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mercredi, 21 janvier 2009

Je suis rital et je le reste...

 

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Pour accompagner un agneau au romarin et des pâtes fraîches italiennes, un soir de fin de semaine par grand froid, me fut confiée l'agréable tâche de remonter de la cave un vin qui siérait avec ce délicieux repas. Chose qu'il ne faut pas me demander deux fois. Une fois de plus, mes origines transalpines (que je suis le seul à revendiquer dans ma famille) eurent don de moi.

Ce n'est parce qu'on passe son temps à mettre en valeur les vins de France et de Navarre qu'on ne doit pas regarder ce qui se fait à côté de chez soi. Si la France possède un vignoble extraordinaire et une expérience hors du commun, rien n'empêche de lui faire des infidilités. Car Dieu sait qu'Outre-Gaule, l'on trouve pléthore de vins délicieux, délicieux certes, mais également et surtout de nature souvent très différente de ce que Rhône ou Loire, pour ne citer qu'eux, ont à offrir. En fouillant dans de vieux casiers et des range-bouteilles saturés, je pus lire sous la poussière d'une étiquette "Italie -blanc - Sardaigne", un vin que j'avais complètement oublié et qui après réflexion, pourrait vraisemblablement être associé à ce plat parfumé.

20080423PHOWWW00153.jpgArgiolas, S'elegas, Nuragus di Cagliari 2005 (environ 12€) est vin est d'un très joli jaune paille, brillant. Le nez est chaud, de fruits blancs très mûrs comme la poire, l'abricot, la mirabelle. Le deuxième nez est marqué par des notes d'amandes et de pétales de fleurs. La bouche est chaude, onctueuse, marquée par les fruits abordés au nez. On lui trouve des notes de peau d'agrume ou de citron confit, fondu, souple, sans acidité. De la fraîcheur, de la profondeur, une certaine puissance également caractérise ce vin à mon goût très bien fait, et qui s'accorde fort bien avec le plat. Si l'on devait se prêter au jeu des comparaisons, on évoquerait le cépage rolle, pour la fraicheur de la première bouche, puis le chenin de l'Aubance pour son onctuosité et ses notes de fruits mûrs.

Armel, spécialiste en vins italiens sur ENOTECA, nous livre ses impressions sur ce vin : Argiolas, c'est l'un des producteurs les plus réputés (et à juste titre) de Sardaigne, donc, en plein dans le mille. Il est situé dans le sud-est de l'île, aux environs de Cagliari, la capitale. Son meilleur vin, c'est le Turriga, si je me souviens bien du nom, à base de cannonau (équivalent du grenache). Le vin que tu as essayé, jeilona_reinassance2.jpg l'avais testé lors de Vinitaly l'an dernier, mais je reconnais que je ne me souviens plus du millésime. Le cépage, c'est le vermentino, que tu retrouves en Corse, Ligurie, Toscane, et donc, Sardaigne. Le vermentino, appelé "rolle" en France, cépage aromatique s'il en est, que l'on retrouve fréquemment dans le sud-est de la France, comme en Rhône ou en Provence, peut s'avérer délicieux. Et c'est le cas ici.

En substance, pour accompagner un plat de pâtes "simple" mais richement parfumé, un blanc d'Italie (à base de vermentino) convint à merveille, et surtout, complèta cette touche latine sur la table. Je servis même les miens un petit air en tête : "je suis rital et je le reste" en pensant à mon très lointain ancètre écuyer romain (celui qui dragua mon arrière-arrière-arrière- (...) grand-mère bretonne) lors de la Campagne Romaine en Armor, considérée (la Bretagne) par les romains, selon l'écrivain Tacite, comme la terre la plus écartée et le dernier boulevard de la liberté. Enfin, on retiendra toute l'élégance et la tonicité qui se dégage de ce Nuragus di Cagliari, trouvable (hum...) dans un grand magasin vers (re-hum !!) la Madeleine. Enfin, comparer ce vin à un acteur de cinéma italien ce soir là ne fut pas chose simple : Castellitto, Begnini, De Niro furent cités autour de la table... Côté actrices, à part Valeria Bruni-Tedeschi, je ne vis pas.  

lundi, 29 décembre 2008

Quel Vin avec le foie gras ?

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Alors que votre menu du réveillon de Noël n'est plus qu'un vague souvenir, et que s'annonce celui du 1er de l'an, une grande question me taraude l'esprit : quel vin allez-vous donc servir avec votre foie gras ? Allez-vous opter pour la voix classique, ou sortir des sentiers battus ? D'accord pour vous conseiller sur un vin. Mais pas question de passer à table avec vous.

foie gras bis.jpgBah ! Avec le foie gras ? Un sauterne, pardi ! Quoi que, le coteau du layon ou le monbazillac, ça passe bien aussi !! Personnellement, le foie gras, moi, même avec un Yquem, j'm'en méfie. Jadis, j'en mangeais à la petite cuillère. A m'en gaver. Et puis, un jour, le drame. Passé, périmé, vérolé (le foie gras), mon foie n'a pas supporté. Pris de sueurs, de crampes indescriptibles, le visage virant au vert, ma langue au violet, je crus que ma fin était venue. Il m'a fallu des années avant de pouvoir remanger un morceau de ce met (pur produit de la souffrance d'animaux innocents) tellement j'avais souffert. Et puis, progressivement, comme après avoir fumé ses premières cigarettes et passé la journée à vomir, vous vous en remettez. C'est la nature.

Après une telle expérience, vous êtes transformé. Vous devenez un testeur de foie gras aguéri et extrêmement sélectif. Vous ne mangez plus le premier venu. Le moindre signe suspect (odeur, couleur, texture, goût) et vous refusez de consommer. Pire, vous interdisez tous les gens autour de la table d'en toucher. "STOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOP !!!!! Ne touchez pas à ce foie gras. J'ai dit on touche pas à ce foie gras. Reculez. Reculez !!!! Michel, téléphone. Michel, bordel, t'es sourd ?!! Prends ton portable. T'appelles les services vétérinaires. Jean-Claude, tu contactes le laboratoire d'analyse. Jean-Claude, tu te tais et tu fais ce que j'te dis. Jeanne-Annette, prévenez la DDASS, la DST, la CGT, la FBI..."  

Loin de vous pencher sur les ouvrages type l'accord met et vin pour les mort2.jpgnuls afin de mettre sur la table the vin qui siéra à merveille avec le met on-ne-peut-plus tendance de fin d'année, vous vous demandez quand même quel flacon liquoreux accompagnera votre foie gras le 31 décembre prochain. C'est vrai qu'un foie gras (bloc de 200g en promo chez Géant), un sauterne, une cuillère de confiture d'oignons (et une de figues au cas où on n'aurait pas senti le sucre), c'est irremplaçable.

Votre bouche, pâteuse, collante, presque gluante comme un caramel mou, apprécieera un bon litre d'eau, ne serait-ce que pour entre-apercevoir un vague arôme de citron dans le vin blanc qui suivra, et une touche de fraise (ou est-ce du cassis ?) dans le rouge. Vos papilles graissées comme des roulements à bille, visqueuses comme une huile vidange, n'en pourront plus. Trop de sucre tue le foie gras. Et les papilles. Et le goût. Et l'appétit. Et le grand-père, qui risquerait bien de flancher ce soir là. Lui qui n'aura cesse de répéter "du cha-a-aaa-a-blis, j'veux du cha-a-aaa-blis, du cha-aaa-a-a-aargghh...".

erika.jpgPassons dès à présent aux vins qu'il sera bon de sélectionner pour déguster avec ce fameux (enfin, ça reste à prouver) foie gras. Au nom du respect de la tradition, je consens à vous proposer un vin dit liquoreux. Deux, même ! Le premier : un chenin d'Anjou appelé coteau de l'aubance. Impression de sucre résiduel présente mais pas outrancière, belle acidité, équilibre excellent, notes de fruits confiturés (abricot, mirabelle...), fraicheur en fin de bouche... Le second un pacherenc-du-vic-bihl.  Produit dans le Béarn à partir des cépages arrufiat, courbu, gros et petit manseng, voire sauvignon et sémillon, ce vin, liquoreux mais avec beaucoup de fraîcheur et de notes florales, choisi avec soin, est le parfait allier du foie gras.

Conservons un vin blanc mais changeons carrément de registre avec un chardonnay. Chablis 1er cru ou pouilly fuissé : avec leur fraicheur, leur minéralité et leur parfums, ils apportent de la vivacité à un met qui en a bien besoin. Avantage avec un vin sec (auquel on pourra ajouter des chenins de Savennières ou de Montlouis), il permet d'enchaîner tout naturellement avec des plats de poissons et de fruits de mer. Par ailleurs, foie gras et vin rouge vont très bien ensemble, notamment avec les vins de la Vallée du Rhône : cairanne, gigondas ou chateauneuf du pape. Je n'ai jamais assemblé foie gras et champagne (âgé de quelques années), mais il va de soi que cet accord doit être divin. Demain, quel vin avec les saint-jacques ? Que je ne mange plus depuis que *$;"&ç_('#...f***   

19:07 Publié dans VIN & METS | Lien permanent | Commentaires (7)

dimanche, 02 novembre 2008

La Soirée Vin et Chocolat arrive !

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LE 12 NOVEMBRE PROCHAIN, DANS UN LIEU CHARMANT ET DEDIE AU VIN, L'OCCASION VOUS SERA DONNEE DE DEGUSTER 3 VINS ET TROIS CHOCOLATS EXCEPTIONNELS. DANS QUELQUES JOURS, LES MODALITES POUR PARTICIPER A CET EVENEMENT... 

VINSURVIN et le maître chocolatier Arnaud Lahrer, Meilleur Ouvrier de France 2007 (MOF), se sont retrouvés il y a quelques jours autour de vins doux et de gourmandises, afin de préparer leur grande soirée dégustation qui aura lieu le mercredi 12 novembre, à Paris : trois accords magiques entre trois vins et trois chocolats.

L'accord met et vin n'est pas une science exacte. Le choix du flacon qui accompagnera un repas s'avère parfois très compliqué. Celui d'unPhoto010.jpg dessert encore plus. Nous verrons mercredi 12 novembre si Arnaud Larher et votre humble serviteur y seront parvenus ! Lors de notre rencontre chez Julie McIvor, en décembre 2007, puis en avril 2008 au Loft Moncey, je suggère à Arnaud, un homme simple, drôle et d'une grande générosité, de lui faire déguster quelques vins à accorder avec ses talents de maître chocolatier. Nous pourrions organiser une soirée autour de ce thème, qui sait ? Ni une, ni deux, Arnaud se montre de suite intéressé. Problème, lorsqu'on est sacré Meilleur Ouvrier de France, l'agenda déborde et le temps manque ! A ma grande joie, Arnaud parvient à me consacrer du temps lundi soir dernier.

Photo008.jpgRendez-vous est donné à 18h00 à Montmartre, dans sa boutique de la rue Caulaincourt. Arnaud me conduit dans l'arrière boutique et semble déjà excité à l'idée de découvrir ce que j'ai à lui faire goûter. Nous démarrons avec l'Elixir du Roy, un Rivesaltes 2003 du Domaine Saint-Nicolas. Le vin doux, naturel (passé 18 mois en barriques de deux-trois vins) de Pierre Schneider est élaboré à partir d'un grenache blanc pur : une couleur tuilée, ambrée, il nous emmène vers des notes d'agrumes, de pruneau, d'orange amère, de fruits confiturés tout en gardant une superbe frâicheur et une acidité bien calibrée. Arnaud est immédiatement sous le charme, lui qui déguste un rivesaltes pour la première fois. Après diverses tentatives, dont une amande aux trois épices absolument divine, nous retenons l'Epicière, un chocolat confit aux agrumes, citron, orange et pain d'épice (grillé au four et broyé).

Nous poursuivons avec un Rivesaltes 100% muscat, toujours du Domaine Saint-Nicolas, à la robe très claire et très brillante. Ce muscat estPhoto009.jpg rond, moëlleux et suave. Avec ses notes florales, puis chaudes de fruits blancs confits, sa complexité laisse entrevoir des notes de miel et de feuille de menthe. Une ganache caramel salé, chocolat noir est proposée. Et puis, fianlement, le Robusta, un Grand Cru de chocolat noir du Venezuella se fait enrober par l'onctuosité et le fruit mûr du vin et donne à ce dernier une touche d'amertume qui lui sied à merveille. On se regarde. On est d'accord !

Photo007.jpgLe troisième et dernier flacon de la soirée nous emmène au bord de la Loire, chez Didier Richou, que j'avais eu la joie de rencontrer, chez lui, au printemps dernier. J'ouvre Les Violettes 2005 à Arnaud, un coteau de l'aubance 100% chenin. Et c'est le coup de coeur pour Arnaud Larher, qui est abasourdi par ce qu'il est entrain de déguster ! C'est vrai que ce vin blanc moëlleux est une pure merveille de fraicheur, de complexité et de générosité. La tâche est rude mais si excitante pour Arnaud, et pour moi-même, car au-delà de la recherche de la plus belle association met et vin qui soit, c'est le respect et la fascination que l'on porte à ce que l'on est entrain de boire et de manger qui dominent. Mêlés d'un plaisir immense, cela va de soi. Arnaud me soumet de suite Une ganache au zest de citron vert, qui apporte fraicheur et tonicité à un vin qui n'en manque pas, mais qui retient notre attention par sa structure et ses notes de mirabelles et d'abricots confiturés. La ganache et le chenin sont faits pour être ensemble. Voilà, nous avons trouvé nos associations, qui seront dégustées par les quelques happy few présents à cette soirée ! A ce sujet, d'ici quelques semaines, 10 invitations seront à gagner, donc restez connectés à VINSURVIN

En attendant de savoir si Pierre Schneider et Didier Richou seront des nôtres le 12 novembre prochain, ne reste plus qu'à trouver le lieu qui conviendra à cette soirée exceptionnelle. Une terrasse avec vue imprenable sur Paris ? Un loft avec piscine ? Une cave voûtée dans le Marais ? Une chambre de bonne dans le 16 ème ? N'hésitez pas à me faire savoir si vous possédez, vous, ou vos amis, un tel lieu pour acceuillir ce TupperWine 12.0.  

mardi, 05 août 2008

Accord met et vin... rosé

Pendant que la moitié sud de la France se régale de salades fraîches et de vin rosé, la moitié nord en est presque à resortir les gros pulls, cuisiner des boeufs bourguignons et sortir les cahors. Cependant, certains resistants ont décidé qu'ils continueraient d'accompagner leurs plats de vin "rosé", comme votre humble serviteur.

1495430106.gifEst-ce parce que VINSURVIN est de retour d'Aix en Provence que le rosé lui monte à la tête, où est-ce simplement dans l'air du temps ? Ce midi, filet mignon de porc et sa fondue de courgettes et tomates à l'huile d'olives (AOC Provence, ça va de soi...). Cerise sur le gâteau, la fondue a légèrement caramélisé, offrant aux gourmets à table un bouquet d'arômes absolument délicieux. Pour accompagner ce plat (chaud), choisissons un vin... frais. Un rosé, frais. Oui, mais, lequel ?

Si, aujourd'hui, de Cahors à Bourgueil en passant par l'Arbois, les vignerons de France et de Navarre ont décidé de "sortir" leur rosé, parfois très réussi comme parfois obsolète, il est assez étonnant de constater que non seulement le rosé est un vin culte en Provence (faisant, avec le Pastis et l'OM, partie intégrante de la culture méridionale, comme nous le verrons ultérieurement sur VINSURVIN) et que ce "troisième" vin (après le rouge et le blanc) est élaboré par les provençaux avec le plus grand soin.

Affublé des pires noms d'oiseaux (vin féminin, donnant mal à la tête, léger, secondaire -voire "sans intérêt" pour les362741882.jpg puristes), seul le rosé peut pourtant magnifier (et s'accorder avec) un très grand nombre de plats, que rouge et blanc ne toléreraient pas. Le rosé devient donc une excellente alternative. Quel rosé pour habiller ce plat mêlant viande blanche et légumes parfumés, dotés d'une certaine acidité et d'une touche de caramel ? Au hasard, c'est la Cuvée du Temple de Château Bas (Vernègues, 13) qui trôna sur la table, Marilyne Lottin m'ayant fait parvenir, via les Caves Parisiennes de Radu, à Château Rouge (rue Muller, Paris XVIII), les derniers opus de la maison.

Choix judicieux puisque l'accord fut sensationnel. Sa couleur serait d'un tuile clair mais en jetant un oeil sur cette étude (p. 10), on la qualifierait alors de pelure d'oignon. Dieu merci, il ne le sent pas. Au contraire, le nez de cet assemblage de syrah et de cabernet est très aromatique et chaud, de fruits rouges mûrs. Sa bouche est vive, puis elle présente de la rondeur et une matière riche et opulente,  soutenue par une acidité qui n'est pas sans rappelée l'amertune des peaux d'agrumes. Le vin se fond avec le met puis tranche, se dissocie pour apporter fraîcheur et tonicité. "C'est le rosé qu'il fallait", entend-on autour de la table.

Si la blanquette de veau, la poule au pot et le boeuf bourguignon demeurent des classiques indétrônables de la cuisine française, cette dernière n'en reste pas moins une cuisine évolutive, non figée et ouverte aux autres cultures. L'apport de la gastronomie orientale, de la cuisine chinoise ou japonnaise permettent à des vins de retrouver une seconde jeunesse. C'est tout à fait le cas des vins rosés. Mais n'oublions pas qu'avec des plats aussi "simples" que celui présenté aujourd'hui, ce dernier joue un rôle prépondérant dans le plaisir de la table.

jeudi, 26 juin 2008

Un Moulin dans le vent.

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Après son morgon à la bouche ample, riche, distinguée, fière et droite, passons aujourd'hui au moulin à vent, les Charmes 2005 de Didier Desvignes. Et tentons de chasser les idées reçues sur le beaujolais, une région capable (coupable?) du pire, certes, mais surtout du meilleur. 

Avant de débuter cet article, et afin de m'octroyer un peu de temps pour en trouver la trame, je vous invite à observer la photo ci-dessus. Elle fut prise le samedi 21 juin dernier, à l'heure de l'apéro, avant de monter sur Montmartre, fête de la musique oblige. Annonçait-elle que ça allait saigner ? Tout se passa bien, je vous rassure. Mais quand même : remarquez cette goûte de vin qui est remontée à la surface du bouchon de liège de ce moulin à vent. Bouteille bien, voire trop, remplie ? Appel d'air ? Préméditation meutrière ? Le sang de la terre, tout simplement. En tous cas, il est rare de voir le vin s'extraire de la sorte d'un bouchon. Cette scène méritait bien une photo.

Moulin à Vent serait considéré comme le "seigneur" des crus du Beaujolais. Moi, je veux bien, mais voilà comment naissent les idées reçues. Et si je préfère le morgon ? Et si je trouve le fleury plus noble ? Et si j'estime que le chiroubles, c'est royal ? Et le julienas, c'est pas bon le juliénas ? Goûtez-y pour voir, un peu frais, c'est l'époque ! Quoi qu'il en soit, voilà un vin / des vins que je vous conseille à l'apéro et qui s'accordent magnifiquement bien avec de la coppa corse, par exemple. Ajoutez-y des petits légumes croquants et frais. Et une terrine !

Robe rubis foncé, ce vin ouvre le bal sur des arômes de petits fruits rouges mûrs. Classique me direz-vous pour un vin de cette région. Et je serai d'accord avec vous. Mais le gamay a bien plus d'arguments que cela. Ici, passé la sensation "corbeille de fruits juteux", on passe à des notes de cassis et de groseille ; puis les tonalités se font plus "nobles", plus profondes, sauvages et minérales. Des notes d'épices et de grillé se mêlent dans une bouche persistante, équilibrée, laissant place à une belle harmonie.

En substance, si effectivement le beaujolais et ses remorques de villages plombent un peu l'ambiance du côté de Beaujeu, ce serait une ineptie que de condamner cette région, qui offre des choses remarquables (lire ci-dessus). Et puis, entre nous, ces tonnes d'hectolitres de vins à goût de banane sont essentiellement destinés à l'export. Alors, n'est-ce pas là une bonne idée que d'exporter ses vins les plus modestes, au lieu d'arracher les vignes, de garder des emplois, et de réserver les meilleurs (vins), comme ce moulin à vent de chez Didier Desvignes, à la France ?! 

jeudi, 19 juin 2008

Desvignes qui donne du bon vin.

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Voilà quelques mois déjà que Madame Desvignes a eu la gentillesse de me confier quelques échantillons du travail de son mari, Didier : des chirouble, des morgon, des brouilly, des moulin à vent dont la droiture et la générosité marquent systématiquement l'esprit. Ce soir, sur un clafoutis au champignon, c'est Morgon, Clos des Charmes. De Didier Desvignes. Et du charme, ça n'en manque pas.

Le brouilly fut très tendance il fut une époque dans les bistrots parisiens. Ils en avaient tous un ! Aujourd'hui, le chinon est en vogue. Des tendances, comme ça, allez savoir pourquoi, comment. Les douze vins du Beaujolais ont longtemps bénéficié de ma considération. Pendant ma période bistrot. Et puis, cette attirance s'est estompée, au profit de vins tout simplement moins intrinsèquemement fruités, moins sur le primaire, plus sur le tertiaire (c'est ma nouvelle période ça, primaire, tertiaire, ça fait mec qui maîtrise, donc le lecteur est impressionné et se dit qu'effectivement le gars, il sait de quoi il parle), plus complexes, plus franc du collier, plus mâle. Quoi. (Ca aussi, c'est ma nouvelle tendance : mettre en avant des vins en ayant dans le fût, la tendance étant aujourd'hui les vins jeunes, les vins faciles à boire, les vins n'ayant pas le goût de vin).  

Et puis, j'ai rencontré Didier Desvignes. Enfin, sa femme. Enfin, j'veux dire, nous avions longuement parlé au téléphone alors que Didier était1027005936.jpg sur Paris, le couple se montrant très intéressé par les TupperWine. Et puis Didier a oublié de bifurquer par l'avenue de Saint-Ouen. Alors au Salon des Vignerons Indépendants je me suis rendu et madame j'ai rencontré. Et là, j'ai eu un flash. Je me suis réconcilié avec les vins de cette région. Enfin, après. Chez moi. Quand j'ai ouvert ce premier chiroubles. Un panier de fruit juteux à croquer, de la matière plein la bouche, sur les lèvres, dans le cou, sur le torse.  J'ai adoré. Je repensais à cette première rencontre, dans le salon, sur la canapé. Mais ce soir, c'est clafoutis.

Morgon, Clos des Charmes 2006. Didier Desvignes. Couleur grenat foncée aux reflets violacés. Ouverture classique, sur des arômes primaires. Mais pas de la petite fraise des bois, framboise, cassis rouge que le dégustateur de base décèle dans le premier beaujolais venu avec ses airs satisfaits et l'air d'en connaître un rayon en gamay - genre j'ai fait une thèse sur le sujet. Mais mon pauvre, le beaujolais, c'est pas que d'la banane. Non, là, on est sur du fruit noir, amer, racé, type sureau, cassis de Provence, airelles, avec une amertume soyeuse, un rien chienne mais contenue. Et ce nez, ce n'est pas le fruit que ces malheureux achètent dans les supermarchés, qui le caractérise, non, ce nez exulte de réglisse, de chocolat amer et de poivre blanc. Et puis ces notes de fleurs, c'est de la Jaguar, de la Bentley, de la Triumph. Pas du Scenic ou du C4 qu'on va croiser sur l'A6 cet été roulant à 120 sur la voix du milieu.

La bouche est ample, elle est riche, distinguée, fière et droite ; et d'une belle structure. Les tanins sont puissants mais pas virulents. Le zan domine, puis le chocolat avec un fumé et des notes kirschées en finale. Du grand art. Il est 22h00. Mon verre est vide. Ce post touche à sa fin. Ce vin me laissera un excellent souvenir. Dieu merci, il y en aura encore demain midi. Avec le clafoutis. Et puis, peut-être même demain soir. Du clafoutis. Mais, là, c'est moins drôle.

vendredi, 18 avril 2008

De Telmont / Larher : jolie loft story.

 

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Bertrand Lhopital, dont les champagnes de Telmont feraient rougir les plus grandes marques, et le pâtissier Arnaud Larher, sacré meilleur ouvrier de France 2007, étaient réunis jeudi soir au Loft Moncey, à deux pas de la Place de Clichy, pour créer une parfaite association entre leurs talents respectifs. VINSURVIN ne pouvait manquer ce rendez-vous.

Sophie Valicon n'a donc que des idées géniales ! Après nous avoir fait découvrir les somptueux champagnes de Telmont dans ce (non moins somptueux) loft en plein coeur de Paris, en décembre dernier, elle nous conviait hier soir au pacs entre un champagne rosé frais, gourmand, fruité, et une verrine composée d'un Baba Cedra (imbibé au champagne rosé), de fruits, d'une crême et d'un subtil et fin chocolat blanc aux tons rosés. Dois-je vous conter le plaisir éprouvé ? Impossible. Voilà des choses qui ne se racontent pas, mais qui se vivent (monsieur)...

Si l'on a déjà entendu parler de Bertrand Lhopital (Champagne de Telmont) sur VINSURVIN, l'occasion sera donnée aux gagnants du super jeu-concours VINSURVIN, TUPPERWARE, WINE SPECTATOR, RIRES & CHANSONS de découvrir les champagnes de Bertrand, mardi 10 juin 2008. Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, c'est le talentueux Tarlant (Benoît de son prénom) qui vient d'annoncer sur VINSURVIN (commentaire à l'appui) son désir (c'est très Champagne ça, le désir) de nous faire déguster ses champagnes à l'automne prochain. Mais revenons à Bertrand Lhopital : abordée mercredi 9 avril dernier, chez lui à Damery, et hier soir au Loft Moncey, la thématique de cette dégustation qui-n'a plus-de-nom-et-ça-c'est-vraiment-triste semble se diriger vers un parallèle entre deux champagnes, puis un voyage dans le passé. Les veinards qui ont pu déguster la cuvée O.R, millésimée 1999, ainsi que le champagne rosé, mercredi soir dernier à l'Entrepôt (dont je remercie encore le charmant directeur, Jean-Luc, pour son généreux acceuil) ont eu un joli aperçu du travail de Bertrand.

Et Arnaud Larher dans tout ça ?! Discret, espiègle et surtout très doué, celui que l'on surnomme l'Artiste de Montmartre parle peu mais juste. Curieux, expérimentaliste, innovateur, le meilleur ouvrier de France 2007 nous délecte d'un dessert riche en arômes, en douceur et en complexité. A l'image de son concepteur, la verrine n'a rien de sentencieuse. Aucune ardeur, que de la douceur. Aucune emphase, que de l'extase. Le met est tout en rondeur et en volupté.

Rencontré lors de la dégustation des champagnes De Telmont, j'avais soumis à Arnaud l'idée d'un feu-Tupperwine avec une thématique accord met-vin. Comme par hasard, le sujet est revenu sur la table hier soir. Dingue. Il ne reste plus donc qu'à prendre rendez-vous avec le maître patissier et de lui apporter quelques flacons afin de préparer cette dégustation à laquelle, bien sûr, chères lectrices, chers lecteurs, vous serez conviés si, et cela va de soi, vous êtes en mesure de répondre au quiz (hyper difficile) permettant l'obtention du césame.

Deux dégustations de champagne, un accord mets patissiers et vin, et bien d'autres régions et vignerons à découvrir : ce qu'on est bien, sur VINSURVIN.

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Votre humble serviteur (et sa verrine), Bertrand Lhopital et Arnaud Larher
au Loft Moncey, jeudi 17 avril 2008. 

 

lundi, 14 janvier 2008

Legendre idéale.

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Maintenant que VINSURVIN est entré dans le club (très fermé - j'ai trouvé porte close ce matin) des blogs ayant franchi le cap des 1OO OOO visites (désolé pour le réflexe auto-promotionnel), cela ne l'autorise pas à ne plus philosopher sur les petits bonheurs de la vie! D'ailleurs, la dernière virée gastronomique dans Paris, pas plus tard qu'hier, a soulevé un certain nombre de réflexions en votre humble serviteur... Entre bonheur de (re)découvrir de charmantes petites boutiques et la crainte de mourir, Paris offre toujours une certaine richesse événementielle. 

Les bonnes manières. Paris a cela de magique qu'il nous permet de traverser les cultures comme on traverse des passages piétons. Sauf qu'on risque moins de se faire renverser dans le premier cas (à part par les prix, certes) que lorsque confrontés au monde sauvage de l'automobilisme parisien. Ah, l'automobiliste parisien! Ce spécimen, encore très (trop) présent, toujours à la recherche d'un confrère, d'un cycliste, d'un motard, mieux, d'un piéton. Le piéton : la cible, la proie préférée de l'auto-homo-bilis. A pied, vous, le bipède, traversez tranquillement (naïvement) la rue quand le bonhomme passe au vert. Tel un Beatles, en homme civilisé avide d'apprendre les bonnes manières à ses progénitures, vous entammez la traversée infernale. Un vrai Pont de la Rivière Kwaï. Lorsqu'un(e) un zombi(e) affublé(e) d'une carapace de métal vous mitraille de coups de klaxons et manque de justesse de vous faire voler cinquante mètres plus bas. Si le comportement primaire de ce lunatic vous permet de gagner du temps (vous arrivez plus vite de l'autre côté de la rue), il ne garantit pas que vous y parveniez vivant. Cependant, avec l'habitude et un peu de roublardise, l'homo-erectus parisien parvient à se frayer un chemin.

Etouffe-chrétien. Je suis donc parvenu rue Legendre, dans le XVIIème arrondissement. Objectif, me rendre chez le meilleur traiteur italien du quartier : Premiata Drogheria Di Meglio. Suivi de près par Il Pomo d'Oro (Bd des Batignolles)... Une fois dans la boutique tenue par une sympathique italienne à l'accent transalpin, je me tourne vers les anti-pasti. J'opte pour les artichauds marinés. Côté pâtes, ce sera gnocchi pour moi (des pâtes préparées avec un mélange de farine de blé dur, ou de blé tendre, et de pomme de terre, généralement gratinées au four avec du fromage). Un peu étouffe chrétien, j'en conviens. Je prends également des penne accompagnés de leur assortiment miraculeux légumes/sauce à l'italienne. Tiramisu et ricotta en dessert. Le tout pour seulement 24€. Pour le vin, je me servirais bien parmi le joli choix entreposé, mais les prix sont un peu prohibitifs.

Je me rends alors chez Côté Cépage, toujours rue Legendre. J'aimerais boire un Languedoc avec mes mets mais "y'a mieux" émet la maîtresse. La Corse. Alors va pour ce Sartene 2OO5 (Domaine Sant'Armettu),  de chez les Frères Seroin, propriétaires-récoltants à Olmetto. Je ne serai pas déçu par ce vin. Le conseil fut pile, poil. Assemblage de sciacarellu, nielluclu (2 cépages typiques de la Corse), syrah et grenache, le nez présente plein de fraîcheur et s'ouvre sur une joyeuse farandolle de fruits rouges. Puis viennent s'immiscer des notes plus sauvages de cuir et de maquis. En bouche, beaucoup de finesse et de légèreté associées à la matière. Le vin est élégant, gras et souple, et doté d'une bonne acidité. Aromatique, généreux et complexe, ce vin est un pure régal. Grâce aux conseils de ma caviste, je passe un moment délicieux, d'autant plus que l'accord avec les anti-pasti, puis les pâtes, est formidable. Il me faut ce vin en cave! 

Enfin, comme si cela ne suffisait pas, je vais m'arrêter chez Sol et Vino, mon épicerie espano-corse préférée, toujours rue Legendre, pour m'enquérir de coppa corse, fumée dans la cheminé du cousin du grand monsieur à la petite moustache qui vous offre tout le temps une belle tranche de coppa en attendant votre commande. On trouvera également de très bons vins espagnols dans cette bodega parisienne.

Ne me restait plus alors qu'à rentrer à la maison. En chemin, le vin me fit rêver à ces somptueux paysages corses, ces vieux joueurs  de cartes sur une placette bordée d'arbres. Je me surpris également à anticiper sur la bonne cuisine  italienne que j'allais dévorer en arrivant et me dis qu'un petit week-end à Rome un de ces quatres ne serait pas pour me déplaire. Sans savoir pourquoi, le film "l'Auberge Espagnole" me revint à l'esprit. Ah, Barcelone, Madrid, l'Andalousie! Je me dis que les gens qui vivaient dans ces pays en avaient de la chance. Des gens chaleureux, heureux de vivre, pas stressés comme ici à Paris. Je me disais que c'était la belle vie, lorsqu'une Alfa Romeo Rouge immatriculée en Espagne et dont le aillon arrière portait un autocollant Corsica Nazione faillit me renverser. A peine eus-je le temps de dire "ouf" que j'entendis le conducteur me lancer un "va fanculo, filio de putana di Parigi!!". L'Italie, l'Espagne, la Corse en l'espace de 5OO mètres, et sur le même trottoir, c'est rue Legendre dans le 17ème arrondissement de Paris.

Premiata Drogheria Di Meglio 90 r Legendre 75017 Paris, 01.53.31.02.00

Sol et Vino, 164 r Legendre 75017 Paris, 014.2.63.93.80

Côté Cépage, 96 rue Legendre, 75017 Paris, 01.40.27.96.25

 

mercredi, 18 avril 2007

Accord mets et vin? Non, accord saisons et vin!

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TELS QUE METS ET VINS, SAISONS ET VINS DOIVENT AUSSI S'ACCORDER.

"Voilà, c'est fini" comme le chante Jean-Louis Aubert, d'ailleurs croisé samedi soir Salle Pleyel au concert du grand Alain Bashung. Finies les températures froides et hostiles invitant l'oenophile à toutes les attentions dans ses choix vinicoles. Ces deux dernières semaines, l'on déboucha certainement le dernier Cahors avant longtemps, l'on révéra sans doute le dernier Vacqueyras à Radis Rose et carafa le dernier Faugères rouge de chez Louison. Couchés sur leur lit de métal, sept étages plus bas, dans leur chambre-forte de pierre, leurs homologues mûrissent sereinement. Dans un an ou plus, ils s'offriront à nous, riches de cette année passée à méditer sur les contrées qui les virent naître. Gorgés de rêves et de contes, la litanie de leurs arômes nous comblera comme nous comblent les paysages qui les nourissent. 

L'excellence viticole française. Sud-Ouest, Côtes du Rhône et puissants Languedociens ont déjà  laissé place à de nouveaux acolytes. Moins corpulents, moins corsés, plus légers, plus aériens. Monade 2001 de chez Guilhem Coste  a tenu toutes ses promesses le week-end dernier en pleines températures estivales. Cinq ans d'attente récompensée par cet assemblage de syrah, grenache, carignan! Attention, perle rare! Guilhem Coste, indépendant et libre comme l'air ne prendra plus la peine de faire les démarches pour obtenir l'appellation d'origine contrôlée. Trop bureaucratique, trop sclérosée et obtuse, l'institution viticole française devra se passer de ce créateur, que dis-je, de cet artiste, comme il existe encore en France. Et Dyo merci. Les Monades resteront donc un Vin de Table, certes, mais elles demeurent à mon humble avis la fidèle expression du terroir des Terrasses du Larzac : puissance, concentration, tannins, fruits, arômes, complexité, longueur. On touche à l'excellence de la viticulture française.

Les jardins languedociens. Comme si cela ne suffisait pas, le premier pique-nique de l'année au Parc Monceau (1) s'est vu gratifié d'un Mas des Brousses de Nathalie Combes, à qui une année en cave fit le plus grand bien. Plus dans l'élégance et dans la finesse que le Monade, le vin s'est ouvert progressivement pour offrir une farandole d'arômes et de fragrances de jardin languedocien qui donna envie de s'envoler pour Puéchabon, terre du péché en question.

Ainsi, si l'accord met et vin est primordial lors d'un déjeuner ou d'un repas, on peut également considérer qu'il serait indélicat de boire certains vins à certaines époques de l'année. L'accord saison / région n'est donc pas à négliger. Cependant, rien n'est interdit! Les vins cités ci-dessus trouveraient certainement leur place sur une table aux mois de novembre ou février! Mais, pour schématiser, la température extérieure invite à la dégustation de flacons issus de régions précises. Douceur printannière et chaleur estivale conduisent vers des vins légers et frais quand la fraîcheur de l'automne et la froideur de l'hiver s'accordent plus naturellement avec des vins plus concentrés, plus corpulents, et chambrés.

Quels vins rouges lorsque le mercure passe les 26°C? (19° pour les Côtes d'Armor)

  • Le Beaujolais. Le cépage gamay offre l'expression du vin léger par excellence.

- Brouilly ; Chiroubles ; Juliénas...

  • Le Mâconnais. Quand le pinot noir offre des rouges légers et fruités.

- Maranges ; Marsannay ; Mercurey.

  • La Loire. Entre gamay et cabernet, cette région offre un joli pannel de vins légers. Tentez les rosés que certains vignerons s'aventurent à faire entre Tours et Saumur.

- Gamay de Touraine ; Saumur-Champigny ; Bourgueil...

  • Le Languedoc-Roussillon. La région peut se targuer de produire d'excellents rosés.

- Faugères, Montpeyroux, Saint-Chinian sont autant d'appellations à explorer dans les rosés ; certains Fitou (rouges)méritent l'ouverture, le soir, dehors, au son des cigales. Ou des moissonneuses-batteuses!

  • Sud-Ouest. En dehors des sud-ouest charpentés et puissants, la gastronome au sud de Bordeaux sait se faire légère.

- Buzet, Cahors "modernes" ; Côtes du Marmandais ; Pécharmant.

Evidemment, cette sélection ne se veut pas ostraciste. Des vins puissants tels que ceux de Châteauneuf du Pape, de Saint-Joseph ou du Minervois, un soir d'août, sur une côte de boeuf grillée, en enverront plus d'un au paradis!

(1) Premier pique-nique mais peut-être dernier pique-nique hélas puisque nous apprenions le jour même dans la presse, non sans une certaine affliction, que le maire du 8ème arrondissement (dans lequel est situé le Parc Monceau, lui même en bordure de "notre" 17ème) envisage de fermer l'accès aux pelouses (pour quelles raisons?) et de réserver la fréquentation du Parc aux seuls habitants de son arrondissement, à cause des "jeunes qui dérangent tout le monde". Pour ce faire, il envisagerait d'autoriser l'accès au parc uniquement sur présentation d'une pièce d'identité! Des méthodes absolument scandaleuses, qui ne sont pas sans nous rappeler, une fois de plus, et celles du candidat de l'UMP et celles d'une sombre période.

16:25 Publié dans VIN & METS | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 10 avril 2007

Des accords parfaits.

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Plantez le décors. Des convives. Auxquels vous tenez. Une occasion exceptionnelle et rare de les avoir tous réunis autour d'une table et d'un bon dîner. La mission est exictante mais périeuse. Ou n'est-elle pas plutôt périeuse et excitante? Il va donc falloir mettre les petits plats dans les grands ; dresser la table: la faire lumineuse, scintillante et chaleureuse. Le menu a lui été composé depuis quelques jours, ça ne s'improvise pas! Mais chose plus grisante, il faudra l'accorder de la plus belle des manières avec le vin. L'occasion alors de "tenter" de nouvelles recettes et de s'aventurer dans des accords mets/vins, vin/vin jamais mis en oeuvre jusqu'à présent. Des prises de risques osées, mais qui se sont avérées très payantes! Et quel meilleur défi pour des gourmets comme vous et moi?! Voici donc le programme auquel ont eu le droit ces quelques privilégiés lundi soir.

APERITIF: Champagne, Grand Cru, Blanc de Blanc, Pierre Moncuit. Un 100% chardonnay ample, généreusement structuré et très élégant. Une bouche fumée, d'amande grillée, de pain toasté. Un champagne qui ne vous fait pas regretter votre crément préféré! Accompagné de miniardises diverses et variées, et de fraîcheurs du jardin.

medium_vin-foie-gras.jpgENTREE: Foie gras d'oie / tranches de campagne toastées / gelée de figue. L'accord classique eut présenté ce met avec un blanc liquoreux tel qu'un Sauterne, un Côteau du Layon ou même un Pacherenc de Vic Bihl. Lassé de ce type d'accord et peu enclin à se gaver de sucre en début de repas (la gelée suffirait), il fallait un vin affirmé mais pas dominateur, doté d'une belle présence aromatique et d'une bouche soyeuse, de fruits très mûrs. Le Languedoc apparaissait comme un parfait représentant. Il y avait en cave quelques Faugères Rouge, de 2001, issus du Château des Estanilles, c'est à dire de chez l'excellent Michel Louison. Voilà qui ferait l'affaire! Une robe pourpre aux reflets foncés, profonds et denses. Un nez opulent de cèdre et de cacao révélant par la suite des arômes de fruits noirs compotés (sureau, pruneau...) évoluant vers une fraîcheur évoquant la menthe poivrée. Un vin relativement corpulent mais pas outrancièrement charpenté. La bouche est ample, onctueuse et structurée autour de tanins affirmés et veloutés. En somme, un vin superbe qui n'étouffa pas le foie gras, tant met et vin s'apposèrent de façon bien distincte, se mariant en fait avec beaucoup de délicatesse.

PLAT PRINCIPAL. Magret de canard, sauce poivre, purée de célerie, haricots verts, pommes dauphines. Un plat classiquemedium_img_prestige.2.jpg pour des étrangères venues de l'autre bout de l'atlantique (et des autochtones banlieusards venus tout droit de l'autre côté du périf). Le tout servi avec un Cahors, Château Lacabelle Cabanac (Prestige 2003), produits par les très sympathiques Thierry Simon et Philippe Vérax, rencontrés il y a quelques semaines Porte de Champeret...
Ce vin présente une couleur absolument remarquable, d'un noir intense et profond avec des reflets rouges vifs. Le nez est complexe et riche. Il est marqué par les fruits noirs, pruneaux et cerises à l'eau de vie. On note un boisé léger et discret. En bouche, l'attaque est souple et le vin présente un bel équilibre. On perçoit les mêmes arômes qu'au nez. La cerise sur le gâteau est cette note de vanille naturelle, subtile et délicate en fin de bouche. Ce vin présente une très grande finesse et une longueur aromatique exceptionnelle. Un grand bonheur, du plaisir et de la sérénité semblent se dégager autour de la table après que chacun se soit délecté de ce nectar.

UNE SELECTION DE FROMAGES DELICATEMENT RETENUS DE CHEZ PEPONE, Avenue de Saint-Ouen ; avec roquette et sa sauce "spéciale" vinsurvin.

DESSERT:  Terrine de chocolat aux poires maison, servie avec un Moscato d'Asti 2003, vin blanc, doux et pétillant italien. Douceur, fraîcheur, originalité: l'idéal avec le dessert présenté.

En substance, la première difficulté résidait dans le premier accord, entre le foie gras et le vin rouge. Le mariage entre les deux se ferait-il? Le vin n'allait-il pas dominer le foie gras, que l'on ne sentirait plus? N'y aurait-il pas tout simplement incompatibilité d'arômes entre le sud-ouest et le sud-est? Aux vus et aux dires des convives, cette première association fit merveille.

La seconde difficulté consistait à bien négocier le passage du premier vin rouge au second. Chose moins difficile si on sert le même vin tout au long du repas. L'eau permit d'abord de rincer et rafraîchir les papilles! La question que je me posais était de savoir si le Cahors allait "tenir la route" face à ce monstre de matière et de richesse qu'est le Château des Estanilles. Il s'avéra que le nez du Château Lacabelle Cabanac séduisit l'assemblée. Une fois en bouche, personne ne parla plus du Faugères de Michel Louison. L'enchaînement s'était fait tout naturellement et l'on prenait un plaisir non dissimulé à humer et déguster ce second vin. 

Enfin, le Moscato d'Asti eut la splendide idée de redonner un peu de vigueur au dîner grâce à sa fraîcheur, sa douceur et ses petites bulles. Il apporta presque une touche de fantaisie à la fin du repas de par son côté exotique.

A cor et à cris l'on fut d'accord pour dire encore qu'entre mets et vins les accords firent corps.   

20:30 Publié dans VIN & METS | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 17 mars 2007

Bousculez les conventions!

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Il vous reste une bouteille de mauvais vin? Servez-la donc avec un peu de fromage. Après quelques bouchées, personne ne fait la différence entre un vin d’exception et un «gros rouge qui tache».

Bernice Madrigal-Galan et Hildegarde Heymann, de l’Université de Californie à Davis, ont fait tester des vins de qualité variable, avec ou sans fromage, par des goûteurs expérimentés et ont découvert que le fromage faisait disparaître les arômes, l’acidité et l’astringence de tous les vins, qu’ils soient très bons ou mauvais. Pour Heymann, ce sont peut-être les protéines du fromage qui empêchent les arômes de s’exprimer ou le gras qui masque les récepteurs du goût.

Des papilles fatiguées. La règle veut souvent que l'on aille du vin le plus jeune au vin le plus vieux lors du repas. Cette régle n'est pourtant pas des plus judicieuse. A bien y regarder, le vin vieux, quand bien même issu d'un grand domaine, n'est jamais présenté au meilleur moment. En effet, souvent présenté au moment du fromage, il arrive à un moment où les papilles sont fatiguées par l'accumulation des plats. En d'autres termes, la langue et les sens sont un peu éprouvés et moins à même d'apprécier les qualités et les subtilités de votre vin. Par ailleurs, même consommé raisonnablement, l'alcool commence à faire effet. Enfin, l'attention des convives n'est plus la même qu'au tout début du repas et encore moins qu'à l'apéritif lorsque, dotés d'une bouche neuve et d'un esprit intacte, ils ont pleinement apprécié le vin blanc ou le champagne que vous leur avez servis.

Même si, à cause de l'effet "mélange" et de l'incompatibilité rouge puis blanc, il est difficile de servir un blanc en fin de repas, les vins rouges ne sont pas les vins les plus adaptés pour être servis avec le fromage, contrairement à ce que veut la coutume. En fait, rien ne vaut un bon vin blanc. Il restait du Pouilly Fuissé de chez Jean-Paul Paquet mercredi dernier lors d'un déjeuner "suédois" chez une amie. Il accompagna formidablement le fromage. L'idéal est donc de faire un repas au vin blanc. Choisissez alors de beaux et grands vins blancs afin d'avoir l'assurance que ceux-ci ne sont pas trop sulfités. En tous cas, n'hésitez pas à bousculer les coutumes aux risques de choquer certains. Vous vous ferez certainement bien souvent plus plaisir!

QUELQUES ACCORDS VIN BLANC/FROMAGE

  • Fromage de chèvre et Sancerre ou Pouilly Fumé.
  • Selles sur Cher AOC et vin blanc sec tels que Sauvignon ou Chenin de Touraine, vin rouge légèrement fruité tel que Chinon, Bourgueil, Gamay ou Cabernet de Touraine.
  • Comté: vin du Jura, vin jaune.
  • Roquefort: vin moëlleux, du Layon, Vouvray, voire Loupiac, Sauterne, et même Maury!
  • Tomme de Savoie: vin blanc sec, vif mais aussi vins blancs moelleux.
  • Parmesan et champagne.
  • Epoisses et Meursault.
  • Munster et vendange tardive du Rhin.

17:55 Publié dans VIN & METS | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 25 janvier 2007

Quel vin à l'apéro (avec - 4° dehors)?

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Ca faisait un moment que vous en parliez.  Ca faisait longtemps que vous deviez le faire. Ca y est vous vous êtes enfin lancée. La fenêtre était ouverte.  Vous vous êtes dit: "Si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferai jamais. Autant en profiter." Bon ça n'a pas été facile parce que malgré votre côté bout-en-train, larron-en-foire, joyeux drille, faire le grand saut n'est pas permis à tout le monde. Mais qui prévenir? Beaucoup de monde tenait la corde: les copains des deux associations dont vous êtes membre (Les Amis de la Vallée de L'Eure) et secrétaire adjointe (Un Toit pour les Campagnoles des Villes), les copines du Club Point Compté, et les collègues de boulot (enfin, un, Virgil, mais pas tout à fait remis de sa dépression suite au décès de son serin d'appartement il y a sept ans). Bravo! Vous avez finalement opté pour les vétérans du club du Brâme du Cerf, basé à Fontainebleau. Des gens charmants. Très nature, très terre-à-terre, très concernés. "Non mais, attends, si on ne fait rien, dans 10 000 ans, y'a plus de ceps de Bordeaux." "C'est clair." Ils viendront donc pendre la crémaillère à vos côtés ce week-end! Problème, que boire pour ce grand apéritif dinatoire? Déjà, le kir, tu banniras.  

Un vin blanc frais et fruité, c'est bon ça? Très bonne idée Marie-Clarisse! Cependant, il fait déjà très froid dehors, est-ce l'appel de le rappeler à tes convives? Tu insites? D'accord! C'est toi qui décides! Les blancs secs, tel que le muscadet-de-base, sont des vins à forte teneur en souffre et, même coupés pour en faire des kirs, ils restent relativement indigestes, s'ils n'ont pas été dégottés chez un excellent producteur ayant à coeur de tordre le coup aux clichés que je viens de véhiculer. Et il existe! Mais faut le trouver... Optez alors pour des cépages (type de vigne) comme les sauvignon ou chardonnay. Et le chenin? Personnellement (mais ça ne regarde que moi!), je n'ai pas encore trouvé de chenin qui m'ait fait brâmer (enfin, je dis ça, je ne suis pas oenologue -ni garde forestier- mais en même temps, je me trompe rarement... mais c'est comme vous voulez, je respecte les goûts de chacun, c'est normal... enfin, quand même, en gros, c'est pas génial. Mais, après...).

J'achète quoi alors?

1. Du blanc. De la vallée de la Loire. D'abord le terme "récoltant" apparaitra sur la capsule verte qui recouvre le bouchon. Petite assurance sur la qualité! A partir de 5€, tu te régaleras avec un sauvignon de Touraine (notes de pommes ou d'agrumes selon les millésimes). Un peu plus onéreux (7, 8, 9€), Pouilly Fumé (agrumes, acacias...) et Ménetou Salon feront des heureux. Gamme au-dessus (12€): un Sancerre (des vins minéraux dotés de leurs fameuses notes de "pierre à fusil"). Pas forcément évident à l'apéro. Quincy et Reuilly, moins connus, sont plus abordables, financièrement et gustativement peut-être.

2. Chablis / Petit Chablis (fleuri, minéral, frais en bouche, rafraîchissant...). 9€.

3. Blancs du Languedoc (type Picpoul de Pinet, Coteaux du Languedoc... Cépages sauvignon à essayer absolument!)
 

4. Chardonnay Californien, Chilien, Australien ou Sud-Africain: des vins portés sur le fruit mais parfois très (trop) acidulés, voire sucrés. Agréables si vous êtes bien conseillés. Ceux à 5€ de Chez Nicolas laissent vraiement à désirer.

ET POURQUOI PAS UN VERRE DE VIN ROUGE? Effectivement, vu  le froid de canard, l'option vin à température ambiante n'est pas à négliger.

Languedoc: Faugères, Saint-Chinian, Corbières, Minervois.  Sud-Ouest: Cahors, Madiran, Buzet.

Vous avez désormais l'embarras du choix! Revenez me voir pour me dire quelle option vous avez choisie! Et me raconter si tout le monde s'est bien amusé! Et ne me dites pas Marie-Clarisse que vous envisagez de jouer au "pendu"!

20:44 Publié dans VIN & METS | Lien permanent | Commentaires (6)

 
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