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samedi, 07 octobre 2006

Saveurs automnales

medium_confluence_Loire_vienne.jpgJe ne sais pas vous, mais ces températures qui se rafraichissent, ces feuilles qui jaunissent, cette humidité qui se fait de plus en plus insistante ont une incidence sur les vins que j'ai envie de boire. Au revoir gamays du Beaujolais, vins légers du Languedoc et des bords de Loire, place à des vins plus épais, plus concentrés, dégustés à températures ambiantes. A ce sujet, il se passe une chose extraordinaire en ce moment: il est des bouteilles qu'il ne faut pas ouvrir, pire, qu'il ne faut pas déranger! J'ai en cave un Pouilly Fumé (Jean-Pierre Bailly, Tracy/Loire)   décliné sur trois millésimes: 2003, 2004, 2005. Le dernier cité s'était avéré fantastique au mois d'avril dernier après quelques mois de mise en bouteille seulement. Figurez-vous qu'après deux tentatives en septembre et en octobre de cette année, il est actuellement "imbuvable". Les notes d'agrumes si franches il y a six mois ont complètement disparu à la faveur de notes plus florales mais bien plus complexes. La transformation la plus saisissante se situe en bouche: le vin dégage une acidité très prononcée. Explication comme je la vois: ce vin très jeune est rentré en phase d'hibernation! En pleine recherche de maturité actuellement (pour ne pas dire maturation, une des phases de la fabrication du vin), il a été ouvert en plein coeur de sa mutation, au moment ou alcools et fruits subissent des transformations fondamentales qui ne permettent pas d'apprécier la substance à sa juste valeur. Cet aspect permet aussi de se rendre compte que ce vin a (je ne dirais pas "besoin de vieillir" car on n'est pas sur un vin de garde) tout intérêt à être conservé en cave plusieurs mois. Ce n'est pas un vin nerveux comme on peut les rencontrer dans le sud de la France mais un vin vif, élevé sur du silex et qui a subi des niveaux de chaleur assez élevés. Il lui faut donc maintenant le temps de trouver une forme de plénitude afin qu'il puisse s'exprimer en toute sérénité dans les mois à venir. C'est l'avantage de la garde et de l'achat en plus ou moins grande quantité. Ils permettent de suivre des vins sur le terme (court, comme c'est cas ici; moyen sur une garde de dix ans; long sur une garde supérieure avec notamment des vins de Bourgogne ou de Bordeaux). La même chose m'était arrivée sur un jeune Chinon que j'avais trouvé assez puissant et racé à l'achat, chez Laurent Gilloire à Cravant les Coteaux. Quelques mois plus tard, j'avais ressenti les mêmes sensations qu'avec ce Pouilly. Le vin exprimait avec une exhubérance assez insupportable toutes les notes qui lui avaient conféré ses qualités quelques mois auparavant. Les notes de sous-bois et de champignons éructaient à outrance et j'avais l'impression d'avoir acheté un vin de table pour amateur de piquette. Qu'à ce la ne tint, je le mis de côté pour le réouvrir à l'automne. Le jour venu, le nez demeurait quelque peu incommandant mais le vin, gras, souple et ample, racontait les promenades en bord de Vienne et se maria sublimement avec une omelette aux chanterelles de la forêt de l'Hermitage-Lorge en Côtes d'Armor. Il me reste un certain nombre de bouteilles de ce vin de Loire et il me tarde d'aller en Bretagne à la Toussaint, cueillir des champignons (ah, ces odeurs de sous-bois...) et de déboucher un flacon de chez Gilloire, en famille.

 

Commentaires

Un blog très interessant sur le vin, qui fait du bien vu la crise! (cf. mon blog)

Écrit par : Franck | samedi, 07 octobre 2006

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