Vous voyez, je vous avais dit."

Je l'aurais servi en premier me dis-je mais ne voulant me lancer dans un combat perdu d'avance ajouté à l'incapatité intellectuelle d'argumenter sur quoi ce fut, molusque de fin de journée que j'étais, je me tus. Quelle culture oenologique, réussis-je à me formuler, quelle culture du produit et surtout, quel bouquet lexical. 

     "Je vous en mets un Village alors? Voilà, 5,60€... merci, et voilà 40 qui font 6. Bonne soirée!"

Affublé de mon sac jaune et de mon cartable, je me retrouvai à marcher le long de cet interminable couloir, dans lequel s'entremêlaient les bruits de pas et la voix de ce personnage ayant vraisemblablement capté l'attention d'un autre molusque, encore plus écervelé cependant, puisque je n'entendis que "je vous en mets trois Nouveau alors? Voilà..."

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