Avertir le modérateur

mardi, 26 septembre 2006

FAUGERES: VRAI GENRE.

medium_Faugeres.2.jpg
Photo Bertrand Celce.

Chers amateurs de bon vin! Chacun mettra ce qu'il veut derrière l'adjectif "bon", le but étant de distinguer les bons des mauvais. Et oui, ici, nous faisons dans l'ostracisme! A mort les vulgaires chardonnays servis dans les café parisiens! Pendez les faiseurs de Sauvignon de comptoir! Au pilori les négociants de fonds de barriques! Place à la nouvelle vague, à la subtilité et la complexité. Dieu me garde d'un quelconque ellitisme satisfait! Un vulgaire exemple de prix pour justifier l'humilité dont je me prévaux me semblerait déplacé. Mais j'insiste, il n'est point nécessaire de grimper dans les hautes sphères pécuniaires pour trouver son plaisir. Réservons cela aux incultes manants des salons de moleskine. Je ne me fatiguerai donc  jamais de  signifier à ces établissements français et parisiens qui croient hisser haut les couleurs des terroirs français qu'ils nous servent trop de vins éreintés, misérables et insipides. Je les ai (suffisamment? je ne crois pas!) montré du doigt pour ne pas omettre de distinguer, ne serait-que que lexicalement, les vins mauvais des vins très bons. A y regarder de près, il y a du travail dans la distribution du vin français.  

Aujourd'hui, je vous redirige vers le blog de Bertrand Celce, photographe et grand amateur de vin, blog classé dans le Top 7 de Food and Wine, s'il vous plaît! Bertrand et sa femme aiment à flâner chez les vignerons français. Il en ressort des posts très riches en explications, informations et anecdotes ainsi que de superbes photos. Attention, blog réservé aux anglophiles!  

En browsant un peu les posts, je suis tombé sur un dédié à Faugères, d'où la photo ci-dessus. Je cherchais des photos sur le Domaine des Estanilles, à Lenthéric (34), que j'ai visité cet été et qui a accompagné le repas d'anniversaire d'Hippolyte dimanche dernier. Sans Michel Louison, propriétaire de ce domaine et natif de Tours, l'appellation Faugères n'aurait jamais connu une telle notoriété. Sur une tajine d'agneaux aux abricots et aux épices absolument exquise (et maison, cela va sans dire, n'est-ce pas Dorothée?!), nous nous sommes littéralement délectés du Rosé Prestige de Michel Louison. Une jolie robe brique foncée. Un nez très expressif d'orange sanguine mais aussi de garrigue, de thym et d'épices. Une attaque sur des notes d'agrumes se prolongant vers les impressions aromatiques du maquis. Une bouche gourmande, généreuse et fraîche, sur des arômes de sous-bois, de cigare et d'épice douce. Un vin... bon, pour reprendre les termes de l'introduction, mais en réalité, il faut le dire, assez extraordinaire. Voire sublime. L'accord parfait en outre avec la tajine. Une classe à lui. Un genre à part.

medium_estanilles.gif

vendredi, 22 septembre 2006

Enfin vendredi!

medium_hippolyte.jpgBon alors ce week-end... j'me lâche. D'abord parce que  c'est l'anniversaire de mon fils adoré Hippolyte (2 ans) et puis parce que je vais aussi fêter ma troisième année sans tabac! Trois longues années. Et pourtant ma Marlbo light, Dieu sait que j'en étais acro. A l'apéro, au café, à la pause, à n'importe quelle heure, au moindre stress, à la moindre émotion, au moindre coup de klaxon... Depuis un moment déjà, la dépendance à la cigarette me gênait. J'en avais un peu marre d'être le fumeur de service, d'avoir à sortir pour la fumer, d'entendre les amis me dire que je pouvais fumer chez eux, les non fumeurs. J'en avais marre de sentir la clope. Marre d'avoir une gorge effroyablement congestionnée les lendemains de soirées, marre d'avoir peur de ne pas avoir assez de cigarettes pour la journée, la soirée, le voyage... Marre aussi de voir les prix s'envoller et ce budget clope ne cesser d'augmenter. Une petite boîte à l'intérieur de mon cerveau ne cessait de collecter des informations allant à l'encontre du tabac et elle allait bientôt ne plus pouvoir les emmagaziner. A ce moment là, je dirais stop. Et puis est venue l'envie d'avoir un enfant avec Dorothée et de faire de notre nouvel appartement un lieu non fumeur. Les amis fumeraient à la fenêtre, ce n'était pas un problème. D'ailleurs, ils insistent pour descendre carrément dans la rue, 6 étages plus bas! Y a t-il un lien direct, je ne puis l'affirmer, mais j'ai pu remarquer autour de moi que les enfants de fumeurs avaient de nombreux problèmes de santé. L'impression qu'ils sont toujours malades. Les premiers jours sans tabac furent très difficiles et la négociation pour le meilleur taux auprès de la banque ne fut pas sans quelques sueurs! Mais au fil du temps, je me félicitais ni plus ni moins d'avoir tenu une journée de plus, d'avoir eu le cran et la force de ne pas avoir cédé. Et chaque jour, chaque semaine qui passaient me renforçaient dans l'idée que je pouvais faire sans tabac et surtout que la vie était la même sans la cigarette. Elle était même mieux puisque je ne toussai plus, retrouvai le goût, l'odorat et l'appétit! C'est suite à l'arrêt du tabac que j'ai redoublé de passion pour le vin. Pas que je me sois mis à picoller comme un trou! Non, j'ai pu mieux appréhender ses différents arômes au nez et en bouche, ses milles et une subtilités du vin, ses complexités. Cependant, je me suis aussi heurté à la frustration des fumeurs qui n'ont cesse de dire qu'ils veulent arrêter et qui n'y arrivent pas parce qu'effectivement c'est extrêmement difficile. Mais qu'on ne dise pas à un ancien fumeur qui vantent les mérites de la vie sans tabac des choses du style "c'est facile pour toi, t'as arrêté" car je leur réponds que c'est plus facile de ne pas arrêter, d'acheter des cigarettes et de se les allumer que de souffrir chaque jour comme un drogué en manque. Au final, je n'avais pas prévu de faire dans les confessions d'un ancien fumeur mais cigarette et alcool étant tellement intimement liés... J'essaie de ne pas jeter la pierre aux fumeurs. Mais on ne peut s'empêcher de penser en effet qu'elle importune lorsqu'elle est consommée sans considération pour les gens que cela gêne. J'ai toujours veillé à respecter cela même si sans m'en rendre compte j'en ai importuné plus d'un. Je crois qu'il est des lieux où les fumeurs doivent savoir ne pas allumer leur cigarette. Je pense aux restaurants, surtout comme à Paris où les tables sont parfois quasimment collées les unes aux autres et où la fumée de vos voisins vous prive de tous les arômes de votre plat ou de votre vin. Sans compter que cela pollue votre atmosphère et lui confère une odeur particulièrement désagréable. Fumer est une liberté et elle doit le rester mais elle ne fait pas partie intrasèque de la nature humaine. Eternuer, tousser ou bailler, oui. C'est pourquoi, elle ne peut régner en maître(sse) dans les lieux publics. En substance, arrêter de fumer n'aura eu que des effets bénéfiques sur ma vie et certainement celle de mon entourage. Et puis, regarder ce petit garçon: ne respire-t-il pas la santé?!

La semaine prochaine: comment j'ai arrêté de conduire dans Paris. ;-)

PLAN NON FUMEUR DU WEEK-END: RADIS ROSE (dans LES DERNIERS COUPS DE COEUR)

mercredi, 20 septembre 2006

Circulez, y'a rien à lire!

medium_le-cafe-des-anges_134541.jpgRien de neuf sur vinsurvin aujourd'hui. Sauf les posts rédigés ce week-end et que vous n'avez pas encore eu le temps de lire. Aucun écho, c'est la tendance sur ce blog! On ne laisse pas de commentaires! On lit, on browse, on zappe, on se casse. Ca me va!

Ah si, j'oubliais, le plan RESTAURANT A MIDI A MOINS DE 15€ du mois. Mondanités, repas de grands ducs et notes salées: tirez un trait sur tout cela! L'enjeu étant de sortir à moindre coût, surtout lorsque la fin du mois approche et que les factures commencent à pointer le bout de leur nez. Idée n°1: L'AS DU FALAFEL, (32 rue des Rosiers, Paris 04). Grosse assiette Kasher avec des légumes: un régal. Attention à la consommation excessive de junk food et de gel. Les jeunes font tous du 44 de tour de tailles dans le quartier. Mais qu'est-ce qu'ils sont stylés. N°2: Le Café des Anges, (66 rue de la Roquette, Paris 11), bistrot parisien, convivial, grosse assiette, carte des vins de connaisseurs, serveuses sympas. N°3: Zoé Bouillon (66, rue Rébeval, Paris 19) abrite un concept original et sympathique: c'est une sorte de fast food en nettement plus chaleureux, les odeurs de graillon en moins, puisque ici tout tourne autour de la soupe, chaude ou froide selon la saison. Royale de laitue aux champignons, Crème de petits pois carotte à la menthe,... que l'on peut consommer directement sur place ou à emporter (l'emballage est prévu pour). Conseillé par l'excellent CityVox. Tout ça pour moins de 15€, elle est pas belle la vie?!

dimanche, 17 septembre 2006

Mort aux gobelets en plastique!

medium_epinettes_2.jpgComme chaque année dans le XVIIème à cette époque, c'était pique-nique ce midi dans le Square des Epinettes (nom d'un cépage pinot de l'auxerrois!) à l'occasion de la fête de quartier. Couvertures sur l'herbe grasse, assis en tailleur, on est venu en famille, entre voisins ou potes. Chacun se fend de sa petite spécialité, de sa petite salade perso, de son bon plan "fromager du quartier". Un groupe de mélomanes et de danseurs/chanteurs animent la fête sous le kiosque à musique. On nous distribue les textes des chansons que l'on va entonner. L'atmosphère est bon enfant, champêtre et ponctuée de bruits de bouchons arrachés à leurs culots d'origine.

Le plastique (pour le pique-nique) c'est fantastique!

Comme tout bon amateur de pique-nique qui se respecte, personne n'avait omis d'apporter sa bouteille de vin. Ici, un Côte de Provence à l'étiquette surchargée. Là, une bouteille de Côte du Rhône ou de Beaujolais dont le dos offre à la vue une grande étiquette blanche sur laquelle apparaissent quelques données commerciales. A ma droite, un "Grand Vin" de Bordeaux 2005... Cependant, ce n'est pas tant le vision de ces quelconques flacons qui choquent mais la présence pléthorique de gobelets en plastique. Peu importe le flacon du moment qu'on ait l'ivresse? Pas d'accord. D'aspects pratique et écologique (quoi que, cela reste vérifiable pour certains), le gobelet en plastique est l'ennemi numéro un du vin. En effet, s'il suffit amplement pour boire de la piquette, on ne me fera pas croire qu'il ne donne pas un goût (de plastique) au vin! Je vous assure que s'il m'avait fallu boire mon Chiroubles dans ce vulgaire objet ce midi, non seulement cela aurait passablement gâché mon pique-nique mais je me serais trouvé fort dépourvu d'un certains nombres de plaisirs que les amateurs de vin voient déjà pointer à l'horizon. La simple esthétique rédibitoire du gobelet n'offre-t-elle pas à elle seule un spectacle pathéthique?

medium_gobelet.jpgDes couleurs, des arômes et de diverses notes  en bouche tu seras privé. 

Blanc ou même transparent, un gobelet ne nous eût pas permis d'apprécier la robe grenat clair aux reflets violacés de ce charmant Chiroubles de Claudie Gobet. Sa forme évasée nous aurait privé de ce nez discret (c'est un fait) dominé par des arômes de fleurs (violette, lilas) et réhaussé par des notes de sous-bois. Qu'en eut-il été de cette bouche souple et gouleillante aux tanins rustiques mais fondus? Et cette finale agréable, aromatique et fraîche? Privés de couleur, privé d'odeur, privé de saveur: le gobelet est un véritable tue-l'amour. Même modeste, le vin apprécie un verre en verre. A proscrire, le verre à moutarde ou à whisky. Un verre à ballon est déjà un bon début! De même qu'on ne fait pas sa valise dans un sac Leclerc, qu'on ne prend pas son bain dans son évier, qu'on ne se brosse pas les dents avec la brosse des toilettes, on ne saurait boire son vin dans un verre en plastique. Le vin: fierté nationale pourtant si méconnue! Quoi boire? Avec quoi? Avec qui? Et dans quel type de verre? La question ne se pose-t-elle peut-être plus.

Le vin n'est pas un accessoire de pique-nique comme le serait la couverture et le pâté, un vulgaire cliché franchouillard que l'on ne saurait oublier par peur de passer pour un ringard ("Oh l'autre, y boit du coca! La honte!"). Pas plus que de boire du "Bordeaux" dans un gobelet en plastique! Symbole de partage et de convivialité par excellence, comment peut-on le négliger de la sorte en le sirottant dans un trivial récipient industriel? Et quid du bruit lorsque l'on trinque?!

Au secours! Dans quel verre bois-je mon vin, alors? 

medium_verre_inao_b_petit.jpgSur votre gauche, le verre INAO (Institut National des Appellations d'Origines). La forme du verre INAO avait été spécialement étudiée dans le but de concentrer les arômes du vin et  répondait parfaitement (croyait-on) à tous les critères pour décrire la robe du vin et surtout l'apprécier à sa juste valeur. Jusqu'à ce que le magazine LE POINT nous en parle sur son site. « Trop petit », « pas bon sur les vins jeunes... » Le verre Inao est aujourd'hui critiqué de toutes parts, et les bons restaurants ne le proposent plus sur leur table. Pourtant, ce verre norme NF V 09-110 a été une révolution à sa naissance, en 1970. A l'époque, chaque région défendait son verre à dégustation : le verre ballon (type porto) chez les Bourguignons, le petit ballon ouvert pour les Beaujolais... Le seul outil standard était le taste-vin en argent, que tous les professionnels portaient sur eux. Avec ses cupules et ses stries, il était parfait pour mettre en valeur la robe d'un vin (et son éventuel manque de limpidité, critère clé pour un courtier en vins). Mais le taste-vin diffusait les arômes au grand vent au lieu de les concentrer. Georges Vedel, à l'époque responsable de l'Institut national des appellations d'origine pour la région Bourgogne, voulut le remplacer par un verre solide et commun à toutes les régions. Il demanda alors en 1968 à une équipe de chercheurs (dont Jules Chauvet) de lui fournir un verre universel, dont le dessin fut déposé en 1970. Mais il fallut une dizaine d'années pour qu'il soit adopté partout. Les partisans de la tasse lui reprochèrent au début de casser et d'être moins pratique. Aujourd'hui devenu standard, le verre Inao est désormais concurrencé par des verres plus grands, qui révèlent mieux les arômes. Les verres sur les tables des restaurants sont en effet un critère dans le choix d'un établissement. Dire que les INAO disparaissent des bons restaurants est une conclusion un peu hâtive dans le sens où ils ne sont pas si fréquents et où, malheureusement, cet aspect est trop souvent négligé par les restaurateurs. Une grande majorité propose le sordide verre tulipe. Quoiqu'il en soit, un pique-nique n'est pas non plus une dégustation de vins pour professionnels. Ce n'est pas mon propos. De fait, ce verre INAO s'avèrera parfait pour vos piques-niques et autres "bouffes" ou même dîners entre amis ou en famille! Son prix quant à lui varie du tout au tout. Vous trouverez facilement un coffret de 6 verres à 35€! Mais, heureusement, les magasins type "Vaissellerie" vous feront les six pour 10€. Par ailleurs, on trouvera - pour les puristes- des verres réservés au type de vin (couleur, région, âge...) qui mettront en valeur les différentes caractéristiques de votre vin et, accessoirement, agrémenteront votre table. Mais, à la faveur des casseurs de vaisselle, restent encore et toujours... les gobelets en plastique!

mercredi, 13 septembre 2006

Foire aux Vins Carrefour (Saint-Denis)

medium_logo.jpgJe suis allé faire un tour sur le site de Carrefour et il est intéressant de noter l'effort consenti pour orienter et conseiller au mieux le client. Comment se composer une cave, accorder un met et un vin, conseils de sommelier sont autant d'infos plus ou moins utiles et distillées sur  le site du grand manitou de la consommation. Ca me fait un peu mal de dire ça tant j'abhorre ce genre de grandes surfaces. D'ailleurs, le jeu en ligne vous permettant de gagner une euro-cave est réservé aux titulaires des différentes cartes de fidélité... voilà le genre de la maison.

Ceci dit, je suis rentré du Carrefour de Saint-Denis (93) ce matin avec des choses qui devraient accompagner des apéros ou des petites bouffes informelles de façon fort satisfaisante. Je m'étais dit, pas plus de 50€, j'en ai bouffé 500. Et c'est là que j'ai besoin de vous. 1. Comment dire à ma femme? 2. Comment combler le trou de 450€ qui devait servir à acheter un coffre de toit pour le Scénic? J'attends vos commentaires.

Je plaisante!!! En vérité, je suis rentré avec 9 bouteilles et ai dépensé 46€, soit 5€/pièce. Décompte:

 - 3 Chardonnay "Ernest et Julio Gallo", Sierra Valley 2004, Californie, USA. Un vin décrit comme ayant "des arômes d'amande, de noisette et de pamplemousse. Une bouche ronde, bien grasse avec une jolie finale fraîche" et que l'on nous conseille avec des "grillades de porc simplement poëllées". Moi je dis qu'on peut aussi se le servir à l'apéro!

- 2 Trapiche Mendoza, rouge, 2005. Pour le 100% Malbec. Les Argentins sont les seuls à le réussir sans assemblage. L'Alamos est excellent également.

- 1 Chiroubles 2004, Domaine Gobet. Le Beaujolais est très bien représenté, dans une fourchette de prix autour des 7,00€. Fleurie, Juliénas et Morgon à tenter aussi. A boire avec un copain, avec charcutaille et fromage, devant un match de l'Equipe de France. Ou une copine devant "Desparate Housewives".

- 1 Pécharmant, Château des Hautes Fargues 2002. Par pure curiosité, avant de me rendre dans la région (Sud-Ouest) prochainement. Un nez de cuir et d'épice. A garder.

- 2 Pomerol, Château Petit Mayne, 2004. Si on me prend par les sentiments, je suis prêt à consentir un petit faible pour les vins situés sur la rive droite de la Dordogne, à commencer par les Canon Fronsac. Mon faible pour le Pomerol vient certainement du fait que c'est là que j'y ai visité ma première cave, mon premier château. Château Taillefer. Un vin du millésime d'Hippolyte, que j'espère conserver une petite dizaine d'années.

En substance, des vins pour l'apéro (Chardonnay du Nouveau Monde) et pour des consommations entre amis, à boire dans l'année (Trapiche, Chiroubles) + un peu de vin de garde (Pécharmant, Pomerol) rejoindront  les amplettes de la semaine dernière tournées, elles, vers l'Argentine et le Chili. Vous noterez qu'avec un budget raisonnable, on sera parvenu à se faire plaisir. Quoi que... le vrai plaisir se consommera lorsque vous dégusterez ces bouteilles entre amis! Avec modération toujours, bien sûr!

lundi, 11 septembre 2006

J'ai craqué pour...

medium_Chili.gifIl y a des moments dans l'année qu'on attend avec impatience. A commencer par la fin de l'année. Mais avant, j'avancerais deux, trois autres moments clé. Courant avril, début mai, période de mon anniversaire, je me surprends à faire des détours avec ma femme par chez mon spécialiste préféré rue Pouchet. En ce moment un superbe Shiraz-Zinfandel de la  Shenandoah Valley (CA) me tend les bras - je l'ai même entendu s'adresser à moi, me suppliant presque de l'emmener avec moi et de l'installer confortablement dans ma cave auprès de ses amies bourguignonnes, languedociennes et tourangelles. "S'il te plaît, ne me laisse pas ici, je vais finir par tourner au vinaigre." "Ecoute, t'as qu'à faire de l'oeil ma femme...") En novembre, lorsque mes amis vignerons s'apprêtent à monter Porte de Versailles, je sens comme une certaine jubilation à l'idée d'aller me procurer la commande effectuée préalablement. Cette semaine, la foire aux vins a démarré. J'étais déjà bien dans les starting-blocs, là, je suis carrément dans le caddie et je déambulle dans les allées de Lavinia avant d'investir celles d'autres magasins dans le coup.

Les Chardonnays du Nouveau Monde.

Cette année, j'ai décidé de tourner le dos aux vins français. J'entends déjà les "Traître!", "Célérat!", "Maroufle!". Plaît-il vil gredin? Que néni! Point en moi l'idée de snober ou de reléguer les vins d'Outre-Gironde au rang de picrates à bouzeux! Je ne suis pas de Bordeaux, moi, Monsieur! Il ne s'agit là que d'une simple envie de changer, d'un désir d'exotisme, d'une volonté de sortir des sentiers battus! Voyons! D'autant plus que l'année 2006 m'aura vu (moi et mon fidèle accolyte) traverser les terres de France et de Navarre en quête du Sacré Gral. (Trouvé? Ce n'est pas la question. Et les questions, c'est moi qui les pose, manan!) Nous sommes, effectivement, rentrés avec moult flacons qui ne verront le jour que dans quelques décennies.

Les vins du Nouveau Monde, disions-nous?! De retour de chez Lavinia, je pense que ce Valdivieso, Chardonnay 2005 (Chili, Curico)  et ce Catena, Alamos Chardonnay 2004 (Argentine, Mendoza) ne devraient pas décevoir à l'apéritif. Sur le fruit et des notes très minérales, il sera intéressant de faire la comparaison avec nos Pouilly et nos Chablis. Par ailleurs, étant radicalement tombé sous le charme des Argentins de la région de Mendoza, je ne serais pas surpris que ce Catena, Alamos Ridge (100%) Malbec ne nous régale avec une viande rouge ou un fromage des Pyrénées.

La prochaine date clé pour nous tous est incontestablement vendredi (pour les plus chanceux) et samedi (pour les autres!) et entre les foires aux vins et les bons restos sur Paris, vous devriez trouver de quoi vous réjouir. Et vous allez inviter qui pour déguster ce petit Chardonnay argentin? Moi? Oh, non, ça me gêne! Vous insistez? Et bien écoutez, ça doit pouvoir s'arranger, je suis libre vendredi!

vendredi, 08 septembre 2006

Tonight is the night.

 medium_aux-couleurs-du-monde-01.jpg 

Aux Couleurs du Monde.

Vite un resto!

L'harmonie entre cuisines Thaï et Mexicaine avec une petite, mais charmante, carte des vins - notamment autour de l'Espagne ou de l'Amérique du Sud. Un tout petit resto, un acceuil sympathique, un cadre assez moderne, intimiste et épuré. Une valeur sûre dans le quartier. Des prix très raisonnables.

Aux Couleurs du Monde, 61 rue des Dames 75017 PARIS. Métro Place de Clichy. Tél: 01.43.87.34.55

Point de vue www.restoaparis.com 

 

 

élevage sans saveur

medium_champagne.jpg

Bon, avant tout, remettre les pendules à l'heure et vous dire qu'il n'y a qu'un seul et unique VINSURVIN. Malgré tout le respect que j'ai pour le génial 20sur20 et pour le respectable 20survins et sans compter qu'il doit bien avoir un vainsurvain quelque part dans la blogosphère, je tiens à revendiquer la paternité et l'originalité de ce nom de blog, même si je n'ai aucune preuve. Appelons cela une introduction à cette 67ème "édition" de VINSURVIN. Tout cela sur le mode humoristique, s'entend. Bon, alors, un petit temps de repos après cette rentrée absolument ecstatique. J'ai quand même eu le temps de prendre quelques décisions:

1. Ne pas oublier d'arrêter d'enseigner dans une dizaine d'années. Soit, avant de devenir un prof aigri, blasé et psychopathe. Si ce n'est déjà fait et comme on en rencontre de plus en plus dans les couloirs du lycée. "Si ce n'est déjà fait" car ces symptômes ont pour particularité de ne pas être décelables par leurs victimes. "Vous devriez vous reposer Monsieur Le Glatin..." "Ah, mais certainement pas, tout va bien." "Alors que faites-vous perché sur cette armoire?"

2. Vendre l'appartement. Casser la tirelire. Acheter 2,5 ha de vignes et l'exploitation qui va avec. Faire mon vin.

N'ont-ils pas l'air heureux tous ces viticulteurs à qui les magazines nationaux viennent rendre visite une fois par an à l'occasion de la foire aux vins? N'ont-ils pas l'air fiers, immortalisés au coeur de leurs vignes grillant sous le soleil de juillet? N'ont-ils pas l'air satisfaits de voir les ventes redécoller et se porter de mieux en mieux malgré la crise qui entoure la profession? C'est une différence majeure entre cette profession et la mienne: j'ai beau ne plus avoir suffisament de tables et de chaises dans ma classe, la liste d'élèves ne cessent de s'allonger. Et plus ils sont nombreux, plus la qualité de l'apprentissage pâtit. C'est le contraire dans les vignes! Pour un même rendement, une vigne plantée à 3 000 pieds à l'hectare porte beaucoup plus de grappes (par pied) qu'une vigne plantée à 10 000 mais s'avère moins riche en sucre et en polyphénols (tanins, arômes...). On considère en effet comme plus à même pour la fabrication du vin une vigne de 10.000 pieds qu'une de 3OOO. Les pieds se font de la concurrence, leurs racines souffrent davantage et descendent plus profond pour se nourrir. Les sarments portent donc moins de fruits, mais ils sont plus concentrés. Plus ils sont nombreux en classe, moins ils sont sollicités. A 38 par classes en seconde, les élèves perdent le goût d'apprendre et peuvent difficilement percevoir les arômes qui se dégagent du plaisir de s'instruire. Certains ressortent donc sans saveur du systême scolaire. D'aspect pâle et trouble, leur présentation incite à la réticence. Aigre, court et sans saveur, leur discours n'a pas les notes gaies et fleuries de leurs camarades. L'argumentation est pauvre, sans relief ni rondeur. "Ecole" ne rime plus avec "viticole", "Lycée" avec "cuvée", "dissertation" avec "vinification". Le travail est dépourvu de références culturelles fondamentales: quid des Raisins de la Colère de John Steinbeck, de the Ballad of Reading Gaol d'Oscar Wilde, de The Garden Party de Katherine Mansfield, des ennivrements littéraires d'Ernest Hemingway ("Always do sober what you said you'd do drunk. That will teach you to keep your mouth shut.")? En finale, oscillant entre dilettantisme juvénile et réactivisme instinctif mais non réfléchi, l'ensemble nous emporte vers les abysses de la médiocrité. Les notes demeurent insuffisantes. Parker (Dorothy de son prénom) sanctionne.  On aimerait se fendre d'un You Were Perfectly Fine  mais c'est navré que l'on classera la performance au rang des travaux imbuvables. Il aurait fallu tailler plus tôt dans l'année. L'Europe préconise l'arrachage. N'allons pas jusque là. Mais ciblons mieux nos objectifs et donnons-nous les moyens de tenir notre rang afin de ne pas tomber dans certains travers éducatifs à l'américaine.

mercredi, 06 septembre 2006

2006: très bon millésime?

medium_mainraisin2.2.jpg

Quand on n'a pas le temps de mettre son blog à jour - Dieu sait que j'ai des choses à dire, surtout en période vendanges! - qu'est-ce qu'on fait? Et bien on conseille ses fidèles lecteurs de se rendre sur http://www.20minutes.fr/articles/2006/09/06/20060906-actu....

Quoi qu'il en soit, avec ce soleil au moment des vendanges, ça risque de nous donner des vins concentrés, ronds et riches en alcool ça! En attendant, on va se concentrer sur les foires aux vins et vous préparer une nouvelle sélection des meilleurs plans supermarchés pour les jours à venir, alors tenez-vous prêts!

 A très vite!

lundi, 04 septembre 2006

Blogosphère

 medium_foudre.jpg

A l'heure où Christophe Carignano tente de mettre le holà sur ses relations avec l'inénarrable Loïc Le Meur (2) (lui-même atteint dans sa virilité par l'excellent 20sur20 - rien à voir avec vinsurvin), à l'heure où l'ineffable (pour ne pas dire le sublime) Pierre Bouzin (1) continue de se faire bronzer (et mousser) à Cannes et où la photographe bretonne Cerise ne cesse de nous épater avec ses clichés, ça chauffe grave sur la blogosphère. Sans compter que Lionel s'y met aussi. Juste une manière pour moi de vous présenter les blogs sur lesquels je traîne en ce moment ou que je vais visiter occasionnellement. Attention rien à voir avec le vin! A première vue. Comme tout le monde, certains de ces blogs ont attiré mon attention grâce à leur originalité, aux thèmes qu'ils abordent ou aux sujets de discussion qu'ils lancent. D'autres trouvent leur raison de vivre non sans une certaine forme d'originalité aussi, sauf que leur intérêt réside dans la façon qu'ils ont de tenter de transformer du rien, du vide ou même du vent en matière. Dans leur plus grand droit démocratique, bien sûr. Tout un art, vous le constaterez vous-mêmes. On pourrait croire que cela n'a aucun rapport avec VINSURVIN, qui comme chacun sait, brasse surtout du raisin fraichement cueilli. Mais en fait, tout est question d'alchimie et celle-ci ne peut pas toujours se faire entre le bloggeur et le lecteur surtout lorsqu'il s'agit de se vanter que l'on a distribué des tatannes ou des tongues signées UMP sur les plages de France et de Navarre cet été où que l'on se trouve en salle de presse des universités de l'UMP, devant sa web cam, avouant pathétiquement n'avoir rien à livrer. J'avais jadis livré mes agacements cathodiques, voici les blogosphériques. Voilà, c'est fait. Cela ne nous empêchera pas de continuer de nous intéresser aux magiciens de la vigne. A ce sujet, vous l'avez sans doute remarqué, VINSURVIN subit une sévère baisse de régime dûe à la rentrée (la consommation de chardonnay, de syrah et de  mourvèdre avec - c'est ça le plus dur) Ceci dit, en pleine période de vendanges, j'ai quelques infos à vous communiquer, notamment aux amoureux et aux amoureuses des vins du Languedoc. Ceci pourrait d'ailleurs être l'objet d'un dossier. En effet, j'aimerais suivre un vin depuis la taille de son raisin jusqu'à sa mise en bouteille. D'accord avec vous, la conception commence depuis la pousse de la vigne, mais pour commencer, les différentes étapes depuis les vendanges jusqu'à la pose de la capsule peuvent peut-être vous intéresser.

Je suis en contact avec un vigneron de Saint-Félix de Lodèves, dont je vous ai déjà parlé, suite à mon périple en Hérault. Par l'intermédiaire de Guilhem Coste, dont le sauvigon (le Cornouiller) a encore fait des heureux ce week-end, je rédige un post dès que j'ai cinq minutes, le temps que cela fermente dans mon petit cerveau.

Et toujours les bons plans restos et bars à vin à Paris. Browser les différentes catégories à droite.

17:00 Publié dans VIN & ACTU | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 02 septembre 2006

Vin au restaurant: ne pas se tromper!

medium_Domaine_Leccia.jpgOui, je sais, elle est facile. Mais c'est véritablement ce que nous avons ressenti hier soir Chez Ramulaud lorsque, enfin, nous avons pu porter ce beau verre de Patrimonio à nos lèvres.

Tout avait commencé par le choix du restaurant dans lequel nous allions pouvoir nous délecter d'une cuisine soignée et généreuse. La rentrée, ça donne faim! Trouver un établissement proposant une assiette à la hauteur de ce que nous espérons n'est pas difficile. Trouver un restaurant offrant une carte des vins digne du nom l'est plus. Comme c'est le cas dans de (trop) nombreux établissements français. Alors, pour ne pas se tromper, direction le Faubourg Saint-Antoine. Mon opinion ne cesse d'évoluer au fur et à mesure de mes passages dans ce restaurant du 11ème arrondissement. Hier soir, l'affluence et la lenteur typique de Dorothée pour faire son choix m'ont permis de consacrer un plus de temps à l'étude de la carte des vins et d'y constater un certains nombres de points tout à l'honneur de Gilles Bénart, patron de la maison.

La carte en elle-même est vaste et variée. Les régions de France les plus significatives y sont représentées mais on sent un net penchant pour la Bourgogne, le Rhône et le Languedoc Roussillon. La représentation de ces régions ne se limitent pas à un seul flacon et cela est remarquable. Avoir un Faugères, un Saint-Chinian ou un Pic Saint-Loup sur sa carte est déjà une chose formidable. Mais en avoir trois, quatre (voire plus) à suggérer... c'est du luxe! Et si je venais à dire à Monsieur Bénart que le Beaujolais souffre d'une réprésentation un peu légère (trois bouteilles dont un Fleurie et un Morgon, pas de Moulin à Vent ou de Juliénas), il trouverait bien un argument pour me justifier ce choix du type: "Attends bonhomme, un Morgon comme celui-ci, t'en reboiras pas de si tôt!".

Deuxième chose: le restaurant offre une large gamme de superbes vins entre 22 et 26€. On ne peut pas dire que l'on massacre sur les vins, contrairement à d'autres restaurants qui vous servent des piquettes à 35€.

A noter également le nombre de VDT et de VDP présents sur la carte. En clair, on vous sert du vin de table et du vin de pays! Certes, mais lorsque l'on connaît ses vignerons et ce qu'ils produisent, comme c'est le cas Chez Ramulaud, on a vite fait de piocher dans leur VDT tant certains sont somptueux. J'ai ouvert le VDT de Guilhem Coste (Monade 2001, Saint-Félix de Lodève, Hérault) cette semaine sur un cake aux tomates séchées. Après une aération d'une bonne demie-heure, ce vin de table fut sensationnel. Il faut savoir que la lourdeur et la stupidité administrative font que certains vins ne passent jamais en AOC, dixit Guilhem Coste.

Enfin, notre choix se porta sur un un vin corse, celui de Yves Leccia, qui se situe dans la région de Patrimonio (tout en haut de la Corse!). J'ai d'abord l'impression de boire un vin oscillant entre Languedoc et Italie, notamment pour son corps, voire son opulence, et sa concentration. Nous ne sommes pas sur de la syrah, du grenache et du carignan, cher oenologue... mais sur du 100% Nielluccio. D'une robe rubis profond au reflet grenat, il ne révèle pas en premier lieu les notes de fruits (mûre et cassis) que l'on s'attendrait à rencontrer. Non, dans les premiers instants qui suivent le carrafage, la bouche est marquée par des tanins relativement puissants mais qui se fondent délicatement pour laisser place à une certaine fraicheur. C'est dans la demie-heure qui suit que le vin se révèle pleinement: l'attaque est devenue extrêmement délicate, veloutée, presque sensuelle et les tanins sont soyeux. Les arômes m'emmènent-ils vers des notes de cacao, de tabac ou de cuir? Ce n'est pas le parfum surdosé de cette demoiselle qui passe à mes côtés qui va m'aider. D'autant plus qu'il sent mauvais. Le vin est complexe, assez déroutant, et demande du temps pour en subir toutes les subtilités. Un soir ne suffira pas. C'est tant mieux. Des fruits très mûrs comme la prune ou la quetche font leur apparition pour s'effacer au détriment des saveurs du maquis, du thym et de l'épice. Dorothée me dit: "C'est exactement ce que j'avais envie de boire ce soir." Tout est dit.

Vin corse: de la bombe!

medium_Domaine_Leccia.jpgOui, je sais, elle est facile. Mais c'est véritablement ce que nous avons ressenti hier soir Chez Ramulaud lorsque, enfin, nous avons pu porter ce beau verre de Patrimonio à nos lèvres.

Tout avait commencé par le choix du restaurant dans lequel nous allions pouvoir nous délecter d'une cuisine soignée et généreuse. La rentrée, ça donne faim! Trouver un établissement proposant une assiette à la hauteur de ce que nous espérons n'est pas difficile. Trouver un restaurant offrant une carte des vins digne du nom l'est plus. Comme c'est le cas dans de (trop) nombreux établissements français. Alors, pour ne pas se tromper, direction le Faubourg Saint-Antoine. Mon opinion ne cesse d'évoluer au fur et à mesure de mes passages dans ce restaurant du 11ème arrondissement. Hier soir, l'affluence et la lenteur typique de Dorothée pour faire son choix m'ont permis de consacrer un plus de temps à l'étude de la carte des vins et d'y constater un certains nombres de points tout à l'honneur de Gilles Bénart, patron de la maison.

La carte en elle-même est vaste et variée. Les régions de France les plus significatives y sont représentées mais on sent un net penchant pour la Bourgogne, le Rhône et le Languedoc Roussillon. La représentation de ces régions ne se limitent pas à un seul flacon et cela est remarquable. Avoir un Faugères, un Saint-Chinian ou un Pic Saint-Loup sur sa carte est déjà une chose formidable. Mais en avoir trois, quatre (voire plus) à suggérer... c'est du luxe! Et si je venais à dire à Monsieur Bénart que le Beaujolais souffre d'une réprésentation un peu légère (trois bouteilles dont un Fleurie et un Morgon, pas de Moulin à Vent ou de Juliénas), il trouverait bien un argument pour me justifier ce choix du type: "Attends bonhomme, un Morgon comme celui-ci, t'en reboiras pas de si tôt!".

Deuxième chose: le restaurant offre une large gamme de superbes vins entre 22 et 26€. On ne peut pas dire que l'on massacre sur les vins, contrairement à d'autres restaurants qui vous servent des piquettes à 35€.

A noter également le nombre de VDT et de VDP présents sur la carte. En clair, on vous sert du vin de table et du vin de pays! Certes, mais lorsque l'on connaît ses vignerons et ce qu'ils produisent, comme c'est le cas Chez Ramulaud, on a vite fait de piocher dans leur VDT tant certains sont somptueux. J'ai ouvert le VDT de Guilhem Coste (Monade 2001, Saint-Félix de Lodève, Hérault) cette semaine sur un cake aux tomates séchées. Après une aération d'une bonne demie-heure, ce vin de table fut sensationnel. Il faut savoir que la lourdeur et la stupidité administrative font que certains vins ne passent jamais en AOC, dixit Guilhem Coste.

Enfin, notre choix se porta sur un un vin corse, celui de Yves Leccia, qui se situe dans la région de Patrimonio (tout en haut de la Corse!). J'ai d'abord l'impression de boire un vin oscillant entre Languedoc et Italie, notamment pour son corps, voire son opulence, et sa concentration. Nous ne sommes pas sur de la syrah, du grenache et du carignan, cher oenologue... mais sur du 100% Nielluccio. D'une robe rubis profond au reflet grenat, il ne révèle pas en premier lieu les notes de fruits (mûre et cassis) que l'on s'attendrait à rencontrer. Non, dans les premiers instants qui suivent le carrafage, la bouche est marquée par des tanins relativement puissants mais qui se fondent délicatement pour laisser place à une certaine fraicheur. C'est dans la demie-heure qui suit que le vin se révèle pleinement: l'attaque est devenue extrêmement délicate, veloutée, presque sensuelle et les tanins sont soyeux. Les arômes m'emmènent-ils vers des notes de cacao, de tabac ou de cuir? Ce n'est pas le parfum surdosé de cette demoiselle qui passe à mes côtés qui va m'aider. D'autant plus qu'il sent mauvais. Le vin est complexe, assez déroutant, et demande du temps pour en subir toutes les subtilités. Un soir ne suffira pas. C'est tant mieux. Des fruits très mûrs comme la prune ou la quetche font leur apparition pour s'effacer au détriment des saveurs du maquis, du thym et de l'épice. Dorothée me dit: "C'est exactement ce que j'avais envie de boire ce soir." Tout est dit.

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu