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mardi, 06 juin 2006

Je déclare la guerre aux vins de Bordeaux! (Avec des tires-bouchons).

Les Bordeaux n'ont pas la cote sur ce blog! Pourquoi? Très simple: je leur fais la guerre! Pas qu'ils ne méritent pas une attention particulière ou que je ne les trouve pas suffisamment bons pour me pencher sur leur sort (il faudrait franchement avoir un cancer des papilles gustatives), loin s'en faut, le problème est que cette région étouffe tout bonnement le paysage viticole français. En effet, ces vins jouissent à mes yeux d'une notoriété fort exagérée, notamment en terme de qualité, d'une réputation (ou sur-représentation) qui fait du tord aux autres régions viticoles françaises ainsi qu'à la culture viticole des français (au sens intellectuel et non agricole du terme).

Nous n'aborderons pas la question de ces nombreuses bouteilles de Bordeaux de 1 à 3€ que l'on trouve de plus en plus, abandonnées aux détours des têtes gondoles des grandes surfaces. A cause de la surproduction (subie en Languedoc et en Beaujolais également), le Bordeaux est associable à un picrate de base, ce qui nuit à l'image de la région toute entière. Nous ne mentionnerons pas ces annotations sur les étiquettes types "Grand Vin de Bordeaux", "Vieilli en fûts de Chêne","Récolte manuelle", "Médaille d'or à Trifouilli-les-Oies" ayant pour buts d'abuser le chaland mais n'ayant absolument aucune valeur légale. Pourtant, de Lesparre-Médoc à Margaux, via Pauillac, en passant par Sauternes puis l'Entre-deux-mers, sans oublier le sacro-saint Saint-Emilion (vin numéro un des français-qui-ne-boivent-que-du-Bordeaux-parce-que-bon-c'est-quand-même-le-meilleur) on trouve évidemment des choses extraordinaires. Soit. Mais permettez-moi de me concentrer sur des vins plus modestes. Tout le monde ne peut pas boire des crus classés! Et, comparativement, les autres régions de France offrent parfois des choses magnifiques entre 5 et 10€. 

Quel reproche peut-on faire aux vins de Bordeaux jeunes et à prix abordables? Sans remettre en question l'amour des viticulteurs pour leur travail, ni leurs compétences, on peut regretter que les arômes soient souvent bien trop communs d'un vin à l'autre, contrairement à bon nombre de vins issus des autres régions de France. A moins que la force des Bordeaux ne se situent pas là. Quoi qu'il en soit, Merlot et Cabernet associés en bordelais offent souvent une impression d'austérité au vin. Un vin dur, distant, peu affriolant. Serait-ce dû à une complexité qui effectivement ne permettrait pas d'apprécier ces vins à leurs justes valeurs? Le cas échéant, cela ferait d'eux des vins ellitistes. Cette complexité me semble-t-il réside davantage dans l'imbroglio d'appellations qui constituent le bordelais. Cette austérité est-elle dûe à leur jeunesse? Attendre vingt ans pour déboucher une vraie bonne bouteille de Bordeaux demande une patience examplaire. Le résultat en vaut la chandelle, mais, ici, on se fait des bouffes entre amis et on n'attendra pas la retraite pour se faire plaisir. On  peut également leur reprocher un bouquet  qui n'évolue pas franchement d'un vin à l'autre, des notes souvent similaires, voire identiques. Et ce goût de vanille de plus en plus récurrent. Le sentiment qu'un clonage du goût aurait opéré domine souvent l'impression. Un goût type  émergerait-il donc des vins de Bordeaux? Cela indiquerait-il un retrait sur soi-même, une résistance face aux vins du nouveau monde, une démarche purement commerciale? Sacrifier l'authentique pour le mercatique? Ce ne sont que des hypothèses. En somme, c'est sur ce manque de générosité sensorielle que j'axerais ma critique des vins de Bordeaux lambdas.

Néanmoins, je me souviens que certains "Bordeaux" m'ont procuré beaucoup de plaisir tels qu'un Pomerol (Château Taillefer), un Canon-Fronsac rouge, et un Entre-deux-mers blanc. Je reste également ouvert au vin que l'on fait en Castillon, Duras et Marmandais sans compter que certains côtes de Blaye, Graves et Bourg peuvent réserver de bonnes surprises.

En dehors de ce problème de goût, le Bordeaux souffre à mes yeux de sa notoriété. Le français lambda ne jure que par le Bordeaux, ne boit que du Bordeaux et n'offre que du Bordeaux. Et cela me fatigue! Combien de fois ai-je entendu des marchands de vin (je ne puis de fait les nommer "cavistes") recommender des Bordeaux à des clients voulant faire un cadeau ou étant invités à diner? Leur premier réflexe est toujours "Bordeaux", et le client n'y connaissant souvent rien n'a plus qu'à approuver. Comme s'il n'existait pas d'autres régions! Comme si l'on ne pouvait pas faire plaisir en faisant découvrir plus qu'un vin, une région de France. De toute façon, les règles du savoir-vivre exigent que l'on n'offre pas un vin lorqu'on est invité!  La dernière bouteille que l'on m'ait offert? Un Médoc (La Demoiselle de By, Millésime 2003)! Un vin sans intérêt. Aucun nez, aucun relief, aucune note de fruit: de l'austérité liquide.  Ce week-end encore, un proche s'est vu offert une caisse de six bouteilles de vin par des amis qui avaient certainement les meilleures intentions, mais que croyez-vous que l'on y trouva? Quatre juvéniles bordeaux et deux pauvres Côtes du Rhône VILLAGE qui se battaient en duel, histoire de varier un peu.

A la lumière de ma note  du mardi 4 avril 2006 (rubrique SAVOIR-VIVRE) intitulée "Du picrate à boire dans trop d'établissements français", on est en droit de regretter que dans un pays où l'on vante à tue-tête son vin et son fromage, la très grande majorité de ses habitants ne jurent que par un seul d'entre eux et ignorent royalement ce qui se fait dans les autres régions de France.  En outre, n'avez-vous pas remarqué le nombre de gens qui, tout simplement, n'aiment pas le fromage? Ou alors, si, le seul, l'unique et préféré des français: le Camembert!!!

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