Avertir le modérateur

dimanche, 29 octobre 2006

Accords mets et vins pour les nuls! (Rectif)

medium_0507_bouteilles_web_comp.jpg

 

1. Apéritif dinatoâre:  CLIC ICI

2. Soirée "Petit meurtre entre amis": CLIC ICI

3. Que boit-on avec le dessert lorsque l'on rentre à pied? CLIC ICI

4. Dilemne culino-viticole du 1er mai: CLIC ICI 

5. Pendons les adeptes du Ricard. (Quel vin à l'apéro entre potes?) CLIC ICI

 

12:20 Publié dans VIN & METS | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 27 octobre 2006

L'adresse de la semaine

medium_portraits_publicsprives.jpgAprès avoir passé un bon moment au Grand Palais, où se déroule actuellemment la bonne exposition PORTRAITS PUBLICS, PORTRAITS PRIVES (qui rassemble des oeuvres de David, Ingres ou encore Gainsborough), après avoir admiré les oeuvres du peintre britannique William Hogarth (1697-1764) au Louvre, on aura le choix pour la suite des opérations: rester plongé dans une ambiance extraordinaire, comme nous les offrent les lieus précédemment cités, ou  changer radicalement d'esprit.

En premier lieu, on se dirigera alors vers des ambiances Art Nouveau, Belle Epoque, en référence au Grand Palais, tels que la Fermette Marbeuf dans le 8ème ou Chez Chartier dans le 9ème. Je vous recommande alors de cliquer ici.

L'adresse de la semaine. Si l'on souhaite plutôt revenir sur terre ou en plein 21ème siècle moderne, alors on cliquera ici. Quoique, 21ème siècle, pas sûr: je vous emmène dans un endroit qui n'était rien d'autre qu'un bordel, et dans les années 20 en plus, soit en pleine "Belle Epoque"! Accompagné de Sancho Pança que j'étais hier soir, L'Autre Café, du côté de la rue JP Thimbaud, nous a tout de suite attiré par 1. sa carte 2. l'ambiance qui semblait s'y dégager 3. les verres (ben, ouais, en face ils en sont encore aux verres "tulipes": oh, les nuls!).

Dans l'assiette, un très bon magret de canard (sauce classique à base de miel... servi avec une purée de carotte et une pomme au four). Dans le verre: un Gaillac qui ne le fut pas moins (un vin sur des notes de petits fruits rouges tels que la fraise des bois, la gariguette; très rond, velouté, gras, clownesque par l'impression acidulée qu'il laisse en bouche, avec une  finale relevée par de douces épices - vraiment sympa). Dans les ramequins: pour votre humble serviteur, un casse-croûte de pain d'épice et compote pomme/poire avec une boule de glace vanillée. Génial. Pour mon acolyte, un crumble. Pas mal non plus, à (ne pas) l'entendre. Dans les oreilles: un choix particluièrement agréable avec Carla Bruni, Césaria Evora... Une addition convenable également à 33€/personne. Dans l'oeil, une déco sobre, mais on aura eu le temps de relever une jolie collection de lampes de bureaux en vitrine, un sol tapissé de carreaux début 20ème et puis, comme pour parachever cette journée culturelle, quelques portraits aux murs.

L'Autre Café: 62, Rue Jean-Pierre Timbaud 75011 Paris - Tel : 01.40.21.03.07

La Fermette Marbeuf: 5 rue Marbeuf 75008 Paris - Tel: 01.53.23.08.00 - 12h à 15h - de 19h à 23h30.

Chez Chartier: 7, Rue du Faubourg Montmartre 75009 Paris - Tel : 08.26.10.07.93

 

Le Majordome.

medium_butler_s_leave.jpg

Le thème avait déjà été abordé dans VINSURVIN en juin. C'est en relisant cette délicieuse nouvelle de Roald Dahl intitulée The Butler (le Majordome), que le thème du vin dans la musique et la littérature m'est revenu. Ecrite par l'auteur de Charlie et la Chocolaterie, The Butler est l'histoire de ce richissime homme d'affaires anglais, George Cleaver, qui vient de gagner "son premier million de Livres" et se met en tête de faire partie de la haute bourgeoisie londonienne. Pour "entrer dans le rang" les Cleavers décident donc d'acquérir une "élégante maison londonienne", un chef français (M. Estragon) et un marjodome anglais, Tibbs, dont les services sont fort onéreux. Diners et réceptions sont alors donnés à tour de bras. Sauf qu'un rang, cela ne s'achète pas, cela s'acquiert.

(...) Cependant, ces réceptions n'étaient jamais des réussites. Il n'y avait pas d'ambiance, pas d'étincelles pour faire prendre les conversations. Ca manquait de classe. Pourtant, la nourriture était superbe et le service irréprochable.

"Bon sang mais qu'est ce qui cloche dans nos dîners, Tibbs?" demanda M. Cleaver au majordome. "Pourquoi les gens ne se décontractent-ils pas, ne se lâchent-ils pas?"

"Tibbs inclina la tête d'un côté et leva les yeux en direction du plafond. "J'espère, Monsieur, que vous ne serez pas offensé si j'émets une petite suggestion."

"De quoi s'agit-il?"

"C'est le vin, monsieur."

"Qu'y a-t-il au sujet du vin?"

"Et bien, monsieur, Monsieur Estragon sert de la nourriture exquise. Et, la nourriture exquise se doit d'être accompagnée de vins exquis. Or, vous la servez avec un vin espagnol piètre et bon marché." 

"Alors, pourquoi donc ne pas me l'avoir dit auparavant, espèce de crétin!" s'écria M. Cleaver. "Je ne manque pas d'argent. Je suis prêt à leur servir le meilleur fichu vin qui soit si c'est ce qu'ils veulent! Quel est le meilleur vin au monde?"

"Les plus grands "châteaux de Bordeaux" monsieur," répondit le majordome, "Lafite, Latour, Haut-Brion, Margaux, Mouton-Rotschild et Chaval Blanc. Et ceux  issus exclusivement des plus grands millésimes, qui sont, à mon humble avis, 19O6, 1914, 1929 et 1945. Cheval Blanc 1895 et 1921 furent magnifiques également, ainsi qu'Haut-Brion 1906."

"Achetez-les tous!" dit M. Cleaver. "Remplissez-moi-moi cette fichue cave de haut en bas!"

"Je peux toujours essayer, monsieur" dit le majordome. "Mais des vins de cette qualité s'avèrent extrêmemnt rares et coûtent une fortune." 

"Je m'en contrefiche de ce qu'ils coûtent!' dit M. Cleaver. "Allez donc me les acheter!"

C'était plus facile à dire qu'à faire. Nulle part en Angleterre ou en France Ribbs ne pourrait trouver des vins de 1895, 19O6, 1914 ou 1921. Toutefois, il réussit à mettre la main sur des 29 et des 45. Les factures furent astronomiques. En fait, elles étaient si énormes que même M. Cleaver dût s'assoir pour constater. Mais son simple intérêt pour le vin se transforma en un enthousiasme éffréné après que le majordome lui ait suggéré que connaître le vin était un atout social considérable. M. Cleaver acquit des livres sur le sujet (...). Il en apprit beaucoup également au contact de Tibbs en personne. (...)

Le moment venu, M. Cleaver commença à se prendre pour un expert en vin, et, inévitablement, il fut d'un profond ennui. "Mesdames et messieurs," annonçait-il à table, un verre de vin à la main tendu en l'air, "ceci est Margaux 1929! La plus grande année du siècle! Un bouquet fantastique! Des arômes de primevères! Et, relevez surtout le goût en finale et comment ces légères traces de tannins donnent au vin cette splendide qualité astringente. Fantastique, n'est-ce pas?"

En règle générale, les invités acquiesçaient d'un signe de la tête, sirottaient leur vin et marmonnaient quelques louanges, mais c'était tout.

"C'est quoi le problème avec ces andouilles?" demanda M. Cleaver à Tibbs après que cela se fût produit à quelques reprises. "Est-ce qu'aucun d'entre eux n'apprécie le vin?"

Le majordome pencha sa tête sur le côté et leva les yeux en l'air. "Je pense qu'ils seraient en mesure de l'apprécier, Monsieur," dit-il, "si seulement ils pouvaient en sentir le goût. Ce qui est chose impossible. 

"Bon sang mais qu'est-ce que vous voulez dire par "si seulement ils pouvaient sentir le goût"?"

"Je crois savoir, Monsieur, que vous avez indiqué à M. Estragon de mettre du vinaigre dans la sauce de salade en grande quantité."

"C'est quoi le problème? J'adore le vinaigre."

"Le vinaigre", dit le majordome, "est l'ennemi du vin. Il détruit le palet. La sauce de salade doit être composée d'huile d'olive pure et d'un filet de jus de citron. Rien d'autre."

"Foutaises!" dit M. Cleaver.

"Soit, monsieur"

"Je vous le répète Tibbs. Vous racontez des âneries. Ca gâche pas mon palet, le vinaigre!" 

"Et bien vous avez beaucoup de chance, monsieur," murmura le majordome, tout en se retirant de la pièce.

Ce soir là, à table, l'hôte commença à se moquer de son majordome devant les invités. "Monsieur Tibbs", dit-il, "essaie de me faire croire que je ne peux pas sentir le goût du vin si je mets du vinaigre dans la sauce de salade. N'est-ce pas, Tibbs?"

"Oui monsieur." Répondit Tibbs, l'air grave.

"Et je lui ai dit foutaises. N'est-il pas Tibbs?"

"Oui monsieur."

"Pour moi," continua M. Cleaver, tout en levant son verre, "ce vin a exactement le goût d'un Château Lafite 45, et de surcroît, c'est un Château Lafite 45." 

Tibbs, le majordome, se tenait immobile et droit près de la desserte, le visage pâle. "Si vous me le permettez, Monsieur, ceci n'est pas un Château Lafite 45."

M. Cleaver sursauta sur sa chaise et  regarda le majordome droit dans les yeux. "Bon sang, mais qu'est-ce que vous racontez Tibbs?", dit-il, "et ça, c'est pas du Lafite 45?" demanda-t-il en montrant les bouteilles vides restées sur la desserte, et qui avaient été décantées comme de coutume avant le dinner. (...)

"Il se trouve, monsieur," dit calmement le majordome, "que le vin que vous êtes en train de boire, est ce vin espagnol infâme et bon marché que vous serviez jadis."

M. Cleaver regarda le vin dans son verre, puis le majordome. Le sang lui montait à la tête, sa peau devenait écarlate. "Vous mentez, Tibbs!", dit-il.

"Non monsieur, je ne ments pas," rétorqua le majordome. "D'ailleurs, je ne vous ai jamais servi autre chose que ce rouge espagnol depuis que je suis ici. Il semblait tellement vous convenir."

"Je n'y crois pas!" s'écria monsieur Cleaver en direction de ses invités. "L'homme est devenu fou."

"Il est essentiel," dit le majordome, "de prêter aux grands vins une infinie révérence. Il est tout à fait incongru de servir trois ou quatres cocktails avant le dîner, comme vous tous le faites. Et quand vous arrosez votre plat de vinaigre, autant boire de l'eau de vaisselle."

Dix visages enragés autour de la table fixèrent le majordome. Il les avait vraiment pris au dépourvu. Ils en restaient sans voix.

"Ceci," dit le majordome se saisissant d'une des bouteilles et faisant délicatement glisser son doigt le long de celle-ci, "ceci est la dernière 1945. Les 1929 sont déjà bus. Des vins somptueux. Monsieur Estragon et moi-même les avons apprécié intensément."

A ces mots, le majordome se courba et quitta la pièce d'un pas assez lent. Il traversa le hall, sortit de la maison par la porte principale et retrouva dans la rue Monsieur Estragon, qui était en train de charger leurs valises dans le coffre de leur petite voiture.

The Butler, de Roald Dahl, Ten Short Stories, Penguin Student Edition. Traduction: Fabrice Le Glatin.

dimanche, 22 octobre 2006

5OOO€ le Romanée-Conti: qui dit mieux? (Pas moi...)

medium_ventemairiedeparis.jpg
(photo Yahoo!)

Un Romanée-Conti de 1986 adjugé à 5OOO€, un Château Haut-Brion de 1982 à 3OOO€, et un record mondial battu pour  ce jeune Château-Pétrus de 1988 à 25OO€. VINSURVIN vous en parlait cet été. La mairie de Paris vient donc de se séparer de ses 4960 meilleures bouteilles hier soir au Crédit Municipal, un petit trésor rapportant la modique somme de 1 million d'€, soit le double de l'estimation initiale. "Visiblement, un collectionneur américain a décidé de faire main-basse sur la quasi-totalité du lot. Il avait déjà sévi hier, mais je ne pensais pas qu'il resévirait" soupire cet acheteur (dans le Parisien de ce jour) qui a préféré garder l'anonymat." Il semble que tout le monde s'accorde à dire que ces prix ont de quoi laisser pantois, à l'image de ce commentaire glané sur Yahoo! "Je ne sais pas si ces prix sont fous, mais ils sont déraisonnables", a expliqué à l'AFP un négociant européen dépassé, Bruno Gueuning, venu de Genève pour "prendre le pouls du marché" et incapable de suivre face à ces "comportements de type spéculatif". Certains ont cependant suivi à la lettre la consigne lancée par Dominique Giafferi, le commissaire priseur de cette vente: "ne soyez pas rapias". Parmi eux Stephen Williams, directeur de la Antique Wine Company. En un quart d'heure, ce négociant londonien a acheté la totalité des 12 lots de 3 bouteilles de Lafite Rothschild proposés, entre 2.000 et 2.100 € le lot: "nous savons que ces vins étaient parfaitement conservés, nous sommes dans la capitale de la France, la patrie du vin". Ouf! L'honneur est sauf! Les américains et les anglais viennent nous dépouiller mais nous n'en demeurons pas moins la patrie du vin. Mais où sont donc les multi-milliardaires français pendant ce temps? Quid des Pinault, des Lagardère ou du groupe L'Oréal? Jamais là quand on a besoin d'eux en somme. Et nos "stars", nos sportifs qui brassent des millions d'€ à la petite semaine?

Le Monde.fr nous indique que les recettes iront au budget de la municipalité, dirigée par le socialiste Bertrand Delanoë, qui avait promis de "réduire les frais de réception". "Aujourd'hui, nous favorisons "les cocktails debout", et donc le champagne", explique Nicolas Milosevic, chargé de protocole à la Mairie. "Servir dix bouteilles de Petrus lors d'un repas, c'est mettre 25 000 euros sur la table, et ce n'est pas forcément très raisonnable", renchérit M. Maratier. Surtout quand les convives ne savent pas apprécier.

Raison officielle de la vente : une crue soudaine de la Seine pourrait détruire à jamais ces trésors. Mais la volonté de la mairie de Paris de réduire son train de vie, donc,  et l'aspect financier sont également en jeu, vu le niveau des cours atteint par certains de ces élixirs.

Personnellement, j'ai toujours estimé qu'une bonne bouffe avec les parisiens qui s'engagent pour leur ville eût été une bonne idée. Mais les ingrats élus locaux auront encore vu les choses différemment. Au fait, content de voir que ce soit un Bourgogne qui ait emporté la vente!

11:05 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 16 octobre 2006

Changeons un peu de crêmerie.

medium_crem_cl.jpgJe vous avais déjà parlé du blog de Bertrand Celce, excellent photographe amateur de bon vin. En browsant son blog, je suis tombé sur un bar à vin qui mérite qu'on s'y intéresse: la Crêmerie. Ambiance et carte des vins correspondront certainement aux amateurs qui se balladent sur vinsurvin et qui, surtout, sont friands de ce genre d'endroits. Même par répertorié dans cityvoxparis! Oh, les nuls! Bon, j'y vais rapidement et je vous tiens au courant.
La Cremerie 9 rue des Quatre Vents 75006 Paris
Phone/fax 01 43 54 99 30
Metro : Odeon

dimanche, 15 octobre 2006

Le bordo-nouvo est arrivé.

medium_Mondovino_Aphorismes_Montille_article_Romanduvin_novembre2005.jpgTout le combat entre les grandes marques de vin qui font parler les chiffres (Mondavi, Ornellaia, Rotschild...) et les vignerons qui font parler le terroir pourrait se résumer dans cet épisode qui marqua une grande victoire de la viticulture française sur l'impérialisme américain. A l'image de celle d'Aniane sur Mondavi. Lorsqu'Hubert de Montille (photo), célèbre avocat et vigneron en Bourgogne, a demandé 1 franc symbolique de dommages et intérêts dans son procès qui l'opposait à Robert Parker (le "critique" américain) pour l'avoir accusé de biaiser les dégustations, Parker s'est pris "le plus gros coup de pied aux fesses de sa vie", selon les termes du libre-penseur bourguignon. "C'est le prix de l'honneur, Monsieur" rétorqua-t-il à Parker qui faillit s'étrangler. Ce dernier s'attendait en effet à ce que le français demande des millions de dollars.

Avant de combattre les ravages du marketing viticole américain sur la viticulture française, je m'efforce de lutter, sur ce blog, contre l'impérialisme socio-cuturel bordelais afin que l'on prenne enfin conscience en France qu'il existe d'autres vignobles que le bordelais. Remédier à l'ignorance made in France en quelque sorte. Je le martèle régulièrement: le monopole bordelais a empêché une homogénéisation de la culture vinicole française. Les français ont été comme victimes du succès du bordeaux, symbolisant, auprès des ignorants, la viticulture française presque à lui seul. Même les anglais se moquent et il n'est pas rare d'entendre des amateurs d'outre-Manche vous dire que les français n'y connaissent rien en vin! C'est un comble! Mais c'est vrai. Il faut donc impérativement remédier à cette tarre. Problème: maintenant que Robert Parker et Michel rolland (célèbre consultant en vin) se battent pour l'uniformisation (et la mondialisation) du goût du vin, s'attaquant de fait à l'essence même de la culture française, les consommateurs se ruent sur des vins jeunes et faciles à boire. Cette expression ne voulant absolument rien dire en dehors du fait que par peur de passer pour un inculte dénué de bonnes manières, on opte pour le  jus de raisin alcoolisé: le bordo-nouvo. "Moi ce que j'aime dans le vin, c'est le goût de Coca-Cola", dit de Montille en plaisantant. Les nouvelles générations ayant été élevées aux sodas et aux sucres, certains seraient même prêts à adapter le vin aux palets des adulescents.   

Avant que la majorité des vins français et mondiaux ne fassent partie de la "secte des vins à plus de 5O$" (comme l'appelle Garen Staglin - directeur marketing d'un gros domaine en Californie) et que les vins français ne passent en commerce équitable, il est temps que les français prennent conscience du joyaux qu'ils possèdent. Cela paraît simple, mais une prise de conscience de la qualité des vins français par les français serait l'amorce d'un renouveau.  Personnellement, j'ai l'intime conviction que la production du vin vanillé et boisé n'est qu'une tendance qui non seulement disparaîtra mais se retournera gravement contre l'industrie vinicole américaine, pour bénéficier aux vignerons français qui n'auront pas cédé à la tentation Parkerienne. Même si Parker a fait du bien, d'après ce que l'on entend ça et là, aux grands crus bordelais, cela ne reste que les grands crus bordelais, bus par une infime minorité, et notamment des américains fortunés. Je pense que notre attachement à nos valeurs, notre rythme et notre mode de vie feront notre force face à l'Amérique. Pour une fois, notre conservatisme nous sauvera de l'américanisme. Certains bordelais, italiens ou Chiliens ont vendu leur âme. Attachons-nous à entretenir ce qui nous différencie: notre exception culturelle. Un nouveau concept est apparu dans le but pur et simple de faire de l'argent. Un délire capitaliste de plus. Mais à bien y regarder, la crise n'est peut-être du côté que l'on croit. 

 

 

15:15 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 13 octobre 2006

Nouvelle pub pour le Bordeaux

Le journal Sud-Ouest appelle cela "demystifier" le Bordeaux. Alors prêtons-nous au jeu de la critique de cette publicité.

medium_pub_bordeaux.jpg

La publicité est en noir et blanc comme pour lui donner un côté vintage, ou classique holywoodien. Elle ne met donc ni la couleur ni la robe du vin de Bordeaux en valeur. Cet aspect passe au second plan. Ce n'est pas de l'alcool qu'on veut vendre ici. On ne s'adresse pas non plus à des connaisseurs. Le noir et blanc, le canapé en cuir, cette jeune femme au visage fermé donnent une première impression de froideur, peut-être pour faire référence à la mentalité bordelaise et donc coller à un simple cliché. La décoration est assez épurée mais chic. La table est certainement faite d'un bois précieux. Le canapé  n'est pas un simple clic-clac. Les verres pourraient être des Riedel, mais les Crystal d'Arc s'inscrivent davantage dans la tradition franco-bordelaise. On est à coup sûr en présence d'un jeune couple issu de la bourgeoisie bordelaise. Le vin de Bordeaux ne s'adresse pas à la classe moyenne et encore moins aux plus modestes. Le jeune homme a l'air somme toute très sympathique et à choisir entre le Bordeaux et la fille, son choix semble déjà fait. Elle? Elle hésite. Ses jambes sont croisées, exprimant symboliquement la fermeture sur elle-même. Pourtant, le vin devrait la décoincer! Sa main gauche posée sur le canapé laisse également entrevoir une certaine retenue. Voire une gêne. La jeune femme affiche un rictus convenu. Elle ne semble pas se plaire pas ici. Elle écoute le jeune homme par politesse mais sa tête penchée traduit un profond ennui. Le vin lui donne probablement déjà des aigreurs. En fait, elle aurait préféré du blanc. Un bon verre de Chablis du Domaine Laroche à Fleys. Ou un Chardonnay de la Napa Valley.

Pourtant, que veut-on  nous vendre? De l'intimité, de la complicité, de l'amour. Un moment de détente. Une rencontre. Une demande en mariage! Mais, ça ne passe pas. C'est peut-être ce poteau blanc (et moche) au second plan, créant comme une barrière entre lui et elle. Ou alors ce slogan absolument rédibitoire: "Il y a ceux qui proposent un verre, il y a ceux qui offrent un château". On aura compris le jeu de mot entre le château faisant référence aux propriétés bordelaises (Château Margaux, Château Cheval-Blanc, Château Pétrus...) et le "château en Espagne", offrande suprême (mais technique ô combien has-been) pour séduire une femme. On aura aussi compris que les ringards (ou les pauvres) offrent un vulgaire Ricard, voire un chardonnay, pendant que d'autres se fendent d'un verre de Bordeaux. Qu'offense soit faite au Ricard et autres apéritifs du genre ne me choque pas, mais que l'on y inclut les autres vins français me dérange quelque peu, même si la publicité ne se veut pas virulente. D'un point de vue purement esthéthique, on déplorera ce panneau placardé sur la photo, comme venant troubler la sérénité se dégageant vainement de la photo. Enfin, on peut regretter que l'on parle des vins de Bordeaux dans leur ensemble, sans distinguer les différentes  "familles" qui les composent, associant ainsi sans distinction piquette à 1,50€, humbes mais excellents Canon-Fronsac, 1ères Côtes de Blaye et Rolls type Pauillac, Saint-Esptèphe et consorts.

Au final, à qui s'adresse cette publicité? Il semble que seuls les bordelais soient les intéressés. Plus qu'une campagne nationale, nous sommes ici en présence d'une campagne régionale, sommant les bordelais de ne pas trop sortir des sentiers battus et de revenir aux bonnes vieilles valeurs traditionelles girondines. Ainsi, les châteaux bordelais continueront de ne se voir hantés que par les consommateurs du cru. Et la culture oenologique des autres français d'être toujours aussi mystique.

medium_Cirque.2.jpg
Il y a ceux qui n'ont que du Bordeaux à proposer. Et il y a les autres.

 

 

Le vin: plus de glace pour longtemps!

medium_Vineyard_Addlestone_Surrey.jpg

La sortie du documentaire évoquant l'engagement de l'ancien futur président des Etats-Unis, Al Gore, dans la lutte contre le réchauffement de la planète n'est pas sans nous rappeler que le réchauffement de la planète a déjà, et aura dans les décennies à venir, des conséquences radicales sur le vignoble français.

Cultivera-t-on du pinot, du malbec et du carménère à Angers dans un demi-siècle? La syrah, le carignan et le grenache donneront-il des résultats formidables en Gironde vers 2060? Le Seyval Blanc produit à Addlestone dans le Surrey en Angleterre (photo) concurrencera-til nos Chablis au milieu du vingt et unième siècle?  Pour Jean-Pierre Gaudillère (1), chercheur à l'Inra de Bordeaux qui travaille sur le sujet depuis quinze ans, les vendanges de plus en plus précoces sont le signe le plus visible. "A Cheval-Blanc (Saint-Emilion), on vendangeait autour du 30 septembre dans les années 1890. Aujourd'hui, c'est le quinze. On a gagné deux semaines en 110 ans." Des données similaires existent à Châteauneuf-du-Pape (à 10 kilomètres au sud d'Orange) où l'on a gagné trois semaines en cinquante ans. "La date des vendanges est liée à la somme des températures de l'année. La corrélation est mathématique, il n'y a pas de biais. Le climat en France s'est réchauffé avec une accélération du phénomène depuis 1989-1990." On estime aujourd'hui qu'une augmentation de 1°C de la température moyenne correspondrait à un déplacement relatif du climat d'environ 200 km vers le nord. La communauté scientifique table sur + 1,5° d'ici à trente ans car le rythme de réchauffement s'accélère. Une tendance non imputable à la fin de la guerre froide mais à une croissance des émissions de gaz à effet de serre. Un mouvement planétaire que même la mise en place du protocole de Kyoto ne devrait pas vraiment stopper.  

Conséquences directes. On note depuis quelques années dans le bordelais une hausse de la teneur en alcool des vins produits dans cette région, ce qui n'est pas pour déranger un cépage comme le cabernet qui avait parfois du mal à mûrir sous ces latitudes il y a encore trente ans. Pour obtenir des raisins aromatiques, les baies doivent mûrir dans des conditions relativement fraîches. C'est pourquoi certains cépages pourraient migrer vers le nord. On trouve maintenant de la vigne en Belgique, aux Pays-Bas, en Angleterre et même en Suède! Mais avant de goûter un Chateau Göteborg ou un Côte de Knocklezout, on peut se poser des questions sur l'évolution des grands vins français dont les composantes se verront forcément altérées. Que ce soit en Alsace, dans le Bordelais, en Italie ou ailleurs, la qualité d'un vin augmente avec la température jusqu'à un certain seuil, à la suite duquel elle diminue. Ainsi, et sur la base de l'étude de cinquante millésimes, une température moyenne optimale pour la qualité des vins d'une région a pu être déterminée de manière théorique pour chacune d'entre elles.  En Alsace, par exemple, elle est de 13.7°C pour les vins blancs, alors qu'elle se situe à 16.7 °C pour les vins blancs sucrés du val de Loire. La profession n'aura certainement pas le choix et devra à terme prendre des orientations stratégiques lourdes pour continuer à produire des vins d'une qualité équivalente à celle que l'on connaît aujourd'hui. Des mesures ont été proposées pour diminuer l'impact du réchauffement climatique sur les raisins. Elles reposent à la fois sur les pratiques culturales et sur les techniques de vinification.
La vigne est une plante méditerranéenne qui a su s'adapter depuis des millénaires à des environnements climatiques différents. En outre, en dehors du climat, de multiples paramètres interviennent pour produire un bon vin tels que le sol, le cépage, l'homme et ses méthodes. Cependant, faudra-t-il en effet revoir les méthodes de production, en introduire des nouvelles pour faire face aux excès de chaleur et surtout au manque d'eau? Tout aujourd'hui est affaire de stratégie, de pari sur l'avenir et de prise ou non de risques. Si l'on se réfère aux données actuelles et prédictives, certaines régions viticoles vont assurément tirer leur épingle du jeu dans le demi-siècle qui s'annonce et bouleverser les échelles de valeur. Ainsi, on peut raisonnablement penser que les vins du val de Loire, pour rester sur une vue strictement française du problème, ne cesseront de gagner en qualité sur les 20 ans à venir et qu'ils viendront alors chatouiller les parts de marché d'ordinaire dévolues aux vins des régions actuellement mieux cotées. Sur le plan international, l'Allemagne et le Luxembourg devrait logiquement tirer les marrons du feu et l'Angleterre pourrait émerger un peu plus tard au sein de la hiérarchie mondiale et sortir ainsi de l'anonymat en matière viticole. (3)

Reverra-t-on alors des champs de vignes en Beauce? En 1840, on trouvait 4000 hectares dans les vallées de l'Eure et Loir. Va-t-on se remettre à faire du vin en grande quantité à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine? Patience... plus que cinquante ans à attendre!

(1) source: Sud-Ouest, O6-O9-2OO5

(2) et (3) source: 20dalsace.com
 

16:30 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (1)

mercredi, 11 octobre 2006

Vins du monde chez Nicolas: des choix qui pèchent.

Les magasins Nicolas veulent nous faire voir du pays, mais le voyage n'en vaut pas le détour.

medium_Sieera_Valley_CA.jpgComment faire de la publicité pour les vins français? En vendant des vins étrangers extrêmement moyens! Nicolas nous convie cette semaine à un tour du monde des vins (de table?), à partir de 3,40€. A ce prix là, autant dire qu'on ne devrait pas aller bien loin. De l'Australie à la Californie en passant par les incontournables Chili et Argentine, le spécialiste du vin depuis 1822, tente vainement de nous faire (re) découvrir des vins du monde en resortant de sa botte des vins qui - si l'on s'est déjà penché sur la question - sont référencés dans nos magasins du coin de la rue depuis déjà longtemps. C'est d'ailleurs ces vins (entre autre) qui font que l'on ne met plus les pieds dans ces supermarchés à gros rouges.

Pour les avoir goûtés ces dernières années, l'Obikawa blanc d'Afrique du Sud à 3,40€, véritable concentré explosif de sirop de citron et de caramel mou, vous ferait regretter un Chenin de comptoir 12° des bords de Loire. L'Obikawa rouge, velouté de copeaux de bois, coupé aux extraits de vanille et aux chamalows vous réconcilie avec le Bordeaux lambda à 1,50€. Le Sauvignon blanc Douglas Green, acide et incipide, qui selon Nicolas rivalise avec un Sancerre de qualité, nous démontre combien certains sont prêts à faire injure à leur propre culture pour vendre leur cam. Un tel argument a de quoi vous mettre hors de vous. Le Chardonnay Wolfhouse de Californie (mais d'où précisément?!) est purement body-buildé et exhubérant. Il exulte en rondeur et étouffe toutes les notes florales et minérales que l'on attend d'un tel cépage. Les rouges d'Argentine, et notamment de Mendoza comme vous avez pu le lire à plusieurs reprises sur VINSURVIN, sont effectivement à retenir. Mais à l'image des bordeaux, tous les Mendoza sont loin de faire l'unanimité. Il n'y que les anglais pour croire ça! Méfions-nous aussi des vins capiteux (très riches en alcool): certains montent à 14,5°. Il faudra donc bien réfléchir aux mets, à la période de l'année et aux convives auxquels les servir.

Là où le bas blesse, c'est que la majorité des vins proposés font partie de la vieille école et ne proviennent pas des meilleurs régions californiennes. Quid des Napa, Sonoma Valley et autre Sierra Valleys (Cf. photo ci-dessus)? A croire que Nicolas veut nous refourguer ses vieux stocks avant, qui sait, de passer à autre chose.  On a effectivement l'impression de se retrouver dix années en arrière lorsque les américains n'en avaient cure que pour le cépage. Des termes comme terroir, savoir-faire, culture raisonnée leur échappaeint complètement. Ils faisaient ce que l'on appelait vulgairement à  l'époque pisser la vigne. Mais ces dix dernières années, les choses ont considérablement évolué. Ainsi, on trouve aujourd'hui en Californie (mais également en Argentine - sans parler de l'Espagne et de l'Italie, ce qui est moins nouveau par contre) des vins ayant une qualité irréprochable et une vraie personalité. C'est d'ailleurs ce qui nous fait nous interroger sur le fait qu'on puisse encore produire de la piquette en France. A l'heure d'aujourd'hui, l'AOC devrait être la norme. Vins de table, vins de pays: tout cela ne devrait plus exister. Certains doivent disparaître et d'autres passer en AOC (souvenez-vous de l'article sur Guilhem Coste, de Saint-Félix de Lodèves, 34). Malheureusement, l'inertie administrative associée au conservatisme franco-français relèguent une fois de plus la France au rang des pays à la traîne, alors que pendant ce temps, les autres pays continuent leur irrémédiable percée. La preuve en est, la quantité d'articles réservés au vin du monde de plus en pléthorique sur ce blog... 

medium_Carmenere.jpgMais puisque je suis de nature optimiste et curieux de nature, j'ai réussi à repérer un très bon vin rouge Chilien. Issu d'un cépage Carménère (cf. photo ci-contre), produit dans la Colchagua Valley, provenant de Casa Silva et coûtant 7,90€, j'ai été totalement conquis par ce vin!  Le carménère est un cépage méconnu autorisé dans les appellations Bordeaux, Médoc, Premières Côtes de Bordeaux et Saint-Emilion! Il a pourtant presque disparu en Gironde, décimé par le phylloxéra au début du siècle et jamais réellement replanté. Le carménère, également appellé grande vidure, fait partie de la famille du cabernet-sauvignon (petite vidure) et du cabernet-franc (vidure). Il est souvent confondu avec le merlot. C´est un cépage tardif.
Il revient à la mode aujourd´hui au Chili. Il se caractérise par des notes de mûre, de cerise, de chocolat. En bouche, le vin est rond et confirme les qualités de fruit de ce cépage. Voilà une découverte intéressante.

Quoiqu'il en soit, cela ne comblera pas mon déficit de sympathie pour ces magasins. S'ils proposent des vins medium_Conchagua_Valley.3.jpgabordables en effet et permettent de ressortir avec un flacon convenable pour une somme souvent modique, Nicolas risque de souffrir de son image traditionnelle qui ne lui permet pas de s'adapter aux tournants que le monde du vin connaît en ce moment. Prisonnier des références de catalogue, les vendeurs se voient souvent limités, pour ne pas dire frustrés dans ce qu'ils peuvent avoir à nous proposer. On peut également regretter les décorations vieux-jeu et les vitrines désuètes, le manque récurrent de vins de récoltants, l'acceuil inégal - parfois même borderline, le changement incessant de responsables de magasins, la connaissance souvent incomplète, et générique du vin, dûe au fait que l'on a souvent à faire à des gens qui se retrouvent à la tête d'un magasin Nicolas par défaut quand ils pourraient aussi bien gérer un café où un magasin d'articles de pêche.

A droite: La Conchague Valley, Chili.

 

samedi, 07 octobre 2006

Saveurs automnales

medium_confluence_Loire_vienne.jpgJe ne sais pas vous, mais ces températures qui se rafraichissent, ces feuilles qui jaunissent, cette humidité qui se fait de plus en plus insistante ont une incidence sur les vins que j'ai envie de boire. Au revoir gamays du Beaujolais, vins légers du Languedoc et des bords de Loire, place à des vins plus épais, plus concentrés, dégustés à températures ambiantes. A ce sujet, il se passe une chose extraordinaire en ce moment: il est des bouteilles qu'il ne faut pas ouvrir, pire, qu'il ne faut pas déranger! J'ai en cave un Pouilly Fumé (Jean-Pierre Bailly, Tracy/Loire)   décliné sur trois millésimes: 2003, 2004, 2005. Le dernier cité s'était avéré fantastique au mois d'avril dernier après quelques mois de mise en bouteille seulement. Figurez-vous qu'après deux tentatives en septembre et en octobre de cette année, il est actuellement "imbuvable". Les notes d'agrumes si franches il y a six mois ont complètement disparu à la faveur de notes plus florales mais bien plus complexes. La transformation la plus saisissante se situe en bouche: le vin dégage une acidité très prononcée. Explication comme je la vois: ce vin très jeune est rentré en phase d'hibernation! En pleine recherche de maturité actuellement (pour ne pas dire maturation, une des phases de la fabrication du vin), il a été ouvert en plein coeur de sa mutation, au moment ou alcools et fruits subissent des transformations fondamentales qui ne permettent pas d'apprécier la substance à sa juste valeur. Cet aspect permet aussi de se rendre compte que ce vin a (je ne dirais pas "besoin de vieillir" car on n'est pas sur un vin de garde) tout intérêt à être conservé en cave plusieurs mois. Ce n'est pas un vin nerveux comme on peut les rencontrer dans le sud de la France mais un vin vif, élevé sur du silex et qui a subi des niveaux de chaleur assez élevés. Il lui faut donc maintenant le temps de trouver une forme de plénitude afin qu'il puisse s'exprimer en toute sérénité dans les mois à venir. C'est l'avantage de la garde et de l'achat en plus ou moins grande quantité. Ils permettent de suivre des vins sur le terme (court, comme c'est cas ici; moyen sur une garde de dix ans; long sur une garde supérieure avec notamment des vins de Bourgogne ou de Bordeaux). La même chose m'était arrivée sur un jeune Chinon que j'avais trouvé assez puissant et racé à l'achat, chez Laurent Gilloire à Cravant les Coteaux. Quelques mois plus tard, j'avais ressenti les mêmes sensations qu'avec ce Pouilly. Le vin exprimait avec une exhubérance assez insupportable toutes les notes qui lui avaient conféré ses qualités quelques mois auparavant. Les notes de sous-bois et de champignons éructaient à outrance et j'avais l'impression d'avoir acheté un vin de table pour amateur de piquette. Qu'à ce la ne tint, je le mis de côté pour le réouvrir à l'automne. Le jour venu, le nez demeurait quelque peu incommandant mais le vin, gras, souple et ample, racontait les promenades en bord de Vienne et se maria sublimement avec une omelette aux chanterelles de la forêt de l'Hermitage-Lorge en Côtes d'Armor. Il me reste un certain nombre de bouteilles de ce vin de Loire et il me tarde d'aller en Bretagne à la Toussaint, cueillir des champignons (ah, ces odeurs de sous-bois...) et de déboucher un flacon de chez Gilloire, en famille.

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu